And now, Fernando do Noronha !

on remonte à grands pas

Reprenons : samedi 20 avril nous avons quitté Ascension, voilà, le cadre est posé.

Et donc nous voilà sur la route de Fernando do Noronha, cap plein Ouest pour ne pas remonter trop tôt dans le pot-au-noir, à propos de pot-au-noir je demande au capitaine quelle est la meilleure saison pour le passer avec moindre mal, parce que dans l’hémisphère sud nous sommes en automne mais dans le nord nous somme au printemps, et quand on passe l’équateur paf ! on change de saison à l’instant T : donc comment savoir si c’est mieux en hiver ou en été puisqu’il y a les deux saisons de part et d’autre de l’équateur ? Le capitaine se passe la main dans les cheveux d’un air chagrin, qu’est-ce que je l’emmerde avec mes questions, et me dit ce que je sais, à savoir que c’est la zone de convergence inter tropicale comme je vous l’avais expliqué quand nous avons passé l’équateur dans l’autre sens, certes, mais bien malin pourra me dire quelle est la meilleure saison pour le passer …

petite piqûre de rappel

J’en déduis qu’il vaut mieux se fier aux mois de l’année, c’est plus sûr.

Mais cette zone est mobile, il faut regarder la météo pour savoir où elle se trouve quand on y passe

Nous sommes à moins de 8 degrés de latitude sud et il fait très chaud et humide, comme dit dans les livres, c’est reparti pour se demander à quoi ça sert de prendre une douche, l’eau du bateau est quasi chaude et les patates germent à toute blinde.

Mais pour l’instant on a 20 nœuds, on est à 120 du vent, 1 ris à la GV et on avance à 7.5/8, autant vous dire que c’est parfait et qu’on prie pour que ça dure, bien que nous sachions pertinemment que cela ne sert à rien d’autre de prier que de se rassurer soi-même.

Tintin, notre hydro générateur, marche de moins en moins bien (moi je crois qu’il est carrément foutu oui) le capitaine pense qu’on l’a abîmé en allant trop vite dans le canal du Mozambique et c’est bien possible que je lui réponds, en attendant on a que les panneaux solaires pour recharger les batteries, alors quand il n’y a pas de soleil c’est juste juste, la nuit on ne met que le feu de mât et pas les feux de nav parce qu’on est tout seul et il vaut mieux économiser les batteries … depuis j’en suis un peu revenue d’être détendue et de penser que la probabilité de rentrer en collision avec un autre bateau ou un cargo est inférieure à celle de gagner au loto, parce qu’on apprendra plus tard qu’un couple parti de Québec pour rejoindre les Açores a été découvert mort sur leur radeau de survie, a priori ils étaient entrés en collision avec un cargo qui ne s’en est pas plus rendu compte que lorsqu’on écrase un brin d’herbe en marchant sur du gazon, ils n’ont eu que le temps de sauter dans leur radeau de sauvetage et sont morts probablement de faim et de soif avant d’être trouvés par un autre bateau 6 semaines plus tard, ça m’a affolée pour eux,

– mais pourquoi ils n’ont pas appelé le cargo avec leur VHF ?

– aaaaah mais ça peut aller tellement vite, le bateau peut se remplir d’eau très vite et tu n’as pas le temps, il faut vite sortir le radeau de survie !

– ouais mais ils pouvaient prendre leur VHF portable ?!

– mais si ton mât est dans l’eau tu n’as plus d’antenne, tu ne peux joindre personne !

– ooooh meeeerde, bien sûûûr … mais ils n’avaient pas pris suffisamment d’eau et de bouffe pour tenir un bout de temps ?

– il faut toujours avoir de l’eau et des sacs de bouffe prêts avec le radeau … nous c’est pas prêts, il faudrait préparer des trucs d’ailleurs …

On peut tout de même conclure qu’ils avaient un bon radeau puisqu’ils n’avaient pas coulé. Et à l’heure où je vous écris on n’a toujours rien préparé.

on a de la lune et c’est chouette d’y voir la nuit

Plus tard le vent adonne et on passe les voiles en ciseau avant de se coucher, je demande au capitaine pourquoi, avec le même vent, on avance moins vite en vent arrière avec les voiles en ciseau qu’au travers avec les voiles du même côté (en fait je lui avais demandé une autre fois mais j’avais oublié, et j’avais aussi oublié de vous le raconter et comme j’y repense je le colle ici) : c’est tout simple, c’est parce qu’au travers l’écoulement du vent est laminaire et en vent arrière il est turbulent …

et maintenant je sais que je le retiendrai (enfin, j’espère) … si ça se trouve je vous l’avais déjà raconté en plus

