6 heures du mat’

un œil averti verra à quelle allure nous naviguons !

c’est tôt, certes, mais on lève l’ancre bon pied bon œil pour filer à Las Aves de Barlovento (ça veut dire au vent) (il y a aussi Las Aves de Sotavento sous le vent) qui est évitée par la plupart des navigateurs, on nous a même dit qu’il faut passer au Nord de ces îles pour éviter les pêcheurs au Sud et naviguer trop près du Venezuela, ça me fait un peu déglutir, je demande au capitaine s’il y a un intérêt quelconque à y passer, je crois que l’intérêt le plus probant qu’il pourrait y voir serait justement que beaucoup de navigateurs les évitent, mais faisons fi du danger mille sabords, en même temps quand on lit les avis de ceux qui y sont passés ou les tours opérateurs il paraît que c’est beau, mais d’autres racontent des histoires tout bonnement effrayantes et les gouvernements disent qu’il faut éviter tout voyage au Venezuela en raison du nombre élevé de crimes violents, alors que faire ?

Pour moi le choix n’est pas difficile, je fais ce que dit le capitaine, quand j’ose lui soumettre un avis contraire au sien il grommelle que je suis têtue, ce à quoi je rétorque que je défends mon point de vue, je ne vais quand même pas dire amen à tout, tout capitaine qu’il soit, bref on y va, il faut y arriver assez tôt quand il fait jour pour voir les fonds … j’ai appris en navigant aux Roques que naviguer dans un atoll est risqué, l’eau y est peu profonde et c’est parfois un euphémisme, il y a des cayes et des secs à droite à gauche, quand le soleil est suffisamment haut et derrière nous cela nous permet de voir ce qui se passe en dessous, et puis la couleur de l’eau nous renseigne, mais c’est délicat, ouuuuh bien délicat, on navigue avec la carte Navionics sous les yeux pour bien voir où on passe, le capitaine est à la barre et moi je tiens la tablette à côté de lui en scrutant la mer pour bien lui montrer que je suis avec lui, j’ai l’impression  de tenir la partition d’un violoniste pour qu’il puisse jouer sans faute, je guette le bon moment pour tourner la page, le capitaine râle qu’il ne voit pas bien comme si c’était moi qui lui mettait des rayons de soleil dans les yeux pour l’aveugler, alors je tourne la tablette dans tous les sens, hâtivement, faudrait pas l’énerver outre mesure, il finit par la saisir d’un geste vif, heureusement qu’il n’est pas violoniste sinon il en lâcherait son instrument et me congédierait sur le champ pour ma désespérante inutilité … on navigue ainsi tous deux au milieu des dangers de tout poil …

Vous avez compris, Las Aves de Barlovento c’est un atoll et il faut y arriver de jour avec assez de lumière pour ne pas se planter, ce que nous faisons avec maestria (je crois qu’aujourd’hui ça va y aller avec les métaphores musicales) mais une tension certaine, l’un comme l’autre sommes attentifs à bien voir où nous passons, parfois le capitaine me dit d’aller à l’avant du bateau pour regarder ce qui se passe sous l’eau bien que je lui aie avoué n’avoir absolument aucune idée de la profondeur de ce que je vois, ceci malgré les lunettes de soleil polarisées (il dit pola, à chaque fois son ton me fait penser à Valérie Lemercier dans les Visiteurs) adaptées à ma vue qu’il m’a obligée d’acheter pour bien voir tout ça, ah ça pour bien voir je vois bien, mais les lunettes ne me renseignent pas sur la profondeur de ce que je vois, c’est à 1,5 mètre ? 2 ? 3 ? je vous y verrais tiens …

On ne le distingue pas sur cette photo mais les arbres sont remplis d’oiseaux

En tous cas on fait tout bien comme il faut et on mouille en fin de matinée dans un endroit où je n’ai jamais vu autant d’oiseaux de ma vie ! Incroyable ! Mais  quand on sait que Las Aves ça veut dire les oiseaux, la lumière s’allume à tous les étages dans les plus reculés et obscurs coins de ma cervelle 

