Avec le capitaine, on est à terre depuis quelques temps et, déjà, à l’heure où vous me lisez, dans quelques jours on va repartir, cette fois pour …la Norvège ! Oui, vous avez bien lu, la Norvège à la voile, autant vous dire que j’ai investi dans des Damart et des caleçons en polaire, le bateau a passé l’hiver à Dunkerque pour nous épargner quelques centaines de miles nautiques à se retaper la Méditerranée, Gibraltar, les côtes espagnoles et portugaises, le golfe de Gascogne et la Manche, j’ai un retard de dingue pour vous raconter tout ce qu’on a fait l’an dernier, mais ce n’est pas ma faute, quand on revient à terre je concentre des mois de travail sur un temps restreint, la tête dans le guidon non-stop, et quand on naviguait de mouillage en mouillage et qu’on prenait le temps de visiter un minimum, sinon à quoi ça sert de parcourir le monde si on ne fait que mouiller la pioche dans une baie avant de la quitter, donc quand on naviguait comme ça, qui plus est dans un temps de chien, ce n’était pas aisé d’écrire, je prenais seulement des notes pour écrire plus tard, et plus tard ça prend du temps, temps qui manque toujours, bref. Tout ça pour vous dire que je vais vous raconter les Féroé et la fin de ce voyage de manière concise, si j’arrive à l’être car il y a tellement de choses à raconter ! pour qu’on soit raccord niveau timing et que vous me lisiez en temps et en heure, ça sera plus palpitant.
En attendant, vous aurez compris, on remonte dans le temps, et si vous suivez, vous savez que nous arrivions aux Féroé, ces îles aux noms de bleds avec des lettres imprononçables.

9 juillet, en arrivant sur l’île Suðuroy, la plus Sud des Féroé, on se dit qu’on va être engloutis par cette masse nuageuse, je retiens ma respiration comme si on allait être irradiés, et puis non, en tous cas j’ai toujours mes mains, mais on a tout de même plus qu’un peu l’impression d’arriver sur une île fantôme … quand des maisons surgissent du nuage, soulagement, il y a de la vie,
nous nous amarrons dans le port de Vágur (ou Vagar sur certaines cartes), 62° 5´ 53.5200 » N – 7° 12´ 52.2000 » W, sur le coup de 19h, le capitaine fait une petite flambée dans le poêle et change la bouteille de gaz, on mange chaud et on ne se fait pas prier pour aller se coucher.


Maintenant que vous cernez l’endroit, on peut continuer.
Nous visitons Vágur dès lendemain, dire que c’est plutôt austère relèverait presque de l’euphémisme, mais bon, ne soyons pas défaitiste, même St Trop c’est pas terrible sous la pluie … ça doit quand même pas rigoler tous les jours par ici…

Peu de monde dans les rues, pas d’endroit festif pour se réunir qui ressemblerait à un bistrot, sauf à croire que l’église luthérienne pourrait en tenir lieu, ça ne semble guère être le cas, faut pas se mentir … enfin, comme nous aimons, le capitaine et moi, dîner dans un restaurant local quand nous arrivons quelque part, nous cherchons et finissons par trouver car qui cherche trouve, c’est bien connu, mais il faut bien chercher parce que le restaurant se trouve dans une maison sans devanture qui pourrait annoncer un quelconque resto.

On finit par trouver l’entrée, une porte dérobée sur le côté, quand on la pousse une nuée d’enfants s’envole comme un essaim d’abeilles et je me dis que les proprios doivent être fans de Lewis Caroll…

On nous fait comprendre dans une langue inconnue (les langues officielles sont le féroïen et le danois mais va les distinguer) qu’on a de la chance parce qu’on n’a pas réservé, et on nous installe près du mur à coté du couple présent,

on nous apporte la carte (merci Google Translate),

le fish&chips est à 130 KR = 130 couronnes danoises = entre 17 et 18 €, c’est pas donné mais on sait qu’ici tout est plus cher parce que c’est loin, niveau qualité ça n’a rien à voir avec celui de l’Irlande si je puis me permettre de comparer, mais on est trop contents d’être dans ce resto pittoresque et on en profite, tout est meilleur quand on sait profiter.
Le lendemain, c’est soleil, c’est fou ce qu’un peu de lumière peut changer la perspective, hop on sort les vélos du coffre, le capitaine les monte, vérifie la pression des pneus tandis que je confectionne un pique-nique avec le jambon acheté dans le supermarché du coin, enfin, « jambon » c’est vite dit, le genre de truc qui nous fait regretter la France, y’a pas à dire.