24 avril : jusque là temps idéal du plaisancier au cul bordé de nouilles : vent constant entre 15 et 22, voiles en ciseau, bonne moyenne, tout de même une mer qui bouge un peu, mais avec les mouillages que nous avons eus c’est de la gnognote, la nuit on voit parfois des oiseaux mais ils sont assez petits, et tant qu’ils se posent sur l’écoute de génois, le capitaine leur fiche la paix.

ça met de la poésietant qu’on ne tape pas dessus

Et puis hier, quand même, on a bien vu que des cumulus joufflus se formaient, il était un peu tôt pour déjeuner mais j’ai dit au capitaine qu’autant manger avant qu’il ne flotte, ça n’a pas loupé : des grains successifs avec des rafales à 40 nœuds toutes voiles dehors, on bombait à plus de 10 et les vagues nous emportaient à droite et à gauche, à un moment ça s’est calmé et on en a profité pour prendre 1 ris 1/2 au génois, comme on en avait déjà un à la GV on l’a laissé comme ça, mais à peine plus tard ça a repris de plus belle alors on a pris un second ris sous des trombes d’eau et à nouveau 40 nœuds, mais maintenant je connais bien les manœuvres et, est-ce une conséquence directe, le capitaine râle beaucoup moins, voire plus du tout, et encore aurait-il eu une raison de le faire parce que quand il a fallu qu’il mette ou qu’il enlève, je ne sais plus, le bras du génois, je devais enrouler le génois et je ne savais plus si je devais fermer le taquet du génois ou celui de l’enrouleur, j’ai bien vu que ce grain violent avait perturbé mes fonctions cognitives, j’ai fini par le faire en demandant platement au capitaine de m’excuser, je n’allais pas lui dire que j’étais un poil stressée, il me l’avait demandé plus tôt dans le bateau tandis que je restais debout sur la descente pour avoir un peu d’air, je lui avais répondu que non mais que je n’étais pas détendue, et que ce n’était pas les 40 nœuds qui me stressaient mais de me demander si ça n’allait pas empirer, ça l’avait fait sourire … en tous cas on était au pire cap pour le génois : soit on navigue à moins de 140 du vent et on le met du même côté que la GV, soit on navigue à plus de 150 et on le tangonne pour le mettre en ciseau, mais entre 140 et 150, que ce soit d’un côté ou de l’autre il a tendance à claquer dès que le bateau lofe ou abat, et ça faisait plusieurs fois que le capitaine alternait le côté du génois parce que ça l’énerve quand ça claque et ça l’énerve aussi que ça ne m’énerve pas car puisqu’on ne peut rien y faire ça ne m’énerve pas, c’est vrai ça, ça ne sert à rien de s’énerver… j’ai fini par lui dire que ça serait mieux de l’enrouler comme ça on serait au bon cap parce que soit on faisait trop de Nord, soit trop de Sud, et sans génois ça serait plus facile … il a dit … oui ! je vous promets il a dit OUI, ô joie ineffable, précieux instant, inoubliable, surprenant, miraculeux (je fais ma Madame de Sévigné, ça le vaut bien) et même s’il a failli changer d’avis encore une fois, on a fini par l’enrouler, et avec déjà 2 ris dans la GV c’est moi qui me riais des grains, ça a duré quelques heures et puis ça s’est calmé dans la nuit mais comme je me suis endormie hyper tard le capitaine n’a pas eu le cœur à renvoyer tout de suite de la toile pour ne pas me réveiller et ça a fait chuter la moyenne …. On a quand même fait du 7 de moyenne depuis notre départ et c’est pas mal du tout. 

Il y a un cargo énorme qui est passé tout près de nous, à moins de 2 miles ce qui est ridicule par rapport à la taille de l’océan, 366 mètres de long, 51 de large et 12 de tirant d’eau, on a bien regardé le relèvement pour être certains de ne pas finir contre un mur de ferraille, et aussi le capitaine a eu la bonne idée de me raconter des histoires de marins perdus ou morts en mer, ça tombait bien, il a le chic.

