vers le Cap Vert

bye les Canaries, je vous garde dans mon cœur (on m’a fait la réflexion que mes photos n’étaient pas toujours droites avec la mer qui penche, mais c’est que ça bouge et que le bateau n’est jamais à plat, alors j’en prends 50 d’affilée mais ça s’évertue à bouger, sauf en de rares cas, vous me pardonnerez)

ça y est, c’est le jour J, le jour de notre départ de El Hierro, comme à chaque départ le capitaine est un peu sur les dents, il voudrait toujours qu’on parte plus tôt mais moi j’ai bien vu que tous ceux qui partent ne le font jamais avant 11h, le temps que le bateau soit prêt, ou alors ils partent carrément à 6 heures du mat’ au saut de couchette et la tête dans le seau (on l’a déjà fait, c’est dur, faut pas se mentir)

donc ce matin-là je ne coupe pas à son « pas qu’on parte à midi » un tantinet reprochard avec les sourcils froncés pour appuyer son dire, genre que c’est moi qui traîne les pieds, mais honnêtement, on part pour plusieurs jours de nav’ alors qu’est-ce que ça peut faire (et je pense qu’est-ce que ça peut foutre mais vraiment, très sincèrement qu’est-ce que ça peut FOUTRE) qu’on parte à 11h ou à midi ?! mais je la ferme, titiller le capitaine n’est jamais un bon plan

le temps qu’on range tout, que l’on prenne une bonne douche car on ne sait pas quand la prochaine sera tout bonnement possible, qu’on remplisse les réservoirs d’eau, passe un coup d’éponge dans tout le bateau et qu’on manœuvre pour partir … ah ! alors ! cette manœuvre !

imaginez : on a le vent de travers qui nous pousse sur le catway à bâbord, et on n’a rien sur tribord parce qu’on est en bout de quai (prenez votre temps pour lire sinon vous ne comprendrez rien malgré mes explications)

je suis à la barre, le capitaine me dit qu’il va falloir que je passe la marche arrière pour que le nez du bateau pivote vers tribord pendant qu’il tient fermement la dernière amarre par l’arrière (on a déjà enlevé les autres amarres), j’y vais doucement parce qu’il me dit toujours de ne pas y aller comme un âne mais de faire douces manettes, je le vois crier quelque chose, ça se voit bien à sa tête quand il crie, je demande :

  • quoiaaaaa ? (il est sous le vent qui emporte sa voix)
  • il crie de plus belle : mets des gass !! (il dit gass et pas gaz, ouuuuuh ça sent le gass quand je cuisine dans le bateau),
  • moi (voix de crécelle) : mais je suis déjà à 2000 tours !
  • mais VAS-Y ENVOIE DES GASS (rogntudjû) !!!

me voilà dans un beau pétrin, jusqu’où je dois pousser les gass ? mettre des gass, soit, mais combien (je me ronge mentalement les ongles)

il faut dire, pour compléter le tableau,  qu’il y a un tel vent que celui-ci rabat le bateau sur le catway, alors je mets des gaz un bon gros coup, quitte à faire rugir le moteur, le nez du bateau pivote vers la droite selon les prévisions du capitaine qui lâche l’amarre, « passe la marche avant ! » qu’il brame dans un cri d’écorché vif, je passe la marche avant, il saute sur la barre pour me l’arracher des mains, pas le temps de faire des politesses genre passez-moi-la-barre-chère-amie-mais-avec-plaisir-cher-ami, parce qu’on n’a quasiment pas de place pour manœuvrer et moi à la barre je risquerais de massacrer le bateau et le port tout entier, le capitaine vire sec, on est à 10 centimètres du ponton d’en face, il me demande ça passe ?

 … je réserve mon pronostic en regardant Cap de Miol s’approcher dangereusement du ponton, à part retenir ma respiration que peux-je faire, je la retiens comme si elle pouvait retenir le bateau, ça doit me faire un regard vide de tout parce qu’en cet instant je peux vous dire que je sais ce que c’est que faire le vide et attendre dans le vide, pas besoin de faire des plombes de méditation pour y arriver, et puis ça passe, si ça se trouve le coup de la respiration c’est bien, c’est passé crié-je à l’attention du capitaine qui le sait autant que moi maintenant, je vais encore mettre deux heures à faire redescendre ma tension …

bref, on sort du port à midi (qui c’est qu’avait raison) pendant que je galope pour ranger les pare-battages sur le bateau qui roule, on dirait bien qu’on est abonnés au vent qui buffe (autre expression chère au capitaine) et à la mer bien formée …

je ne sais pas si je reverrai un jour les Canaries, partir c’est mourir un peu …

les 3 jeunes gars du bateau d’à côté ont retardé leur départ car ils ont vu sur les prévisions qu’il y avait de la houle, ça a fait rire le capitaine, mais pas moi, j’ai trouvé les 3 jeunes gars bien avisés et le capitaine un peu léger sur ce coup-là … mais bon, nous voilà partis bon train, 25 nœuds quasi dans le dos, alors on tangonne le génois pour ma plus grande joie et le capitaine est content de me faire plaisir, on peut se détendre, et comme dirait le capitaine qui dit houle dit vent et qui dit vent dit on avance (il n’a jamais dit ça mais ça aurait tout à fait pu) 