Le but c’est de voir Sumba et d’aller jusqu’au phare de la pointe Sud à une douzaine de kilomètres à vol d’oiseau :


Les Féroé, c’est plein de tunnels et de ponts pour permettre les échanges, et c’est bien, parce que déjà ils sont loin de tout, alors si en plus ils ne pouvaient pas facilement passer d’une ville ou d’une île à l’autre, les pauvres … Aujourd’hui, entre Lopra et Sumba, on a le choix : soit passer par la montagne, soir prendre le tunnel qui relie les deux, bon…

Avec le capitaine, on n’a pas de lumière, ni sur les vélos, si sur nous, et parfois celle de ma cervelle ne fait que clignoter poussivement comme on le sait, le tunnel est froid, humide, noir comme dans un cul, heureusement qu’il n’y a que peu de circulation et que je ne souffre pas d’incontinence fécale, le bon côté c’est que je pédale vite pour en sortir au plus tôt, 3240 mètres, j’ai l’impression que ça dure 20 kilomètres, quand on en ressort le capitaine me dit qu’on prendra la route pour revenir, je signe de suite.
Nous voilà bien vite, grâce au (satané) tunnel, à Sumba, charmante bourgade de 300 âmes, on a une chance de cocus avec ce temps exceptionnel !

On reste un bon bout de temps à regarder la mer :
Puis remontons en selle pour aller jusqu’au phare, trouvons un petit coin un tant soit peu à l’abri du vent pour manger notre sandouiche,

et admirer les courants du coin, mieux vaut les regarder que de s’y aventurer en annexe :
On rentre par la route, et évidemment que c’est la route qu’il faut prendre, et qu’il faut monter,

Et c’est là qu’on va (en suant et soufflant un peu, j’avoue) …

je pense sans exagération que c’est l’un des plus beaux endroits de la planète, du moins de ceux qu’il m’a été donné de voir, et Dieu sait que j’en ai vu quelques uns avec le capitaine …

Capitaine qui, soi dit en passant, m’énumère moqueusement tous les endroits dans lesquels je me suis exclamée que c’était le plus bel endroit du monde, et qui, bien que goguenard, n’a peur de rien, même pas de marcher le long du vide sur cette herbe qui ne sèche jamais :
Je me suis faufilée entre les photographes locaux pour filmer le capitaine, ils s’agitent, profitent de cet instant rare, pensez ! c’est le moment où jamais de vendre des images aux guides touristiques, ici, un rayon de lumière vaut célébration, on sort les appareils photo comme d’autres sabrent le champagne.
Choix a donc été fait de repartir par la route pour ne pas se coltiner une seconde fois le tunnel de la mort, on la voit bien sur la photo que j’ai prise une fois en haut, m’est avis qu’on devrait très bien dormir cette nuit …

…sauf qu’en arrivant au port, un bateau local s’est amarré juste devant nous, un gars à l’allure de Hell’s Angel qui pense que tout le monde apprécie le Métal et monte le son pour en faire profiter le voisinage …

… tant qu’à ne pas dormir, on s’en va taper la causette avec lui, trèèèèès sympa, il boit de la bière comme un bébé tète un biberon, rit fort, parle de l’hiver qui est un incessant combat, des tempêtes tout le temps ! Et quand il le dit, le regard perdu dans d’obscurs souvenirs (ou de craintes de l’avenir), on le croit sans peine.