Aujourd’hui ça a commencé par le beau temps avec ce voile de chaleur qui monte et atténue le bleu du ciel, puis forme des nuages qui s’agglomèrent et finissent par rejeter toute l’eau qu’ils ont bue,  je n’arrêtais pas de regarder cette évolution, sur le coup de 16h j’ai dit au capitaine que je prenais ma douche avant que ça flotte, j’ai enlevé les tauds qui nous protègent du soleil et lui ai demandé de prendre un ris dans le génois, et puis ensuite, voyant le ciel tout noir, un second ris dans la GV, c’est ce qu’on a fait mais le vent n’est pas monté et les nuages noirs ont glissé à côté de nous, le capitaine est en train de souffrir de m’avoir écoutée, je me défends parce qu’on ne sait jamais à l’avance, parfois le vent s’emballe et parfois il tombe, comment savoir …

comment savoir ?

26 avril, grains, empannages, empannages, empannages sur empannages, on n’est quasiment jamais au cap, le vent passe de 7 à 27 et change de direction, nous errons sur la mer, ça serait moi j’affalerais et ferais cap direct au moteur, mais le capitaine n’est pas fait de ce bois là, je suis lâche et il est têtu (c’est le capitaine qui m’a dit le dicton marin si tu choques t’es un lâche, c’est comme ça que j’ai appris que ma tendance naturelle est à la lâcheté, mais grâce au capitaine je me retiens pour ne pas me faire honnir), alors on empanne encore et encore, sur le coup de 20 heures le vent tombe à 2, la pluie dégringole comme si les vannes du ciel était ouvertes en grand, on y vient : moteur et on affale, le bateau balance violemment et le capitaine manque de tomber pendant qu’il range la GV debout sur le pont plein de flotte, il se rattrape in extremis tandis que je me rattrape de mon côté en lui criant

– TIENS TOI !!

– AFFALE PLUTÔT QUE TES CONSEILS !!

– DESOLEE D’AVOIR DÛ ME RETENIR DE MON CÔTE ! (non mais dis donc t’es d’jà pas gonflé !)

– AH PARDON !

, je ne sais pas comment il fait pour tenir sur le pont quand ça roule autant, une fois la GV affalée je vais en pied de mât pour l’aider d’une main à attacher la voile, de l’autre je me tiens à un hauban, je suis loin d’avoir sa dextérité, c’est un point que je dois encore travailler pour tenter de monter d’un barreau sur l’échelle de l’excellence …

Bon, on range tout, je prépare à manger et VLAN ! un nouveau grain, le vent remonte à 26, le capitaine est vert d’avoir affalé, il souffle des naseaux comme un cheval qui a bouffé trop d’avoine, 

– Mais c’est juste le grain ! Ça va retomber ! (tenté je de l’apaiser)

– Mais si ça dure ?

– Si ça dure on verra (issu de la technique de vente dite faire écran)

Heureusement il pleut à verse ce qui mesure les élans du capitaine, nous mangeons et ça dure, pluie torrentielle et vent qui se maintient, je suis au bout de ma vie alors je m’en vais tomber sur la couchette du carré, je dors avant même d’avoir touché l’oreiller.

Mais toute la nuit on alterne des grains, des vents qui montent et retombent et changent de direction, le capitaine qui était sorti dérouler le génois finit par le réenrouler parce que c’est n’importe quoi et aussi pour que finalement on puisse dormir tranquille, comme dirait John c’est le marasme, c’est le capitaine qui a compris qu’il voulait parler du pot-au-noir, sur google translate pot-au-noir se traduit pas doldrums, et en inversant la recherche, doldrums veut dire déprime, tandis que marasme se dit marasm, bref, on ne doit pas être loin de la ZCIT.

Et le lendemain,

– terre ! terre ! s’écrie le capitaine

Brazil brazil !

On arrive au mouillage, le capitaine m’a prévenue, on ne restera pas longtemps parce qu’il est hyper cher, il a vu sur internet que c’est 75 ou 100 € la nuit, voire plus, c’est vrai que ça fait cher juste pour mettre la pioche, en plus il paraît que c’est rouleur, bon, on verra bien, je suis trop contente de me poser un peu.

C’est chose faite, dans la Baia de Santo Antonio devant la plage, après avoir tournicoté pour trouver la bonne, que dis-je, la meilleure place aux yeux du capitaine,

la meilleure place, donc

il est presque midi, qu’à cela ne tienne, annexe à l’eau, on s’en va faire les paperasses et peut-être trouver un truc aussi sympa que gourmand et local à manger ?