Passent deux jours et deux nuits à alterner le spi quand il y a moins de vent et le génois tangonné quand ça souffle, ça bouge beaucoup avec cette grosse houle annoncée mais on avance vite et ça c’est cool, et comme en plein atlantique il n’y a pas beaucoup de bateaux, on peut dormir plus la nuit et ça aussi c’est cool … je suis partie avec une angoisse latente, à savoir vais-je être malade, la mer va t’elle secouer le bateau comme un barman agite un shaker d’embuscade (mélange de bière blonde, de calva, de vin blanc, de sirop de cassis et de sirop de citron, je n’ai jamais goûté et je doute que ça se secoue dans un shaker, mais vous avouerez que ça a l’air assez dingue et le nom m’a trop plu) … et bien non, rien de rien, bon appétit, bonne digestion, bon sommeil, pour être tout à fait honnête j’ai juste été uuuuun peu barbouillée quand je cuisinais, ce qui veut dire que je cuisinais, ballotée de droite et de gauche, parfois violemment, j’ai d’ailleurs quelques bleus sur les hanches de me taper un peu partout, mais bref, ce coup-ci je crois que je suis habituée au mieux à la vie sur l’océan, en même temps on n’a pas encore eu de vrai gros temps, ne crions pas victoire trop tôt, mais bon ça s’améliore tout ça !

jour 2, sous génois tangonné, le vent commence à faire des siennes, ça monte, ça descend, ça change, ça adonne, ça refuse, le capitaine est à la table à cartes et moi dans le cockpit, je lui annonce la couleur, et soudain je l’interpelle interloquée, presque paniquée, le vent souffle à 17 nœuds et le bateau est presque arrêté, on avance même plus à 2 nœuds, je me dis que le pilote est foutu, qu’il raconte n’imp’ et qu’on va devoir se taper la barre jusqu’à l’arrivée, ou qu’une pieuvre géante a chopé la quille (papa me laissait regarder des vieux films d’horreur japonais à a télé quand j’étais petite, quelle idée), le capitaine me dit bin ouais, regarde ton génois, et de fait le génois est gonflé à l’envers, le vent a tellement tourné qu’il gonfle le génois dans le mauvais sens et que ça arrête presque le bateau, comme si on se mettait à la cape, il faut remettre le génois du même côté que la grand-voile, ça veut dire enlever le tangon et tout le reste, hop à la manœuvre, ça occupe 

plus de 30 nœuds de vent au portant, on avance à plus de 10 nœuds, le capitaine est content

jour 3, le capitaine me dit qu’on va mettre le grand spi parce que le vent a diminué et que notre moyenne baisse, le premier jour on a poussé des pointes à plus de 11 nœuds s’il vous plaît ! Je plaide ma cause et lui demande de prendre d’abord un petit déjeuner, je ne suis bonne à rien le ventre vide (et pas toujours mieux le ventre plein), le capitaine abonde dans mon sens, c’est certain qu’avec un peu de fatigue je le manipule plus facilement, du moins j’arrive à lui faire entendre certaines choses parce que l’animal n’est pas facilement manipulable, à mon grand dam, on mange et hop on hisse le spi, ça prend bien une heure parce qu’il faut faire plein de choses pour le hisser et que je ne brasse pas assez vite à entendre le capitaine qui me laisse mouliner les winchs histoire de me remplumer les biceps si vous suivez tout ce que je vous raconte 

le capitaine vient de finir d’envoyer le spi, ça claque hein ?

