welcome to Sal

le mouillage de Palmeira

Or donc, nous voici à Sal, plus exactement à Palmeira sur la susdite île, je le précise tant le sud de Sal est réputé pour son tourisme et ses plages, ses séjours all inclusive et les hordes de touristes que cela draine, le capitaine et moi n’y poserons pas un orteil mais aurons des retours de potes de nav’ à ce sujet, qui nous conforteront d’ailleurs dans le fait de ne pas y avoir été … des potes de nav’, mais qui sont-ce ? Et bien comme le monde est monde et que les îles sont les mêmes pour tous, du moins leur emplacement géographique car à chacun une vision et un souvenir qui lui sont propres, d’où tant de préjugés quand on part avec les idées et histoires des autres, que disais-je, ah oui, les îles sont au même endroit pour tous, ainsi que les mouillages et les marinas, et nous avons tous les mêmes besoins de repos et de refaire de l’eau, ce qui fait que l’on retrouve les mêmes bateaux régulièrement, pas tous mais certains, et quand le drapeau français flotte, patriotiquement comme il se doit, sur un bateau que l’on reconnaît, on finit par taper la discute et sympathiser en général car le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons des activités et des intérêts en commun et pouvons nous enrichir les uns les autres de nos expériences et conseils avisés (moi je ne donne aucun conseil, à la rigueur je pourrais expliquer comment se mettre du mascara sans en étaler partout quand le bateau roule, mais personne ne pense à me le demander)

on n’ira que sur les îles du Vent

Donc à Palmeira nous reconnaissons des bateaux qui étaient avec nous à la marina d’El Hierro, du moins le capitaine les reconnaît-il car moi je n’arrive pas à les différencier en général, hormis en cas de signe distinctif, un nom qui m’a interpellée (je cherche toujours le nom de mon bateau si j’en avais un qui n’était pas celui du capitaine), la couleur d’une coque ou d’un lazy bag, pour tout dire j’ai toujours choisi les voitures que je conduisais pour leur design mais ne me suis jamais posé la question de leurs performances, c’est comme ça que je me suis retrouvée avec une voiture neuve qui avançait comme une 4L en bout de course … le capitaine quand il voit un bateau, il donne de suite le modèle, la date de sortie et l’architecte qui l’a conçu, je ne sais pas à quoi ça peut servir, à gagner certains jeux télévisés confidentiels, à relancer la conversation dans une soirée mortelle, à me séduire contre toute attente ? ce qui est certain c’est que ça doit ressembler à ça un passionné …

Quand nous arrivons au mouillage, un gars du coin arrive en dinghy et nous indique la place où nous devons mouiller, nous dit d’attendre dans le bateau que la police portuaire nous appelle sur la VHF pour que l’on vienne faire nos papiers d’entrée et voir la médecin par rapport au covid, qu’en attendant on doit rester sur le bateau, puis s’en va. On range le bateau et on descend l’annexe, et le capitaine me dit qu’on va faire un tour, qu’est-ce à dire, que le capitaine m’entraîne à désobéir à l’autorité locale ? le capitaine ? ce capitaine ?! ce capitaine-là ? si rigoureux, si respectueux des lois, si pointilleux quant à la manière de faire les choses ?