C’est assez incroyable mais on dirait qu’à Noronha il n’y a pas d’heure pour travailler, nous trouvons la capitainerie ouverte avec capitaine de port et autres bureaucrates sur la brèche, le mien capitaine remplit les mêmes formulaires que partout ailleurs, et au moment de tamponner nos passeports, le capitaine de port nous indique d’aller boire une bière dans le bistrot d’en face parce qu’il a appelé celui qui s’occupe de l’immigration qui viendra quand il viendra, alors autant attendre en buvant une bière, nous obéissons.

Ca ne fait pas longtemps que nous sommes assis qu’un monsieur genre marin-sur-le retour avec des yeux délavés, une barbichette et des cheveux filasses longs et blancs, vient s’installer à notre table avec un grand sourire, il est français et son bateau est mouillé dans la baie, on commence à papoter, je ne le sens pas vraiment le gars bien que son odeur vienne me chatouiller les narines et ce n’est pas la rose, mais bon, c’est surtout le capitaine qui papote avec lui, et puis le capitaine de port sort de sa cabane (la capitainerie est une cabane tout de guingois) et nous hèle pour venir chercher nos passeports tamponnés, le capitaine y va et je me retrouve seule avec le vieux marin qui commence à me baratiner qu’il s’est fait bouffer sa carte bleue je ne sais où, je le vois venir gros comme une maison et élude,

– c’est vrai que c’est mieux d’avoir au moins 2 cartes quand on voyage, il faut s’organiser !

Je le branche sur un autre sujet mais il y revient toujours, et continue quand le capitaine revient avec nos passeports, il nous explique qu’il a cent mille euros sur son compte mais qu’il ne peut pas y toucher parce que je ne sais plus quel argument bidon, et qu’il est vraiment ennuyé sans sa carte bancaire, je lui conseille d’appeler son banquier mais il m’explique que ça n’ira pas, alors d’appeler sa copine qu’il dit avoir (beaucoup-plus-jeune-que-lui-fierté-dans-la-prunelle) afin qu’elle lui envoie un billet d’avion pour aller régler ses problèmes bancaires en France et qu’il la remboursera avec ses cent mille balles, il finit toujours pas dire qu’il est bien emmerdé sans carte bancaire, le capitaine lui fait comprendre d’économiser sa salive et ses bobards parce qu’on ne lui filera pas un rond et on le quitte pour s’en retourner manger un morceau au bateau parce qu’il n’y a pas plus de resto sympa ici que de beurre au Cap Vert (depuis, et ça date, j’ai toujours une réserve de beurre au frigo).

On voit bien Cap de Miol

Après manger on s’en revient à terre pour aller trouver un supermarché et un ATM pour prendre des sous, ici la monnaie c’est le Real, ça nous fait marcher sous un soleil de plomb en se faisant bouffer par les moustiques,

je demande au capitaine combien il a payé pour le mouillage et combien de temps on va rester là, alors tenez vous bien, ce n’est pas 100 € la nuit pour mouiller à Noronha, c’est 150 Real la nuit, ça fait grosso modo 25 € ! j’ai lu sur internet que des personnes ont payé par exemple 310 € pour 3 nuits en étant 4 sur leur voilier, d’autres 170 € pour 3 jours, ou encore que ce serait l’un des mouillages les plus chers au monde avec les Galapagos, s’ils font payer à la tête du client c’est qu’on en a de bonnes on dirait, c’est vrai qu’il n’y a aucun prix affiché à la capitainerie mais je n’en ai jamais vu nulle part, bref, c’est une bonne nouvelle de ne pas de faire vider les poches ici, pour l’instant ! ponctue le capitaine.