A peine a t’il baissé le son plus tard dans la nuit qu’un feu d’artifice nous tire du lit, le club d’aviron du coin a sorti planches et tréteaux, gâteaux d’apéro et jus de pomme, ils fêtent les résultats d’on ne sait quelle compétition visiblement remportée (sinon qu’est-ce que ça doit être quand ils gagnent) et tirent des fusées dans le ciel, il est presque minuit et il fait encore jour, un peu pisseux le jour, soit, mais même en pleine journée la lumière peut être pisseuse dans le coin. J’adore.
Pour autant, il faut se lever le lendemain puisqu’on a 42 NM à faire pour rejoindre Miðvágur sur l’île de Vágar, à ne pas confondre avec Vágur sur l’ile Suðuroy, que nous venons de quitter, si vous confondez je ne vous en tiendrai pas rigueur, coup de pot encore une fois, il fait grand beau et je vous fais profiter du paysage vu de la mer, plutôt rare parce que les guides ou blogs qui font visiter les Féroé ne le font pas à bord d’un voilier, vous êtes vernis.

Le capitaine me dit qu’on va passer près de LA cascade qui est LE point d’attraction des Féroé le plus vu sur Insta, mais là aussi, ceux qui postent des images sont sur terre, nous on est en dessous du lot, on vous montre ça depuis la mer, c’est la grande classe.
Rien que de loin, on voit que ça bouge, d’un côté il y a les vagues de la mer qui s’éclatent sur les rochers, de l’autre la cascade du lac qui se vide dans la mer, voir ça sans s’approcher plus me suffirait grandement,
mais vous connaissez le capitaine, plus têtu qu’une bourrique, ce n’est pas pour rien que le bateau s’appelle Cap de Miol, il veut passer plus près alors on passera plus près, je lui demande si on ne risque pas d’être projetés contre la falaise, histoire de le calmer, il dit que non, je crois que si quand même ça peut arriver, je voudrais bien qu’il mette le moteur pour se tirer de là vite fait au cas où, mais non, tu penses.
Ensuite il faut rejoindre le mouillage prévu, et pas de chance, à cette heure ci le courant a tourné et on l’a en pleine poire, mais chance finalement car on a tout le temps d’admirer ces falaises époustouflantes, comme quoi il faut toujours voir le côté positif, on ne le dira jamais assez :

on met plus d’une heure et demie pour faire 4.5 NM jusqu’à Miðvágur, voiles hautes et moteur à donf en prime.

Et on se pose là, on est très bien protégés, ça repose :

Et le lendemain, bien entendu qu’on fonce voir la cascade depuis en haut, ça nous fait visiter l’île !

Voir ses maisons aux toits de tourbe recouverts d’herbe, mode qui date de l’époque Viking au 9ème siècle, les plus anciennes ont 3 ou 400 ans, et maintenant ceux qui utilisent cette méthode mettent une couche de plastique sous la tourbe, il pleut plus de 300 jours par an ici, c’est pour ça :

Et ses poules et poulets


Mais récompense !
Le lac qui tombe dans la mer :

Le capitaine qui se garde d’y tomber :

Quand le capitaine m’a vue qui le prenait en photo, il m’a obligée (oui, obligée) à monter tout au bord d’un énorme rocher pour filmer, n’ayant toujours pas intégré que j’ai le vertige il rouspète quand je rechigne, entre le vertige et le capitaine, j’ai choisi le vertige :
On change d’île dès le lendemain, pour la capitale des Féroé, à savoir Tórshavn, sur l’île de Streymoy, une vingtaine de miles à faire, on suit cette route :

et on profite d’un courant qui nous pousse, à un moment on a carrément 6 nœuds de courant portant !

Vaut mieux pas traîner sinon le courant va s’inverser et tintin pour avancer.