Oui, lui

Bon

et hop un petit tour en annexe

Moi j’obéis au capitaine, ça lui plaît bien et ça sera mon excuse si on nous arrête et nous menace de nous enfermer dans une geôle, alors nous voilà zigzagant dans le mouillage pour aller dire bonjour aux copains des bateaux qu’il a reconnu, on se fait inviter à boire un coup sur un super catamaran que je visite, wouaaah, un véritable appartement flottant, une famille avec 3 enfants dont un de même pas 3 ans, je ne sais pas comment ils font, 3 gosses tout le temps sur le dos les pauvres, il nous est proposé une bière ou un verre de vin mais avec 6 jours de nav dans les pattes et une petite nuit, si on accepte on finit au dispensaire du coin (je doute qu’il y ait un hôpital) donc je découvre la bière sans alcool avec un goût de je-ne-sais-quoi pour donner un goût, je ne sais qui est payé pour inventer de telles boissons mais le fait est, et puis nous repartons, toujours avec nos têtes de navigateurs qui arrivent de la mer, petits-yeux-cheveux-sales-air-réjoui-d’être-arrivés-à-bon-port, et allons à terre, le capitaine cherche la police locale et compte bien avoir ses papiers dès aujourd’hui sans avoir à attendre comme un manant une convocation trop tardive à son goût, nous trouvons la police portuaire et le capitaine se fait proprement rembarrer sous mes yeux qui s’y attendaient, méprise t’on l’administration autochtone sans s’attendre à une telle réponse ? il faut retourner au bateau et attendre que l’autorité se manifeste, le capitaine n’en a cure et cherche un resto, de fait nous trouvons un bouiboui et mangeons royalement du poisson avec du riz et des légumes, nickel (j’ai quand-même dû renvoyer les poulpes que j’avais commandés en première intention car ils avaient une odeur à anéantir toutes les mouches alentour), puis faisons un tour dans le bled, quelques petits magasins tenus par des chinois, alors ça je ne m’y attendais mais vraiment pas, des maisons flambant neuves, d’autres délabrées, d’autres en construction, un dénuement qui émane de manière générale, et nous croisons des têtes connues (à savoir des navigateurs préalablement rencontrés mais pas des gens célèbres) et ça c’est vraiment marrant parce que ça me donne l’impression d’être chez moi, j’adore, je trouve ça grandiose d’avoir l’impression d’être chez soi au bout du monde

le bouiboui sympatoche comme tout

On retourne au bateau le soir venant, si la police portuaire nous a appelés nous n’y étions pas, mais toujours en passant près de bateaux amis nous apprenons qu’ils ont attendus toute la journée et que personne n’a pointé son nez, il faut attendre demain … (ils doivent l’avoir un peu mauvaise d’avoir respecté les consignes pendant que d’autres se tapaient la cloche sur le sol ferme grâce à un capitaine fort hardi)

Le lendemain matin, à peine le jour levé, un moteur de dinghy et une voix nous réveillent, il faut se manier pour aller rencontrer la médecin et la police portuaire, nous sautons dans l’annexe sans avoir pris de petit dèj, et nous retrouvons sur un quai en compagnie d’autres navigateurs, certains que nous connaissons déjà, d’autres non, mais avons tout le temps de faire connaissance car la médecin ne débarque que deux heures plus tard, heureusement qu’il y avait un coin d’ombre parce qu’au Cap Vert, on a beau être au mois de novembre, le soleil tape dur … la médecin, ou supposée telle car ce n’est pas son legging et son chemisier aux imprimés colorés et touffus qui affichent sa fonction, demande à voir nos papiers de vaccination contre le covid ou notre QR code sur nos portables, et les formalités plus sommaires que médicales en restent là après un versement de 5 € par bateau pour lui payer le taxi qui l’a amenée jusqu’à nous, si quelqu’un tique c’est en son for intérieur car les visages restent de marbre, il faut dire que personne n’a envie de s’éterniser en demandant des comptes, ensuite notre petite procession se retrouve dans le local de police portuaire au village pour présenter les papiers des bateaux et des équipages, nous croyons en avoir terminé mais non, il faut faire tamponner les passeports par un autre policier qui s’occupe de l’immigration et il n’est pas là, à chacun son rôle et les vaches seront bien gardées, personne ne sait dire quand il viendra, le gars du coin qui est venu nous réveiller ce matin nous demande 10 € pour ses services et promet de venir nous chercher quand celui de l’immigration arrivera (daignera arriver serait probablement plus adéquat), en attendant nous sommes sensés retourner attendre sur le bateau … nous faisons comme la veille, désormais adeptes de la mutinerie sauvage, et allons manger du poisson dans le même bouiboui qui a du free wifi … alors ça ! quand nous sommes arrivés sur l’île, j’ai juste allumé mon portable pour voir s’il y avait du réseau et au bout de quelques secondes j’ai reçu un sms de SFR qui me disait que j’en avais pour 40 € de dépassement de mon forfait, et 3 secondes après un autre sms pour me dire qu’ils me coupaient internet parce que j’avais atteint 60 € de dépassement, après j’ai compris, rien que le fait d’allumer mon portable avec les données à l’étranger activées j’ai des tas de notifications qui sont arrivées et ça m’a coûté une blinde, du coup je l’ai coupé, j’ai désactivé toutes les notifications des applications que j’ai gardées, très peu en fait car par prudence j’avais supprimé la plupart de mes applis en partant du Cap d’Agde, et je suis allée acheter une carte SIM du coin, c‘est clairement ce qu’il faut faire quand on voyage … 60 balles ! les hyènes !

