Transpac 3/3 quand est-ce qu’on arrive à la fin ?

le ciel a mis ses plus beaux nuages

26 avril

Bon anniversaire papa, il aurait eu 88 ans aujourd’hui, les dernières années de sa vie c’est ce qui l’intéressait le plus, quel âge j’ai, il le demandait une cinquantaine de fois par jour, et à chaque fois il n’en revenait pas d’être allé jusque là

(À la fin du silence se trouve la réponse. À la fin de nos jours se trouve la mort. À la fin de notre vie, un nouveau commencement. Lao Tseu)

Bon, mais cette drisse ?

En se levant le gennaker était toujours à sa place, et j’ai bien senti cette nuit que le vent ni la mer ne s’agitaient, j’ai demandé au capitaine si on regardait de suite où en était la drisse, d’un air détendu (rareté quand il s’agit de manœuvres tout du moins) (rareté) il a dit après le petit déjeuner, après le petit déj ça veut dire aussitôt la dernière bouchée avalée mais bon, on est en bateau et pas au Club Med, donc on affale en laissant le point d’amure et l’écoute en place et on descend juste la drisse, c’est moi qui lâche la drisse, allez vas-y vas-y ! alors j’y vais, douuuucement !!!! alors je ralentis, le capitaine est assis sur le pont et attrape la voile au fur et à mesure qu’elle descend, des fois le vent s’engouffre dedans, elle se gonfle d’un coup sec et s’envole des mains du capitaine qui m’appelle à la rescousse pour que je l’aide à mettre la voile à l’intérieur des filières afin d’éviter qu’elle ne s’envole encore, je vais à l’avant du bateau en titubant, la démarche sur un bateau est dramatique, on dirait que j’ai 120 ans et que j’hésite à me lancer pour descendre d’un trottoir sans me casser la gueule

  • Vite ! viiiiiite !!!!
  • ouiiiiii !

il me le répète assez en dehors des manœuvres : pas de précipitation ! mais pendant les manœuvres je devrais toujours aller plus vite selon lui, mais je ne me précipite plus, mon orteil m’ayant bien servi de leçon (il est réparé mais reste tordu), une fois j’ai même eu l’outrecuidance de lui répondre que je n’ai que deux bras, quelle insolente je peux faire quand je m’y mets

Je mets le gennaker à l’intérieur des filières et retourne au winch pour terminer de laisser filer la drisse, et voilà le gennak sur les genoux du capitaine qui prend la drisse dans sa main, elle est déjà pas mal entamée alors on coupe le morceau abîmé (moi je tiens, lui il coupe, on est une fière équipe) et on rattache la drisse au point de drisse et on envoie le gennak à nouveau … 5 minutes après il se demande à voix haute s’il ne va pas envoyer le pépin (comprendre le spi), je ne moufte pas et vote en mon for intérieur de patienter, lui annonce, pour le distraire de cette idée saugrenue, que c’est au tour de la corvée d’eau si je puis dire : chercher un bidon de 5 litres sous un plancher, bouteilles vides et entonnoir, je tiens les bouteilles vides et l’entonnoir et le capitaine verse l’eau, il faut être 2 avec le roulis du bateau, c’est bon pour la journée, je regarde les jauges pour voir ce qu’il reste dans les réservoirs : la moitié ! Impeccable ! il faut dire que laver la vaisselle et prendre des douches à l’eau de mer, ça limite la consommation d’eau douce, comme on ne sait jamais ce qui peut arriver et combien de temps on va mettre, il faut é-co-no-mi-ser

17 nœuds de vent, on avance à 7/8 au portant, on ne tardera sûrement pas à envoyer le pépin

vous me direz que parler de corvée d’eau est un bien grand mot, mais je vous rappelle que nous avons dû la faire au déssal’ préalablement et que ça prend quelques heures cette histoire (sinon on voit qu’il fait chaud aux veines saillantes sur le bras du capitaine) (ou qu’il a chaud avec les manœuvres)

27 avril

On n’a pas mis le pépin car revenus au largue, alors on est sous GV, trinquette et gennaker, entre 15 et 20 nœuds de vent, on avance à 7,5/8, des pointes à 10, ce matin on a affalé le gennak pour voir la tête de la drisse qu’il a fallu à nouveau couper pour ôter le morceau bien entamé avec le ragage