Tórshavn c’est une grosse ville, ça se voit dès l’arrivée

Il y a en gros 56 000 habitants aux Féroé, répartis sur 17 îles, la 18ème et la plus au Sud, Litla Dimun, étant inhabitée. Près d’un quart de la population vit à Tórshavn. On compte également 70 000 moutons, 110 espèces d’oiseaux, 3 feux de signalisation et le seul rond-point au monde construit sous la mer.
Les Féroïens (et pas les férovingiens comme j’avais pu le supposer en référence aux carolingiens de mes souvenirs) descendent des Vikings, c’est probablement pour cela qu’ils pratiquent encore le grindadráp, une chasse à la baleine qui consiste à rabattre les proies vers les berges, les hisser à l’aide de crochets et les tuer au couteau, chaque année ils tuent des centaines de globicéphales noirs, leur cible principale, mais ils n’épargnent pas non plus les dauphins, il paraît que c’est hyper violent et je le crois volontiers … c’est une tradition, il faut comprendre que ces globicéphales ont été une source de nourriture et de matériaux vitale pour les féroïens, mais aujourd’hui, ce qu’on appelle aussi le grind est un sport national, on chasse sur des bateaux à moteur, des jets ski et des outils modernes, sans laisser aux cétacés une chance de s’en sortir. La viande est partagée et distribuée à tous les participants alors même que sa consommation est devenue toxique pour le corps humain à cause d’une teneur élevée de métaux lourds et de polluants marins, il y a même eu de gros problèmes sanitaires parce que des femmes enceintes et des jeunes enfants en avaient consommé. Le pire, c’est qu’il y a tellement de viande en excès vu le nombre d’animaux massacrés, que cette viande est incinérée, plutôt que de limiter la chasse aux besoins de nourriture, c’est d’une débilité sans nom et c’est rien de le dire. De plus en plus d’associations de défense des animaux s’insurgent, le Sea Shepherd France avait lancé l’opération Grindstop 2025 aux Iles Féroé sous l’appel : « Aidez-nous à mettre fin au plus grand massacre de cétacés d’Europe ! », je ne sais pas s’ils ont été entendus.
Le 12 septembre 2021, 1428 dauphins ont été tués lors de la sinistre chasse traditionnelle du grind : le pire massacre connu dans l’archipel, la mer était totalement rouge de sang.

J’ai besoin de reprendre un peu d’air après cet exposé, et je suppose que vous aussi, alors je vous fait visiter Tórshavn, ça vous dit ?
Tout d’abord le centre historique, le quartier Tinganes, promontoire rocheux situé sur l’estran de Tórshavn, que nous avons longé en arrivant à la marina :

Puis visité de l’intérieur : hyper pittoresque ! Certaines habitations datent du 16ème siècle, d’autres des 17 et 18èmes siècles :

Je me verrais parfaitement vivre dans celle là, il ne manquerait plus que les 7 nains :

Sa cathédrale construite en 1788, de culte luthérien, avec son ciel étoilé et ses maquettes de bateaux suspendues :

Et son port dans lequel ça bosse dur :

En retournant à la marina, on voit passer le Ponant, dans les eaux d’ici une croisière coûte au moins 5000 € par tête de pipe sur ce superbe bateau, champagne inclus j’espère.


Comme prévu, la brume locale suinte de partout et éclaire les environs d’une beauté à couper le souffle :

Alors que tout à l’heure c’était encore comme ça :

Tout s’efface.

Pour se réconforter on s’en va trouver un resto avec de la lumière et du chauffage, on savait que la vie est chère par ici, et le pompon c’est dans ze-plaisse-tou-bi qu’est ce quartier autour de la marina, on n’est pas déçus, 100 € le filet de bœuf/frites et 75 € une bouteille de vin … mais quelle bouteille !