les pêcheurs qui réparent leurs filets

Bon, nous sommes retournés au bateau après manger et dans l’après-midi, le gars à qui on avait filé 10 € est venu chercher le capitaine qui a pu faire tamponner nos passeports, 10 € ça fait en gros 1000 escudos qui est la monnaie locale,  le salaire moyen au Cap Vert c’est 130 € par mois, ce gars-là il a vraiment trouvé un bon plan …  

un bateau pirate dans le mouillage de Palmeira, c’est comme les Chinois, on en voit même là où on s’y attend le moins

on était samedi et on devait partir le lendemain car cette escale à Palmeira était juste destinée à faire les papiers obligatoires d’entrée au Cap Vert, mais qui disait partir le lendemain disait retourner au poste de police portuaire pour récupérer les papiers du bateau, respect des procédures, le policier nous ayant affirmé qu’il travaillait tout le temps même le dimanche … le dimanche, certes, mais tout le temps tu parles, nous avons passé la journée dans le bouiboui sur internet pour faire passer le temps, à faire des allers-retours au poste de police pour rien, sur le coup de 17 heures on se résignait à retourner au bateau en se disant qu’on reviendrait demain et là surprise ! le poste de police était ouvert et on a récupéré les papiers, le policier avait dû faire sa promenade digestive après le repas dominical et passer au bureau chercher je ne sais quoi, on a eu de la chance,  on pouvait vraiment aller dans toutes les îles du Cap Vert maintenant !

Alors on a levé l’ancre pour filer sur Sao Nicolau, avec une première impression du Cap Vert très positive, toutes les personnes rencontrées ont été souriantes, serviables, accueillantes … et pas pressées… les seuls qui réclament de l’argent sont les enfants qui promettent de garder les annexes pendant qu’on est en ville, mais qui, dès qu’on a passé le coin de la rue, retournent  jouer, sachant pertinemment que nos annexes ne risquent rien du tout 🙂

bye Sal

Les quelques explications qui peuvent être utiles :

Dinghy : le nom donné aux annexes ou aux petits bateaux à moteur – à la base c’est 1. Petite embarcation de course à voile ou à moteur. 2. Canot en caoutchouc embarqué à bord des avions, se gonflant instantanément en cas d’amerrissage forcé

Lazy bag : taud de grand voile

Lazy : filin en patte-d’oie entre la mâture et la bôme, permettant de ferler la grand-voile

autrement dit : le lazy bag c’est la toile en bas dans laquelle on range la grand-voile et le lazy ce sont les ficelles qui le tiennent

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

8 commentaires sur « welcome to Sal »

  1. Passionnant votre aventure …
    Mais donc vous êtes vaccinée à ce que je comprends ? Vous suivant dans vos videos d’avant votre voyage je suis un peu .. perplexe .. ce n’est pas un jugement juste un étonnement …

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  2. Je savais bien que tu avais toujours eu l’air mutin 🤣🤣
    Bien joué, belle escale, alors bonne continuation ♥️♥️♥️♥️♥️♥️♥️

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  3. Bonjour. Toujours aussi sympa et vivant votre récit
    Et quel humour j’adore. Hihi.
    Je me demande souvent comment vous faites pour écrire sans point. Je me surprends à lire parfois en retenant mon souffle 😅.
    Bon vent belle équipe.
    Laura

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  4. bonjour Annie,
    bien entendu que je me suis faite vacciner pour avoir la liberté de voyager, et je ne vois pas pourquoi je serais thérapeute en MTC, utiliserais des plantes pour soigner, mais serais contre la médecine occidentale 🙂 – chaque médecine a ses points forts et il serait temps qu’elles s’unissent au lieu de se combattre – si quelqu’un fait un infarctus, je lui conseille d’aller à l’hôpital et non de faire une séance d’acupuncture, je respecte cette magnifique vision de la médecine chinoise : c’est celui qui guérit qui a raison

    je rappelle que la vaccination a éradiqué des maladies de la planète et grâce à elle nos enfants ne meurent plus de la diphtérie ou de la variole, je serais bien ingrate de ne pas le reconnaître … en ce qui concerne cette pandémie, elle fait comme toutes les épidémies de l’histoire : souffler un vent de panique et relayer des peurs, assister à un grand n’importe quoi … si on avait une pandémie de virus Ebola, les gens se battraient pour avoir leur vaccin … bref : je relativise et ne suis pas manichéenne 🙂

    est-ce que vous êtes moins perplexe à me lire 🙂 ?

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