une fois la chose faite, le capitaine va se reposer et moi je garde l’œil, le vent n’arrête pas d’adonner ou de refuser, je lofe et j’abats sans cesse, le spi claque au vent sous l’effet de la houle et des vagues et le bateau avance, certes plus vite, mais en zigzag, et ça j’aime pas, ça fait désordre et c’est ça qui me ficherait presque le mal de mer … je suis bien contente quand la tête du capitaine réapparaît, je lui refile le bébé en lui expliquant comment ça se passe et je vais préparer à manger …

on en est à manger à peu près tranquillement dans le cockpit quand j’entends un grand claquement, bon, et puis je vois passer le spi derrière la tête du capitaine, je me dis tiens qu’est-ce que le spi fabrique là ? c’est un peu comme si en roulant en voiture vous voyez un de vos pneus vous doubler sur la route, je n’ai pas le temps de finir de penser que le capitaine s’est débarrassé de son bol (un bon avocat avec citron vert et sel, c’est notable parce que combien de fois les avocats sont au moins à moitié pourris, et ça n’est pas donné un avocat, ça me fait peine quand je balance 3 ou 4 euros d’avocats à la poubelle, aussi ça me rappelle ma tante qui disait « j’étais pas dedans » quand mes cousins  lui faisaient une réflexion acerbe sur le goût d’une pomme ou d’une pomme de terre ou de tout autre végétable d’ailleurs) et jure « le spi chalute ! », mon sang ne fait qu’un tour, j’ai entendu les pires histoires sur le chalutage des spis, genre que le spi s’est rempli d’eau et que le poids a fait couler le navire, ce spi fait 165 mètres carrés, la taille d’un grand appartement ou d’une maison, alors quand il tombe à l’eau ça peut faire un paquet de flotte qui va dedans, bordel on va pas couler tout de même ?!

on constate que la drisse de spi a pété, du coup le haut du spi a lâché et le spi flotte au vent le long du bateau avec sa chaussette et les bouts (= les ficelles) qui vont avec, toujours tenu par le bras et l’écoute en bas, à tribord si vous voulez tout bien imaginer … le capitaine a regretté que je n’aie pas pris de photos, mais dans l’urgence mon esprit (qui est encore sain) se soucie d’autre chose que de filmer la scène, même si j’avoue que j’aurais drôlement aimé avoir un souvenir … bon, on commence à essayer de récupérer le spi qui vole en partie, l’autre partie étant déjà dans l’eau avec la chaussette, et le bas du spi toujours attaché au bateau par le bras et l’écoute, le capitaine a réussi à attraper les ficelles de la chaussette alors on se met à tirer dessus, mais voilà que le vent s’engouffre dans le spi et le gonfle d’un coup, nous arrachant les ficelles des mains, le capitaine rage qu’il n’aurait pas fallu lâcher, je pense en douce que je ne vais pas m’estropier les mains pour un spi tout de même, et au couteau dans le cockpit fait pour couper un cordage au besoin, je me dis qu’on a qu’à tout couper et puis voilà, cependant j’ai noté que je suis adepte de solutions radicales mais pas toujours appropriées, aussi me contiens-je mais donne mon avis sommaire au capitaine : on n’y arrivera jamais !!! il ouvre les bras (pas pour que je m’y jette, j’ai bien compris) et lance 

  • alors laisse filer le bras !
  • je répète pour être sûre : je laisse filer le bras ?
  • oui !
  • complètement ? (faudrait pas que je fasse une bêtise, je fais toujours répéter le capitaine, je sais que ça lui fait penser que je ne suis pas dégourdie mais moi je sais aussi que c’est la communication adéquate pour ne pas se planter, et dieu sait que je me plante assez malgré tout)
  • mais OUIIIII ! (il a levé les yeux au ciel, j’ai bien vu)

je défais le nœud de 8 et laisse filer le bras, le spi n’est plus retenu que par l’écoute et traîne dans l’eau tout le long du bateau, et même loin derrière, tiré par le poids de la chaussette, je saute sur la jupe arrière et essaie de l’attraper, le capitaine m’engueule, remonte c’est pas prudent ! je remonte et on regarde tous les deux le spi traîner comme un animal mort, une espèce de baleine dégonflée, s’alourdir d’eau, il a l’air de gémir, de mourir sous nos yeux … que faire …