Chose à savoir, c’est que sur ces îles où les tempêtes rythment les semaines, n’ayons pas peur de le dire, l’alcool a longtemps été surveillé de près, même interdit par un référendum en 1907, interdiction levée depuis 1992, mais jusqu’à récemment, il était difficile d’en acheter : la vente était strictement contrôlée par l’État, héritage d’une moralité rigoureuse. Aujourd’hui encore, on ne trouve pas d’alcool au supermarché, il faut aller dans les magasins spécialisés, et souvent commander à l’avance.
Mais Tórshavn compte désormais sa propre microbrasserie, les restaurants proposent de la bière et du vin sur leurs cartes, et le goût de la fête reprend peu à peu sa place car il est de bon ton d’offrir de la convivialité aux touristes et d’adoucir les longues nuits d’hiver des locaux qui n’ont pas choisi de naître dans ces rudes contrées (battues par les vents comme on dit).
Et puis nous louons un véhicule pour visiter l’intérieur de Tremoy, en voiture Simone, ça va être pratique grâce aux ponts et tunnels qui relient les îles entre elles, passons par Kaldbaksbotnur, coin humide s’il en est :

Puis le village de Haldarsvík, tout près se trouve le Point of Interest de la cascade de Kluftáfossur :
Tjørnuvík, sur la côte nord-est de Streymoy, connu pour sa petite autant que rare plage de sable, ses 64 habitants et sa petite église qui date de 1937 :




Oyndarfjørður sur l’île d’Eysturoy :

Ainsi que Leirvik, sur la même île, à l’heure où le soleil a réussi à lever la brume, pour pas longtemps il faut le savoir :

On rend la voiture le soir même, et le lendemain on prend la mer pour filer à Klaksvík sur l’île de Borðoy, deuxième ville des îles Féroé après Tórshavn.
Pas un pète de vent, du courant, une brume à couper au couteau,

qui se lève un peu lorsque le pâle soleil réussit à la chauffer un tantinet, on y va au moteur.
Et très vite, brouillard, courant, mascaret, vigilance maximale, on distingue à peine la côte, je bénis le GPS.
Enfin miracle, le soleil réussit à percer à force de pugnacité, brave petit soleil, nous arrivons à Klaksvík par grand beau temps !

Mais ici le temps se rafraîchit beaucoup plus vite qu’il ne se réchauffe,

et l’humidité revient, jusque dans la laine du pull, il fait si humide qu’en parlant, on voit sa respiration, comme de la fumée…

On y reste 3 jours car il faut attendre un vent favorable pour descendre sur les Shetland, alors gros ménage sous les planchers, il y a de plus en plus d’eau, ça vient des réservoirs d’eau douce, c’est sûr ! au moins ça ne nous fera pas couler, le capitaine bricole et je trie mes récoltes vertes …
…tiens, par exemple, savez-vous qu’aux Féroé, avant les vitamines en comprimés, il y avait une petite plante discrète mais vitale, la Cochlearia officinalis, l’herbe antiscorbutique car riche en vitamine C, elle aidait les marins et insulaires à tenir bon face au scorbut, à la fatigue et au manque de légumes frais. Dans une lecture énergétique, on pourrait presque dire que Cochlearia apporte du Yang et du mouvement dans un environnement froid, humide, où le corps a tendance à se contracter et à s’éteindre doucement. Sa richesse en vitamine C en fait un soutien de la sphère du Poumon et de l’immunité, tout en réveillant la circulation dans un climat qui fige.

Autre grande compagne des latitudes nordiques : Angelica archangelica, l’angélique, que l’on retrouve en Islande, en Norvège et dans la zone féroïenne. Les peuples du Nord l’utilisaient comme tonique digestif, plante de force et de protection : elle réchauffe, fait circuler, aide à digérer les aliments lourds et gras typiques des climats froids.
En MTC, on pourrait la rapprocher des plantes qui tonifient le Qi et réchauffent le Foyer médian, soutiennent la Rate et l’Estomac, et chassent le Froid et l’Humidité. C’est exactement ce dont on a besoin quand on vit entre vent, pluie horizontale et longues nuits d’hiver : une plante qui remet le feu dans le centre, et de la chaleur dans la digestion.