Et puis il y a un bateau de pêcheurs un peu plus loin, on n’a encore pas fini de ranger le bateau qu’on en voit 2 arriver dans ce qui leur sert d’annexe, une barque qu’ils écopent au fur et à mesure de leur avancée, leurs rames sont des bouts de bois avec des couvercles de bidon attachés à la one again bistoufly, les 2 pêcheurs ont des mines quasi patibulaires (adj : physionomie d’un coquin, d’un homme qui mérite la potence) , je chuchote à l’oreille du capitaine que si j’étais metteur en scène je les embaucherais pour faire des méchants dans Zorro, capitaine qui saute gracieusement sur la jupe arrière, saisit le bout qu’un des pêcheurs lui tend et l’attache au bateau, s’en suit une conversation décousue, nos nouveaux amis ne parlant pas anglais et le capitaine ne connaissant que quelques mots d’espagnol, ils comprennent et acquiescent quand je leur propose une cerveza (vous aurez noté que ça je connais), le capitaine regarde l’heure en soupirant car ça fait tôt pour se mettre à la bière qu’il consomme en y mettant bravement du sien par pure politesse, je m’abstiens, note qu’aucun de ces messieurs ne m’invite à en boire une avec eux ce qui pourrait amplement émouvoir ma part féministe dans un autre contexte, reste debout sur la descente et observe les énergumènes (une bière réussit à me rendre pompette et je veux garder toutes mes instables facultés) , il y en a un qui se plaint du soleil et jette des coups d’œil furtifs dans le bateau, nous éludons bien que nous ayons compris qu’il voudrait qu’on les invite à monter dans le bateau (il a vu la vierge lui) et l’autre garde les yeux plissés et ne dit pas un mot mais inspecte tout sur le bateau, je suis sur mes gardes, je demande « bambino ? », je présume que de parler de leur famille ne peut que les attendrir, j’en profite pour placer que j’en ai trois (grâce à Enrique Iglesias je connais le tres) genre qu’il ne faudrait pas faire 3 orphelins, celui qui plisse les yeux montre une poulie du bateau et fait des gestes qui démontrent que ça sert à monter des trucs lourds, le capitaine abonde, je lui souffle que je crois qu’il veut la poulie, évidemment, alors le capitaine lui donne la poulie, ils sont bien contents et finissent par s’en retourner en disant qu’ils reviendront demain après la pêche et en nous demandant si on sera là, oui on sera là …

Le bateau des pêcheurs, le capitaine dit des »péchous« … c’est d’un beau tout ce bleu …

A peine sont ils partis que je dis au capitaine que les regards du plus vieux ne m’ont pas plu, il me dit qu’il ne faut pas voir le mal partout, certes, mais il ne faut pas le voir nulle part non plus, plus tard on entend gueuler fort et longtemps sur leur bateau où ils sont 8 depuis trois mois, une vie pas facile je vous l’accorde, pour autant si on leur donne nos poulies et nos rames on sera bien embêtés … je dis au capitaine que je préfère partir ce soir, je ne suis pas tranquille, encore plus tard ils repassent à 3 sur leur barque, le 3ème a une mine qui fait passer ses congénères  pour des enfants de chœur, il demande du Coca-Cola que nous n’avons pas, adios amigos, le capitaine a finalement un doute sur la bonté présupposée de ces gens là (je ne dis pas qu’ils ne sont pas gentils, je dis que le doute est de mise), lui reviennent en mémoire les fameuses histoires pas trop plaisantes du coin, il me dit qu’on y va, il est presque 18 heures, il fait encore jour, on peut partir, hop on lève l’ancre et on s’éloigne …

Le capitaine suggère qu’on n’a qu’à suivre le tracé de la route qu’on a prise pour arriver entre les récifs de coraux pour être certains de ne pas se planter, soit, on a le soleil en pleine poire et on ne voit rien, je vais chercher la partition (Navionics) et on avance en guettant les fonds, le capitaine est à la barre, soudain je m’exclame ! 2 mètres 50 !

bon … Navionics donne 7 mètres alors on avance, on va avoir plus d’eau, c’est Navionics tout de même !

2 mètres ! (glurps)

Putain 1 mètre 30 ! pas le temps d’ajouter quoi que ce soit que

CRAAAAAACCC !

Quoi ?! Quoi ??!!

On est plantés bordel ! Hurle le capitaine !