Le temps est clément, ça bouge pas mal mais on est sur l’océan, faut pas oublier, on a vraiment de la chance, quand je dis au capitaine qu’on a du pot que ça se passe si bien, il plisse les yeux et ajoute jusqu’ici, je lui ai dit que je suis certaine que ça ira jusqu’au bout parce qu’on est nés sous une bonne étoile (et parce que les GRIB n’annoncent rien de méchant) mais le doute l’habite que voulez-vous

Le capitaine a dit que les repas sont bons et que ça c’est bien pour le moral des troupes, et comment, et pas qu’en mer je trouve, se faire plaisir en mangeant est un devoir sacré, quand c’est bon c’est du plaisir trois fois par jour ! et le plaisir rend heureux (tiens, un sujet de philo pour le bac), je me creuse la cervelle pour varier les menus, on va tout de même bientôt arriver à la fin du frais, il reste 2 mandarines et 1 pomme, un chou rouge, des pommes de terre, des carottes et des oignons, vive les boites de conserve pour après, ah c’est vrai il reste aussi une betterave rouge !

28 avril

Anne ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? me demande le capitaine, que le ciel qui rougeoie et la route qui poudroie lui réponds je en allant farfouiller dans mes souvenirs bancals, on ne se rappelle plus qui était cette sœur Anne, je me promets de chercher sur internet à notre arrivée

Je profite toujours des moments de repas pour poser mes questions au capitaine, des plus sérieuses aux plus farfelues, je ne manque jamais de sujets de conversation parce que je passe mon temps à me poser des questions, mais je sais que si je veux le faire parler il faut que je pose des questions de voile, par exemple hier soir je lui parlais de la vie en tant que complexité de structures d’informations et lui expliquais que je trouve que le terme de Qi serait bien mieux traduit par onde d’information que par énergie, que la notion de Qi est incroyablement plus subtile que cette idée d’énergie (d’ailleurs les médecins Chinois se moquent quand on leur évoque cette traduction, c’est pas des on-dit, j’y étais) et que ça rejoint les découvertes de la physique quantique, à savoir qu’un électron peut se comporter en onde ou en matière, qu’onde et matière sont les deux faces d’une même pièce exactement comme le Yin et le Yang, et je pense que ceux qui travaillent sur la physique quantique feraient bien d’étudier le Yi King, je vous en passe et des meilleures, mais par exemple pour le chat de Schrödinger qui peut être vivant ou mort en même temps ce qui serait impossible, pourtant on pourrait être mort sur terre et vivant en même temps ailleurs, dans une autre dimension ? Le  » ?  » pose la question car je ne suis au fait de rien, c’est juste que je pense à ce genre de chose, notamment parce que certains pensent que nous ne sommes ni plus ni moins que des ordinateurs évolués et que notre vie disparaît en même temps que nos neurones, que sans hardware il n’y a plus de software, peut-être… mais peut-être pas … je ne sais pas si nos ondes se perdent, ou si on se dissout dans les autres ondes ou si nos propres ondes d’informations restent solidaires je ne sais où, mais la vie c’est l’onde et la matière, le Yin et le Yang, c’est la dualité, le Deux, et la non-vie c’est le Un, c’est le Tao, et le Tao est indescriptible … mais il n’est pas zéro

Bon, ce n’est pas la tasse de thé du capitaine, il consent à m’écouter patiemment, les yeux dans le vague, mais sa participation est on ne peut plus succincte, ce qui n’est pas le cas quand je souhaite approfondir ma culture marine :

  • le couple de rappel, c’est d’un côté la voile qui fait gîter le bateau et de l’autre la quille qui contrebalance ? (Le vent est monté subitement à 25 nœuds et on gîte)
  • si tu veux
  • comment ça si je veux ? ce n’est pas ça ?
  • le couple de rappel c’est la quille
  • bin pourquoi on dit couple alors ? dans couple il y a la notion de deux (j’ai l’impression d’être l’Empereur Jaune qui pose ses questions à Qi Bo)
  • il y a la longueur de la quille et le poids, t’as appris ça à l’école, le moment du couple et le couple …
  • aaaah ! c’est le bras de levier alors ? (j’élude cette histoire d’école)
  • si tu veux
  • tu sais à quelle vitesse allaient les bateaux dans le temps, ceux de ceux qui ont découvert l’Amérique, les îles …
  • non … 5, 6 nœuds
  • tant que ça ? mais ils étaient énormes ! lourds !
  • plus le bateau est gros plus il va vite
  • mais pourquoi ? plus il est gros plus il y a de surface en contact avec l’eau donc de frottement donc ça le ralentit ?
  • en fait c’est plus il est long plus il va vite, c’est une question de vague d’étrave, quand le bateau fend l’eau ça fait une vague qui lui passe dessous, s’il est court la vague est courte et haute et le ralentit, s’il est long la vague est longue et plus plate et ça le ralentit moins
  • aaaah !