J’aime l’idée que, que l’on soit en Chine ancienne ou sur un petit archipel entre Islande et Norvège, les humains se soient toujours tournés vers les mêmes alliées : des plantes qui aident à tenir debout dans le froid, à garder un bon Feu intérieur quand le climat, lui, fait tout pour l’éteindre.
Qui dit joie dit cadeau ! je vous donne une recette de tisane des fjords – ma version nordique, inspirée des herbes qu’on retrouve dans les mélanges bien-être nordiques (Féroé, Islande, Scandinavie) : digestive, réchauffante et apaisante pour le système nerveux :

Et puis ça y est, le 24 juillet c’est bon, on peut y aller, 191 NM à faire jusqu’à Burrafirth sur l’île de Unst, avec 5 nœuds de courant portant, on s’éloigne bien vite des Féroé…
Venir aux Féroé en voilier (ou pas)
Parce que je sais que parmi vous, il y a des marins, des futurs marins… et des terriens curieux.
- Quand venir ? Pour un voilier, la fenêtre la plus confortable va de mai à septembre : journées très longues, moins de tempêtes, même si le ciel aime bien changer d’avis toutes les heures***En juillet, il fait frais (autour de 11–13 °C), avec un combo fréquent pluie–brume–éclaircie. On peut avoir quatre saisons dans la même journée, donc on oublie le petit ciré pour faire joli *** L’air est saturé d’humidité. Même à terre, prévoyez de vrais vêtements techniques, sinon vous aurez l’impression de vivre (et vous vivrez) dans un nuage.
- La mer, les courants et les surprises – Les îles ont l’air proches les unes des autres, mais ce sont des petits fjords entourés de gros courants : certains détroits poussent fort, parfois très fort *** Au sud et dans certains passages, ça peut lever du mascaret quand la houle rencontre la marée. Ce n’est pas forcément dangereux si c’est bien anticipé, mais ce n’est pas l’endroit pour improviser sa première nav’ en courant *** Vraiment utile : préparer vos routes avec les horaires de marée, les cartes de courants, et si possible une appli locale type Rák pour voir ce qui se trame sous la surface *** Globalement, la côte ouest prend de plein fouet l’Atlantique, la côte est est plus protégée mais les effets entonnoir dans les fjords peuvent bien booster le vent.
- Pour les marins qui préparent leur route – Un bon moteur, fiable, est presque aussi important que vos voiles : il vous servira à passer certains seuils de courant sans vous faire balader *** Le brouillard n’est pas une légende. Radar, AIS, bonne veille et plans B sont vos meilleurs amis, surtout quand la visibilité tombe à quelques dizaines de mètres *** Pensez à une bonne ancre (et de quoi rallonger la chaîne), des lignes solides, et à accepter l’idée qu’une petite étape peut devenir une vraie journée de navigation à cause du courant *** Si vous arrivez par Shetland, Islande ou Norvège, gardez une marge météo généreuse : ici, les dépressions de l’Atlantique nord ne plaisantent pas.
- Si vous aviez loupé l’article qui parle de Cape Doctor : https://isabelleautourdumonde.fr/2024/05/19/capetown-et-tellement-plus/
- Les îles Féroé en quelques mots : elles bénéficient d’un statut d’autonomie renforcée en tant que nation composante du royaume du Danemark, leur chef d’Etat est, en toute logique, Frederik X, roi du Danemark, et le Parlement féringien (Løgtingið) possède le droit de légiférer depuis 1948. L’économie des Féroé (Føroyar = l’île aux moutons) repose essentiellement sur la pêche. Si, pendant des décennies, la vie politique féroïenne s’est structurée autour d’un clivage net, à savoir d’un côté, les partisans de l’indépendance, de l’autre, ceux favorables à un maintien, voire à un renforcement des liens avec Copenhague, ces lignes de fracture semblent aujourd’hui s’effacer. Les Féroé visent une «solution à trois États», un Commonwealth nordique où Danemark, Groenland et archipel se présenteraient comme partenaires égaux, réinventant le lien historique sans le rompre. Le PIB par habitant dépasse celui du Danemark, le taux de chômage reste proche de 1% (ce faible taux de chômage serait cependant plus dû à l’exode massif des jeunes, en particulier à destination du Danemark, qu’à la bonne santé de l’économie) et l’archipel dispose d’infrastructures remarquables, comme des tunnels sous-marins reliant plusieurs îles.