Il met la marche arrière, CRAC CRAC et RECRAC ! ça fait un de ces bruits ! le bateau ne bouge plus, pris au piège, il oscille juste de droite et de gauche, planté sur la quille, prisonnier des coraux, le capitaine essaie de manœuvrer au moteur mais que dalle, les craquements que l’on entend sont de trèèèèès mauvais augure, tout mon corps se rétracte comme inondé de jus de citron vert …

Debout dans le cockpit je pense qu’ironie de l’histoire, il va falloir aller demander de l’aide aux pêcheurs pour qu’ils nous sortent de là, que Cap de Miol va finir ses jours en épave et que des navigatrices écervelées diront qu’il faut être sacrément bête pour aller se planter sur des coraux, qu’il suffit de regarder la carte et où on va, je pense aussi aux affaires qu’il faut que je prenne, à celles que je vais devoir abandonner, et qui feront la joie des pêcheurs (ou leur étonnement), où est-ce qu’on va pouvoir prendre un avion pour rentrer, comment m’y prendre pour consoler le capitaine … je suis déjà résolue, se battre contre les évidences est inutile … (j’avoue ici qu’on n’a pas suivi le tracé de la route qu’on avait faite pour arriver, on est con qu’est-ce que vous voulez)

Le capitaine me dit que hop on met le génois, pauvre capitaine désespéré qui croit qu’on peut sortir de là à la voile ! faut-il être nigaud ! le vent va s’engouffrer dans le génois et empirer nos affaires et puis c’est tout !

Je suis à un doigt de lui dire d’arrêter le massacre et qu’il vaudrait mieux qu’on fasse des signes aux pêcheurs mais il ajoute dans la foulée qu’on va mettre le génois à contre et me met à contribution, soit capitaine, qui ne tente rien n’a rien, de toutes façons on est fichus alors, et puis gare à moi si je n’obéis pas à tout et à n’importe quoi en cet instant de tension intense

On déroule un petit bout de génois et on tend la contre écoute … rien … rien de rien … par chance il n’y a pas de rafale qui couche le bateau en lui faisant un croche patte, ce qui hâterait notre évacuation parce que l’eau s’engouffrerait joyeusement dedans, je suis dans les starting-blocks pour bondir mettre mon ordi et mes bouquins dans un sac étanche …

et puis … frémissement … (le capitaine se fige)

le bateau bouge …

recule …

ah ouais ?

recule encore … (il ne respire plus)

ça marche ? …

encore …

ça grince, ça couine, ça racle

ah ! on dirait que ça flotte un peu maintenant ?

oui ! oui ! ouiiiiiii !

on sort du piège de corail ! (il maugrée qu’on est con) (en même temps ça serait tellement moins rigolo si on ne l’était pas)

La nuit tombe quand nous sortons des Aves, si je pouvais faire un autel à la gloire du capitaine je le ferais, une petite vierge Marie avec des clignotants dans un coin de cabine, et quelques fleurs en plastique pour le bon goût, avec une jolie petite inscription bien sentie : gardez le capitaine en votre sein, comme d’hab je ne lui dis rien de mes pensées antérieures qui dénotent de cette belle et rapide capacité d’adaptation qu’il apprécie en ma personne, mais je crois que je vais parfois trop vite en besogne, lui en est certain, même que je suis sûrement zinzin (je le suis mais le nie quand ça m’arrange) (maman fait ça très bien, elle a perdu la boule mais elle est capable de le cacher aux moins malins, elle est hyper fortiche à ce jeu là) (j’en ai toute une liste de moins malins qui gobent son cinoche, si j’étais méchante je les balancerais 😏)

genre ça … j’adore !

Nav’ de nuit vers Bonaire, une des ABC, parfois on voit des feux de navigation d’un bateau qui n’est pas signalé sur l’AIS, le capitaine m’ordonne alors de couper nos feux et notre AIS pour qu’on ne soit pas repérables, on ne sait pas quelles seraient les intentions des autres bateaux non signalés, je finis par dire au capitaine que si tous les bateaux font comme nous ça va faire des collisions, ça le fait rire (un peu jaune) et il remet nos feux de nav’ et notre AIS, mais quand c’est à mon tour de quart je coupe tout aussi, longuement, parce que je distingue un bateau et que tous les récits entendus refont surface et que j’ai vu le film Capitaine Philips … c’est chouette de naviguer tous feux éteints, on voit beaucoup plus de choses dans la nuit noire et sans lune … 