A la caisse du supermarché (no fruit, no vegetable, just a piece of bad bread, quand on est français on trouve le pain d’ailleurs dégueu et il l’est, n’est-il pas) on se retrouve derrière un des douaniers qui nous a fait les papiers, il nous reconnaît (un bon point pour les brésiliens) et nous propose de nous déposer dans le centre de Vila Dos Remedios, le capitaine commence par refuser pour ne pas l’ennuyer (le capitaine n’aime pas déranger, ça fait juste perdre du temps moi j’dis) mais de mon côté j’accepte avec reconnaissance et moult signes de tête affirmatifs parce que ça serait bien de trouver une loc de bagnole maintenant plutôt que de retourner à pinces jusqu’à la baie et de perdre notre matinée de demain à faire ce que nous pouvons faire aujourd’hui, j’ai un mal de chien à décider le capitaine mais il cède, il en a marre, la nuit tombe, le douanier nous laisse dans une rue avec plein de restos, on cherche un loueur de voiture, tout est fermé mais comme on se dit qu’autant chercher pour demain, de fil en aiguille on tombe sur un gars qui en appelle un autre qui arrive avec un buggy tout crotté, le capitaine fait le nez, il voudrait une vraie voiture, j’insiste pour qu’on le prenne, c’est quoi ces goûts de luxe soudain, le capitaine signe des papiers sur le capot du buggy, le gars lui fait faire un tour pour lui montrer comment ça marche, et puis nous voilà partis en buggy, c’est tape-cul, ça zigzague, surtout quand le capitaine redresse d’un coup sec, mais ça ne va pas vite et l’empâtement est tellement large qu’il faudrait le faire exprès pour verser…

en vérité on n’a pas besoin de casque mais ça ne serait pas bête

Alors le lendemain matin, on part visiter Noronha, le capitaine est encore un peu ronchon de ne pas avoir une vraie voiture, mais on va vite comprendre qu’on est mieux en buggy et que ça ne loue pratiquement que ça par ici, en dehors de la route principale ce ne sont que chemins raides, défoncés, et très souvent trempés par les pluies qui stagnent dans les ornières, un petit aperçu :

Quand ça secoue trop je m’accroche et ne prend pas de photo, vous saurez bien

Que vous dire de cette île …déjà qu’on en fait vite le tour, fût-ce en buggy, car elle ne fait que 26km², qu’il y a 3410 habitants pour 100 000 touristes par an, qu’elle ne produit aucune nourriture en dehors de la pêche, que tout est importé depuis le continent et que la principale activité économique est le tourisme, qu’elle est surnommée l’île arc-en-ciel pour sa faune colorée, est rattachée à l’état du Pernambouc, est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2001, et que son écosystème souffre déjà de l’affluence des touristes malgré des quotas qui ne doivent pas être très bas car nous croisons des centaines de touristes en maillot de bain et en buggy, sans bière à la main car le taux d’alcoolémie autorisé au volant est de 0, ça n’empêche pas de voir des bières dans toutes les mains par ailleurs.

Après ces données histoire de vous situer le contexte, cette île est aussi surnommée le Saint Tropez Brésilien, j’ai donc hâte de la comparer à St Trop (que personnellement je trouve magnifique tout autant que sa région, et des gens qui décrètent qu’elle est surfaite, je dirais d’eux qu’ils ne la connaissent pas en dehors des clichés du mois d’août et qu’ils devraient découvrir un des plus beaux villages de notre planète) (et plus je voyage, plus je le pense, la France a un charme fou), bon … côté plages, rien à dire, Fernando 1, St Trop 0

On voit sur l’une des photos qu’il y a des parasols avec des transats, allons y voir de plus près …

AAAAh c’est rien moins que moyen hein … St Trop 1, Fernando 0, y’a pas à tortiller :

Mais alors d’où vient cette comparaison entre deux lieux qui ne me paraissent pas comparables pour un sou ?

Réponse pour que vous n’ayez pas à perdre votre temps à la chercher : Noronha est une destination paradisiaque très prisée pour les lunes de miel des brésiliens, il y a un nombre incroyable de jeunes touristes qui viennent y faire la fête, et également une destination rêvée pour les surfeurs, plutôt aisés car la vie là-bas est considérée comme très très chère, ok, c’est un point commun, et c’est vrai que la location du buggy n’est pas donnée et que les gens se plaignent des tarifs hôteliers exorbitants et des taxes à tous crins, nous on a trouvé que ça reste tout à fait abordable, surtout quand on déjeune dans un resto local où nous avons mangé pour 30 € à 2, si on va dans un resto plus branché ça tourne autour de 50/60 € pour 2, c’est pas la mort quoi. D’ailleurs des restos il n’y en a pas bézef, on prend ce qu’on trouve, et avec la chaleur le capitaine se fend d’une petite bière bien fraîche,

– tu as entendu, le taux d’alcool autorisé au volant est de zéro !

– pffff !

Il s’en moque.