le capitaine décide d’arrêter le bateau et manœuvre pour se retrouver à la cape, on enfile gilets de sauvetage et harnais pour s’attacher au bateau et on descend sur la jupe pour ramener le spi, on tire de toutes nos forces en ahanant, cette fois on est bien content d’avoir de la houle car chaque vague qui vient vers nous nous aide en soulageant le poids du spi et de la chaussette, on tire comme des beaux diables, avec la trouille que le vent s’engouffre et remporte le spi dans l’eau, ou bien que le poids de l’eau l’entraîne et nous avec, le pompon, on est trempés comme deux soupes mais on tire, aspergés d’eau à chaque vague, on tire, mètre après mètre, et moins il y a de spi dans l’eau plus c’est facile à le ramener, alors ça nous encourage, et puis à force de tirer on y arrive, le spi et la chaussette sont entiers sur la jupe, je ramène le bras du spi qui ondule encore dans l’eau comme un serpent, on ne dit rien, on reprend notre souffle, je pense que c’est chouette que l’eau soit à 25 et que ça soit arrivé de jour, je m’effare intérieurement en imaginant la scène de nuit dans une eau à 15 degrés, on attend une ou deux minutes, muets, vidés, les yeux rivés sur le spi, et puis on se regarde et on se met à rire comme deux veaux, je n’ai jamais vu rire un veau mais je peux vous dire que si ça rit c’est comme ça,   … il est plus de 15h, on finit de déjeuner en séchant sur pied, on range tout ça, la journée est passée, il fait nuit vers 19 heures 

le spi récupéré trempé, la chaussette et ses bouts

jour 4, on met le spi léger avec la drisse de gennaker, je me demandais si le capitaine y penserait, mais bon, si moi j’y pense vous imaginez bien que le capitaine aussi

Poissons volants explosés dans le cockpit, les pauvres, ça a mis des écailles partout, c’est dire à quelle vitesse ils se sont explosés (et qui c’est qui ramasse les écailles ? … personne 🙂 )

trace du crash d’un poisson volant

matin gris et frais, du vent, le capitaine prend une douche sur la jupe avec le harnais, tout juste s’il n’a pas les lèvres bleues, il m’encourage à l’imiter, je l’envoie balader et chauffe de l’eau dans une casserole, me lave au gant de toilette comme le faisait ma grand-mère à la ferme et moi de même, le capitaine est sur la réserve, on ne sait pas combien de temps va durer la bouteille de gass et il préfère pouvoir cuire des nouilles que de me voir me laver à l’eau tiède, fût-ce dans un bol, je l’ignore royalement

un voilier passe tout près de nous, jusque là on était tout seuls, on échange sur la VHF, je suis quasi hystérique, ici Cap de Miol à vous Irène 4, où vous allez over, c’est marrant de parler à la VHF, quand j’ai passé mon CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphonie) je n’ai appris que de la théorie et n’ai pas touché une seule VHF, autant dire que je n’ai rien appris 😀

du coup j’ai regardé plus tard sur internet combien de bateaux traversent l’Atlantique chaque année, l’estimation de 2015 c’est 1200, quand on sait que l’Atlantique fait 6.88 milliards de mètres carrés, on voit qu’il y a peu de chances qu’on se salue de si près

un ami !

le soir on affale le spi par prudence, la drisse de gennaker a bien vécu et on n’a pas envie de remettre ça, on remet le génois tangonné, je loue la sagesse du capitaine, on passe la nuit peinardos

jour 5, pétole, mer calme, soleil et ciel bleu comme c’est bon, un banc de dauphins vient nager et sauter le long du bateau, je galope à la poupe pour les admirer en m’exclamant que c’est comme dans les films qui passent à la télé 

le capitaine se baigne accroché à l’échelle de la jupe et m’exhorte à faire de même, cette fois je n’y coupe pas, je reste longtemps accroupie sur l’échelle à lui expliquer que ça tire trop fort et que si je m’allonge dans l’eau je vais tout lâcher, penché au-dessus de la jupe il me rétorque que si je vais à l’eau il viendra me chercher et il commence à hausser le ton, je vois bien que je l’énerve quand je suis timorée, alors je m’allonge sur l’eau, c’est vrai qu’elle est vachement bonne mais que ça m’agrandit  les bras de me faire tirer par le bateau, on avance à presque 5 nœuds, je dois m’agripper de toutes mes forces (ou presque) pour remonter sur le bateau, soulagée, et puis je prends ma douche sur la jupe, première fois que je prends une douche sur la jupe en plein atlantique, je l’ai toujours fait au mouillage jusqu’ici, en nav’ c’était gant de toilette tranquillou dans le cabinet de toilette 

faut pas lâcher l’échelle (la photo a été prise une autre fois, quand le capitaine était de bon poil hahaha, mais je vous la mets pour que vous voyez à quoi ça ressemble)