Il est prévu qu’on y arrive tôt le matin, ce que veut le capitaine car on ne peut pas ancrer à Bonaire, il faut automatiquement se mettre dans une marina ou sur bouée, et on ne peut pas réserver, c’est la loi du premier arrivé premier servi, donc on serait de toutes façons partis un soir des Aves et on n’aurait pas vu les fonds (je l’articule bien audiblement au capitaine par crainte qu’il ne décide que tout est de ma faute parce que j’ai eu peur des pêcheurs et que nous sommes partis au mauvais moment) maintenant on sait qu’il y a des endroits où on ne peut pas se fier à Navionics, malgré cette évidence le capitaine enrage de s’être fait avoir comme un bleu, c’est à peine si mon admiration sans borne (qui ne fait que s’aggraver avec ce sauvetage de main de maître) lui met un peu de baume au cœur, il répète qu’on aurait dû suivre la trace que l’on avait faite à l’arrivée, qu’il sait bien qu’avec le soleil dans la gueule on ne voit rien, il tourne et retourne le couteau dans la plaie, on se relaie dans les quarts, je découvre Bonaire en me réveillant de trop peu de sommeil …

Arrivée à Bonaire au petit jour (on a traîné en route pour ne pas arriver de nuit)

On se dirige allègrement vers la marina Flamingo à Kralendijk

arrivés par le sud

et alors on est prévenus : il y a beaucoup de fond dans la baie et puis ça remonte à toute vitesse, ça se voit à l’œil nu, l’eau est bleu marine et soudain bleu turquoise, là où c’est turquoise c’est du sable et pas de fond, on arrive à la marina, l’entrée de la marina est toute étroite, on voit une bouée verte quasiment collée à un mur, le capitaine me demande si la signalisation est zone A ou B, on la laisse à droite en entrant comme en Europe ou à gauche comme aux Antilles et aux US ? coup d’œil sur Navionics qui ne donne aucune indication sur le fond dans cette zone, la bouée verte est tellement près du mur qu’on ne doit pas avoir la place de passer entre elle et le mur, et puis il y a des bouées rouges à bâbord, alors on passe à gauche de la bouée verte, comme en Europe, on est en Hollande après tout …

mmmmh, 2 mètres 50, on serre le cul …

2 mètres ? ….Naaan ?

1 mètre 40 !!! Horreur malheur ! le bateau s’immobilise ! paf paf et repaf ! On est replantés !

7 heures du mat’ et on est plantés sur le sable de l’étroit chenal d’entrée de la marina !

On se regarde comme deux imbéciles, qu’avons-nous fait au Bon Dieu pour qu’il nous punisse aussi cruellement ?! (Bouddha est moins impitoyable)

Mais l’heure n’est pas aux lamentations, il faut sortir de là, la honte de la honte de la triple honte, c’est parti pour d’inutiles manœuvres au moteur, des gens du cru sont accourus et se tiennent debout au bord de l’étroit chenal (je sais que je me répète sur cette étroitesse mais c’est pour vous le mettre dans la tête car c’est tellement étroit comprenez vous) et nous explique moitié en hollandais moitié en anglais qu’il faut attendre que la marée monte pour se dégager, m’est avis qu’on n’est pas les premiers, comme on est plantés on a tout le temps de distinguer que s’il n’y a pas de bouée rouge pour marquer le passage il y a un ballon rose collé au mur, pas très orthodoxe le marquage … en même temps il aurait fallu laisser la bouée verte à gauche au lieu de penser, quelle idée a t’on eue de penser ! le capitaine enfile son maillot de bain et saute à l’eau pour voir ce qui se passe, il émerge pour me dire qu’il veut attacher une corde au bateau pour le faire gîter depuis le bord de ce putain d’étroit chenal, ce qui le mettra à la gîte et le libèrera, parce que sinon tintin pour avoir une place vu que la marée haute est prévue pour 11h et que le marnage n’est que de 6 centimètres, une misère, comment pensez-vous soulever tout un bateau avec seulement 6 centimètres d’eau en plus ?…

Photo de la situation sur la tablette avec Navionics

Mais je l’interromps soudain, je sens que le bateau bouge, il dit que non, j’insiste, il bouge te dis-je ! le capitaine remonte et constate, remet le moteur en douceur, on se dégage allegro ma non troppo du sable et on sort de cet étroit chenal en marche arrière, les locaux nous font des signes amicaux et nous souhaitent bonne chance, nous revoilà dans la baie, on file à l’opposé dans le coin des bouées et on en trouve une de libre, manœuvre ! car il faut l’attraper la bouée ! Le capitaine n’ayant pas eu la tête à m’expliquer sa stratégie, moi encore moins à la lui demander, on se retrouve avec les amarres toutes emberlificotées, ça nous prend du temps pour régler tout ça, ça sent bon la journée de merde 🥴