On continue notre tour de l’île et de ses plages vraiment extrêmement belles je dois dire, et en repassant un peu plus tard par la Ville des Remèdes (je ne parle pas portugais mais faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre), un barrage de flics ! crotte ! la bière ! Pas besoin d’ouvrir la fenêtre, il n’y en a pas, le capitaine salue le flic d’un grand sourire, flic qui rétorque de même en lui demandant s’il a bu de l’alcool,

– Não !

qu’il lui affirme, moi je crois que le mensonge aggrave toujours tout quand celui à qui on a menti s’en aperçoit (il faut tout faire pour que l’autre ne s’en aperçoive pas, c’est la base) et on dirait que le flic ne le croit pas car il lui fait signe de le suivre pour le faire souffler dans un ballon, hé bin on est bien tiens, si je dois conduire le buggy on n’est pas rendus … je me bouffe les petites peaux des doigts à m’imaginer être au volant de cet engin de la mort et vois revenir le capitaine d’un pas nonchalant, il remonte dans le buggy, renonce à attacher la ceinture qui fait 3 kilomètres de long et est pleine de boue à force de traîner partout, je lui demande

– alors ?!

– alors quoi ?

Il le fait exprès pour me donner l’envie de l’étrangler et tester mon self-contrôle,

– et bin, le test !

– négatif

C’est bien le seul test avec celui de grossesse qu’on est content de voir négatif, je n’en reviens pas,

– mais la bière ?

– mais il y a longtemps que je l’ai bue, et en plus j’ai mangé

Ah ouais, c’est bon à savoir dis donc.

Nous continuons en visitant le centre historique de Vila Dos Remedios, c’est très joli mais ça serait bien d’entretenir le patrimoine je trouve.

Eglise Notre-Dame de Remedios, construite au XVIIIe siècle
Elle domine la vieille ville

Nous passons aussi visiter le fort Nossa Senhora Dos Remédios au-dessus de la baie de Santo Antonio, c’est la queue, on paye et on nous scotche un bracelet fluo autour du poignet comme si on allait embarquer sur un paquebot de croisière, il y a un panneau qui dit qu’il est interdit de boire de l’alcool et en même temps les hôtesses vendent de la bière à l’accueil juste sous le panneau, les gens en achètent tous et en boivent en faisant le pied de grue, on se regarde avec le capitaine, on n’est plus dans le coup on dirait, bon, nous avançons pour visiter le fort et là, surpriiiiise !

Ce n’est pas un vieux fort à visiter mais un haut lieu de la vie nocturne Noronhésienne, nous y sommes tôt et il y a encore peu de monde mais des bars et de l’alcool à gogo et de la bonne musique, je ne peux m’empêcher de me dandiner 5 minutes tandis que le capitaine fait comme s’il ne me connaissait plus, puis nous montons tout en haut et, comme toutes les vues de tous les forts de toutes les îles, la vue est superbe, encore plus belle ici que dans de nombreux autres endroits :

la baie de Santo Antonio
en vue large … on voit très bien Cap de Miol quasi au milieu de la photo
le fort a été rénové pour se transformer en resto et boîte de nuit à ciel ouvert
vue sur la vieille ville et son église

Et on termine par cette superbe vue du Morro do Pico de Praia da Conceição que je traduirais par le Pic Morro de la plage de la Conception, pic emblématique de l’île s’il en est et qui culmine à 321 mètres s’il vous plaît.

On ressort du fort à l’heure où les Ken et Barbie brésiliens se pointent pour festoyer, ouaip, ce côté là peut bien faire penser à St Trop sauf que les robes et les shoes à paillettes font franchement cheap, si je peux vous donner un conseil c’est de venir à Noronha plus pour visiter cette nature splendide que pour se la péter comme aux Caves du Roy (de mon temps c’était la boîte la plus courue de St Trop).

Nous ne nous attardons pas plus, nous avons encore bien de la route pour rentrer, et c’est tout ce que nous verrons du Brésil, j’espère y aller un jour car, comme dans tant de pays, après avoir développé l’industrie pharmaceutique et balayé les savoirs populaires, le Brésil a décidé d’intégrer les plantes à son système de santé, je ne vous partage pas encore mon travail sur les plantes des différentes îles sur lesquelles nous sommes allés (bien que je le fasse parfois) car cela est un travail énorme, mais lorsque je serai rentrée et que je m’attellerai à tout mettre en ordre, je ferai des articles botaniques.

C’est le 1er mai, il flotte, nous attendons que ça passe pour lever le camp, 1340 NM en ligne droite jusqu’en Guyane Française et en plein pot-au-noir, nous verrons bien.