on met le spi léger pour avancer, et puis quand le vent passe à 20 nœuds on l’affale et on remet le génois, et puis quand le vent retombe on hisse le spi qui avait chaluté pour le sécher, tout ça fait que la nuit arrive et qu’on n’a pas vu passer le jour 5, on mange je ne sais plus quoi, le capitaine décide de laisser le spi cette nuit sinon on n’avancera pas, alors on se relaie pour surveiller le spi comme du lait sur le feu (on a peur que la drisse de gennaker pète), et voir s’il y a des bateaux à l’approche de l’île de Sal qui ne devrait plus tarder sous spi, je fais le premier quart et réveille le capitaine à minuit et demie en lui disant qu’il faudrait bien qu’on empanne pour retrouver le bon cap (on s’est un peu écartés de la route pour avancer sous spi) , il me dit qu’on le fera plus tard et à 2 heures et demie il vient me chercher pour empanner, aaaaah les manœuvres de nuit avec la tête dans le cul ! avec les gilets de sauvetage et les flash-light ! avec les lampes frontales et le projecteur de pont ! avec les ciels étoilés pour se dire que même si on dormi seulement 2 heures c’est drôlement joli et que ça vaut le coup d’empanner nuitamment !

nuit sous spi
la lune nous éclaire et on voit bien la grosse étoile

on affale le spi, on empanne, puis génois tangonné, c’est au tour du capitaine de se reposer, je mange une barre de céréales au chocolat (😋) et je me rends compte que je n’ai plus peur quand on manœuvre, je suis attentive à ne pas me blesser, encore que je m’explose régulièrement la tronche dans le portique de taud parce que j’obéis trop vite au capitaine sans réfléchir, dites donc faudrait pas qu’il s’en rende compte et m’ordonne des trucs bizarres pour voir si j’obéis à n’importe quoi 😵‍💫 

jour 6 : terre ! crie le capitaine sur une voix de dessin animé pour me faire rire (ça marche trop, je me bidonne), on arrive au mouillage de Palmeira sur l’île de Sal, Cabo Verde, d’emblée on voit que c’est un autre monde … j’en ai entendu des vertes et des pas mûres sur le Cap Vert, mais je sais aussi que la nature humaine a tendance à colporter toutes les histoires qui font peur, je me dis qu’on verra bien et je que justement je suis là pour voir

arrivée sur l’île de Sal

Pour tout comprendre (il y a des choses que j’ai déjà expliquées mais j’ai pitié de ceux qui sont comme moi et ont besoin qu’on leur répète certaines choses)(le capitaine me dit d’un ton pointu « je te l’ai déjà dit ! »)

  • On dit que le vent adonne quand le vent, dont la direction évolue, s’écarte de l’axe du bateau lui donnant une marche favorable – en fait c’est favorable quand le vent vient de devant, mais défavorable quand on est au portant (ça c’est le capitaine qui me l’a appris et pas les livres)
  • Le vent refuse, contraire d’adonner, lorsque son changement de direction oblige un voilier au prés serré (vent qui vient sur l’avant) à s’écarter d’un point situé au vent
  • Lofer c’est manœuvrer le navire de manière à rapprocher le voilier de l’axe du vent
  • Abattre c’est le contraire, on manœuvre pour éloigner le bateau de l’axe du vent
  • Mettre le voilier à la cape consiste à immobiliser son voilier, à le stabiliser, à le laisser dériver. C’est une manœuvre simple de sécurité. Une fois son voilier à la cape, celui-ci a un comportement très doux, reposant pour l’équipage.

Le bras du spi et l’écoute du spi

  • 2 écoutes (en rouge et vert). Une s’appelle bras (en vert) il s’agit de l’écoute qui va vers le tangon, l’autre (en rouge) s’appelle simplement écoute.
  • 1 drisse, en orange, qui hisse le spi (c’est ce qui a pété à cause du ragage, c’est à dire de l’usure due aux frottements, au claquement à cause du vent, des vagues etc …)
  • La chaussette à spi, permet d’envoyer et d’affaler le spi. C’est un fourreau en tissu équipé d’un bol ovale pour faire glisser la voile dedans. Quand le vent se prend dans la voile, elle se gonfle en entraînant la chaussette vers le haut.

ci contre j’ai trouvé une photo où on voit bien le spi dans sa chaussette avant de l’envoyer (le capitaine ne ressemble pas du tout au monsieur de la photo, qui est sûrement très gentil mais vraiment moins beau que le capitaine)

  • rogntudjû : les fans de BD auront reconnu le juron de Prunelle dans Gaston Lagaffe

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

8 commentaires sur « vers le Cap Vert »

  1. Bonjour Isabelle et Marc,

    Nous sommes accros maintenant de suivre votre fabuleuse aventure et merci à toi Isabelle pour ces beaux récits qui nous permettent de partager vos plaisirs mais aussi vos difficultés !!!

    Quel courage Isabelle !!! Belle continuation et prenez soin de vous 2 Ici tout va bien avec un temps de plus en plus frais !!! En attendant la suite !!! Bises Nicole et Robert

    Envoyé de mon iPhone

    >

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