Il part ensuite courageusement en annexe pour les formalités (quand on navigue de nuit je vous assure que c’est courageux de prendre sur soi pour partir en annexe au lieu de dormir un bon coup) tandis que je prends une douche et compte faire un petit somme, mais à peine m’allongé-je qu’il revient me faire lever, les autorités veulent me voir aussi, c’est nouveau, d’habitude l’équipage n’intéresse absolument pas les autorités, seul compte le Master and Commander, alors on y retourne tous les deux … ce qui me fait découvrir Bonaire ! des vrais magasins qui vendent des vraies fringues ! des restos ! des banques ! du free wifi partout ! la civilisation en bonne et due forme c’est bon y’a pas à dire, après les formalités on mange un morceau dans un petit bistro et tandis que le capitaine me dit qu’il faut maintenant aller à l’immigration, je lui explique avec une conviction toute féminine que je ne l’accompagne pas mais que je vais faire de cette chose inutile autant que farfelue à ses yeux qui s’appelle du … shopping ! du shopping ! joie dans les cœurs ! je m’exécute avec brio (une petite robe avec des pompons et un sac avec un beau paon pour se promener avec la robe, ça va saigner !)  et on se retrouve plus tard au même bistro, on retourne au bateau, le capitaine est perdu dans de sombres pensées, moi je suis passée à autre chose mais je vois qu’il ressasse (que ne s’est-il acheté un short hawaïen)

La vue depuis le bistro qui est devenu mon QG pour ces quelques jours grâce à son excellent wifi
Une rue de Kralendijk

On reste à Bonaire le temps dont j’ai besoin pour travailler tandis que le capitaine va faire du snorkeling et de la plongée et s’en trouve enchanté, surtout dans le coin de Klein Bonaire hyper réputé pour ses spots de plongée, je n’ai pas le temps de nager et mon orteil ne me le permettrait pas mais l’eau est si claire que je vois passer des poissons bleu marine tout autour du bateau, malgré les paquebots qui arrivent et partent l’un après l’autre en y allant gaiement de leur pollution …

et puis il est temps de repartir pour continuer notre route vers Curaçao

Nuit au mouillage de Bonaire

Ce petit plus qui va vous enchanter !

One again bistoufly : fait à la va-vite, de manière négligée ou simplement pour imiter un accent ricain, les déclinaisons sont pléthoriques : one again and bistoufly, Won again a bistoufly, wanagain boustifaille… S’il existe un consensus quant à la signification, l’origine de l’expression, elle, est totalement obscure.

Caye : zone proche d’une côte caractérisée par une faible profondeur, souvent en sable ou composée de corail, caye signifiant ce qui limite.

Un atoll est une île (ou plusieurs îlots appelés motu) des mers tropicales, formée de récifs coralliens qui entourent une lagune centrale d’eau peu profonde, le lagon.

Sur cette photo aérienne on peut voir tous les dangers affleurant l’eau qui guettent les navires

Les îles ABC ou Petites Antilles Néerlandaises sont trois îles faisant partie des îles sous le vent au large de la côte vénézuélienne : Aruba à l’ouest, Bonaire l’est, et Curaçao. Elles font partie du Royaume des Pays-Bas. Aruba et Curaçao ont un statut particulier ; Bonaire est depuis 2010 une municipalité à statut spécial.

Capitaine Philipps : (excellent) film qui retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens.

Balisage d’entrée dans les ports : pour aborder un chenal, on considère que l’on vient de la mer et l’on se dirige vers la terre, les marques latérales balisent la route à suivre avec des marques rouges à bâbord et des marques vertes à tribord ceci dans le monde entier (zone A) SAUF sur le continent américain, dans les Antilles, au Japon, la Corée et les Philippines (zone B) … mais comme Bonaire est Hollandaise et que la bouée verte était presque contre un mur, on s’est malencontreusement posé la question …

Le marnage est la différence de niveau entre la marée haute et la marée basse d’une marée

Bonaire offre des possibilités de plongée sous-marine 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Il existe plus de 85 sites de plongée officiels à Bonaire. C’est un vrai paradis sous-marin avec plus de 350 espèces de poissons et 57 espèces de coraux mous et de coraux de pierre.