Prenez vos crayons !

  • La vraie façon de faire un relèvement « consiste à mesurer la direction magnétique d’un point de repère sur le paysage (vas-y en plein océan) avec un compas de relèvement puis tracer sur la carte marine ce relèvement à partir du symbole du point de repère mesuré, en utilisant la règle ou le rapporteur de navigation » … autant vous dire que dit comme ça, ça ne me dit rien, alors en vrai, et en gros, on regarde l’angle du cap de l’autre et le nôtre, si ça ne varie pas on va se foncer dedans, si ça varie on devrait s’éviter, et ce jour là le capitaine m’a montré sur l’AIS la donnée qui sert à faire un relèvement, c’est hyper simple, si ce chiffre varie on est tranquille, s’il reste constant il va falloir manœuvrer.
  • Quant au mensonge : en psychologie sociale, on considère qu’il existe cinq motivations au mensonge : valoriser notre image, éviter les conflits, ne pas peiner notre interlocuteur, persuader quelqu’un afin d’en tirer un avantage, et enfin dissimuler ou justifier un manquement… Une étude menée en 1996 par les psychologues Felder, Forrest et Happ, concluait que nous mentons 2 fois par jour ! L’expérience consistait à se faire rencontrer des participants, dont certains avaient pour consigne de se présenter sous un jour agréable ou de parler de leurs compétences : à l’issue des entretiens, ces derniers avaient menti davantage que ceux laissés sans consigne particulière… Mais en règle générale, 60 % des participants avaient menti entre deux et trois fois en l’espace de 10 minutes de conversation. Le résultat a surpris autant les chercheurs que les sujets de l’expérience. Et, si hommes et femmes mentent à la même fréquence, l’objectif de leurs mensonges diffère, les hommes ont plus tendance à recourir aux mensonges d’autoprotection, afin de préserver ou d’améliorer leur image, tandis que les femmes inventent plus souvent des mensonges altruistes. Je conclurai par un vibrant vive les femmes !
  • L’alcool est détectable dans le sang pendant 6 heures environ, puis 12 à 24 heures dans l’haleine, l’urine et la salive, et jusqu’à 90 jours dans les cheveux. Pour une détox à 100%, il faudra donc compter environ un mois et demi sans boisson alcoolisée. Le temps d’élimination de l’alcool est très variable selon le nombre de boissons alcoolisées ingurgitées et dans quelles conditions celles-ci ont été bues. En moyenne, il faut 67 minutes pour éliminer une bière, soit légèrement plus d’une heure.
  • Les 20 meilleures boîtes de nuit du monde : https://www.hostelworld.com/blog/fr/meilleures-boites-de-nuit-du-monde/
  • Quelle langue parle t’on à Fernando de Noronha : le portugais, comme au Brésil. Au-delà du Portugal, on parle portugais au Brésil, mais aussi au Cap Vert, en Angola, en Guinée-Bissau, en Guinée Equatoriale, à Macao en Chine, au Mozambique, à Sao Tomé-et-Principe, au Timor oriental et à Goa en Inde, ça en bouche un coin hein.

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

5 commentaires sur « And now, Fernando do Noronha ! »

  1. J’ai peur rien que de lire alors sans moi sur un bateau en pleine mer. Déjà le ferry je ne suis pas à l’aise s’il fait mauvais temps !!!. Tu es bien courageuse. Je me contenterai de la Corse en dehors de la pleine saison bien sûr. Bonne route, bisous

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  2. j’adore te lire et visualiser tes vidéos et photos ! Quelle aventure! C’est magnifique. Mais tu es courageuse car je pense que j’aurais parfois très peur! Bisous Isa

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  3. ah mais la Corse c’est tellement beau ! mais c’est vrai que c’est mieux à distance des vacances … merci pour tes messages d’encouragement, ça me fait vraiment super plaisir et ça me donne envie de continuer d’écrire 😊😘❤️

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  4. Bonjour Isabelle, Merci infiniment pour vos messages. J’ai bien reçu toutes les photos du mariage, elles sont très belles. Bien reçu également le message d’arrivée à Ponta Delgada Ouf ! Quant au poncho de plage, je ne suis pas intéressée car je ne vais plus à la Plage, dommage ! Merci pour la prescription de plantes pour les saignements. Je vous donne beaucoup de travail, vous etes vraiment gentille. Je vous embrasse très fort sans oublier le Capitaine. Claudine

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