Quand on séchoue : pour se sortir d’une telle situation, ou du moins, limiter les dégâts, la rédaction de Voiles et Voiliers vous donne ces quelques conseils (que le capitaine connaissait, il sait tout !) :

  • Faire gîter le bateau avec un cordage est une bonne idée si un bateau qui se trouve à proximité (ou des locaux sur un mur juste à côte) vient porter assistance.
  • Toujours dans le cas où un bateau se trouve à proximité, on peut mettre une ancre à l’avant et bien raidir la chaîne. On évite ainsi au bateau d’être poussé davantage vers la côte, et il n’y a plus qu’à attendre que la marée remonte.
  • S’il n’y a pas d’autre bateau dans les parages et si la marée continue à descendre, alors on tente de protéger au maximum la coque du bateau avant qu’il ne se pose sur le sable. Pare-battage, matelas, couvertures, oreillers… tout peut y passer.
  • Sur le littoral français, en cas d’échouement, vous pouvez contacter la SNSM pour être remorqué. Une opération qui a un coût. Pour un bateau de 11 mètres par exemple, le tarif pour 1 heure d’opération menée par le canot tous temps est de 600 euros. Alors on regarde bien les horaires de marée et le sondeur pour éviter de s’échouer et de mobiliser des secours…
  • Et sinon, vous pouvez aussi vous laisser tenter par l’échouage volontaire (à ne pas confondre avec l’échouement qui est involontaire) avec un bateau conçu pour cela. N’hésitez pas à aller consulter le dossier consacré à ce sujet dans le numéro 599 du magazine Voiles et Voiliers .

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

10 commentaires sur « 6 heures du mat’ »

  1. Coucou Isabelle, eh bien que de frayeurs, cette partie de l’aventure n’a pas été de tout repos ! J’ai frémi pour toi plus d’une fois en te lisant ! Une visite à Aruba est-elle prévue ? J’y suis allée (en 1996 !) et j’avais beaucoup aimé. Je crois que je n’ai jamais revu de sable aussi fin et blanc, on aurait dit de la farine ! Bisous et bonne continuation (plus sereine si possible !)

    Aimé par 1 personne

  2. on ne s’est pas arrêtés à Aruba, c’est dommage mais si on s’arrête partout notre tour du monde va durer des années et des années ! aux îles Roques aussi on aurait dit de la farine le sable, ais le plus blanc que j’ai vu depuis notre départ c’est à Fuerteventura, incroyable ! j’espère aussi que la suite sera plus sereine, mais bon, l’aventure c’est l’aventure 😉
    et toi, toujours en Guadeloupe ?

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  3. Et quelle aventure ! 😉 Quant à moi, toujours en Guadeloupe, jusque fin mai. Mais c’est plus tranquille… et pour l’instant, tant mieux.

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  4. Eh bien , mouvementé cette fois !!! Je n’aurais pas bien aimé les mines patibulaires des pêcheurs non plus (les frères Patibulaires m’évoquent le Journal de Mickey !) et votre décision a été la bonne +++.
    Hâte de voir la robe à ponpons 🙂
    Bisavous 🥰🥰🥰

    Aimé par 1 personne

  5. WoW Isabelle! Quel épisode! Tout sauf « one again bistoufly! » Ton autel à Marie est de toute beauté! Et tes photos me font rêver quand ici la neige persiste et le décor reste gris sous un ciel pourtant si bleu en ce lundi matin. Le capitaine semble aimer les défis de taille qui lui offrent finalement toute ton admiration! Une chance que tu es là…avec ta bonne étoile ⭐️. Bisous Isabelle ⭐️

    Aimé par 1 personne

  6. ah merci d’apprécier cet autel à sa juste valeur Marithé 🤗 et j’espère que le temps va enfin s’améliorer chez toi, je suis à Panama et ici il pleut des cordes ! et oui, j’éprouve énormément d’admiration pour le capitaine, qui la mérite amplement je dois dire ! je t’embrasse 😘

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  7. kioukiou ma chouminette 🥰mé toutafé ils avaient bel et bien la troche des frères patibulaires de Mickey, tu m’as dit ça et instantanément j’ai vu une image d’un livre de chez mémère 😀! et oui je te montrerai la belle robe à pompons (en fait j’ai coupé ceux des manches parce que je les aurais balancés ni une ni deux dans la soupe) on t’embrasse fort mais moi beaucoup plus fort encore, et un peu pour Benoît mais nettement moins fort aussi 😘😘😘❤️❤️❤️

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