Le capitaine aime parler de choses concrètes, mes élucubrations sur le Yin et le Yang, la vie et la mort, il s’en bat l’œil avec une pelle à gâteau

je n’ai pas trouvé d’illustration de se battre les yeux avec une pelle à gâteau

29 avril

Je me rends compte que je suis seulement un peu familiarisée avec le bateau, j’envisage les manœuvres avec plus de sérénité et non plus comme une poule à qui on a coupé le cou, si vous me demandez combien de temps il faut à un être normalement constitué pour se familiariser en hauturière, je vous répondrais 6 mois, si tant est que je sois normalement constituée, quand je dis que je suis familiarisée, je veux dire savoir utiliser les appareils de nav, savoir où on est et comment aller où on veut, connaître les bons réglages de voiles par rapport aux allures, savoir lancer ou affaler un spi, un gennaker, savoir mouiller, s’amarrer à un ponton, ceci sans préjuger de la perfection des actes susdits … sur Diversion, le cata amarré à nous pour passer les écluses de Miraflores, il y avait un jeune homme qui avait l’air tout à fait de bonne famille avec sa petite barbe bien taillée, son teeshirt Kooples et ses AirPods dans les oreilles même quand il était sur le pont avec les hand liners, je pensais que c’était le fils du capitaine de Diversion (et qu’il y avait de la thune) mais que non point, il s’agissait d’un équipier embauché pour un temps donné, le capitaine a bavardé avec lui (le capitaine bavarde toujours mais pas comme moi, il bavarde utile lui) et le gars bien propret lui a dit qu’il avait passé son capitaine 200 mais qu’il ne savait rien faire du tout, je le regardais avec sa bonne bouille et ses AirPods et je lui aurais bien fait un big hug de pure compassion, je lui ai demandé comment il faisait pour parler sans que les AirPods lui tombent des oreilles (moi j’ai tout essayé, dès que je parle ils tombent, je les avais acheté pour mes télé consultations mais impossible), le capitaine m’a regardée comme si je tombais de la lune, qu’est-ce qu’on en a à foutre de ça en pleine écluse dites voir, et bien moi ça m’intéresse et si ça se trouve j’aurais eu ma réponse (mais non) (je dois être mal foutue des oreilles)

Donc revenons aux manœuvres, par exemple il faut régulièrement aller à l’avant du bateau, pour passer la contre écoute de génois par-dessus l’enrouleur de trinquette, ou pour rentrer le génois à l’intérieur des filières quand on le règle au près, ou que sais-je, pour moi aller à l’avant du bateau en pleine gîte ou avec 25 nœuds de vent, voire 35 ! équivalait à monter à l’échafaud, je ne savais jamais si j’en reviendrais indemne, le capitaine le faisait en général mais de temps à autres il m’avait dit d’y aller et j’avais obéi en faisant ma prière, courbée en deux et ne manquant pas de m’accroupir ou même m’asseoir sur le pont pour exécuter ses ordres, il me criait de loin debout ! Reste debout ! et je faisais mine de ne pas l’entendre sachant pertinemment que je faisais ce que je pouvais, c’est à dire pas grand-chose, je ne sais pas si tous les navigateurs ou marins au long court sont passés par là, je me sentirais moins seule si l’un ou l’autre me témoignait sa solidarité, bref, j’ai commencé à me secouer les puces pensant que quelle créature, odieusement pleutre, laisserait le capitaine aller au casse-pipe à chaque fois pour garder ses propres fesses au sec ? Je me suis enhardie, timidement, comme ma trouille me le suggérait, et demandais au capitaine j’y vais ? et il me répondait invariablement qu’il s’en occupait, mon interrogation passant pour ce qu’elle était, à savoir un évident manque d’enthousiasme à cet égard, je le savais autant que lui, alors je suis passée à la case j’y vais ! à laquelle, immanquablement, il répondait si tu veux, du coup j’étais un peu forcée de vouloir

le capitaine accroupi sur l’étrave, fastoche

Je ne vous dirai pas, parce que cela serait mentir, que maintenant je vais à l’avant du bateau avec des sauts de joie qui secouent mes couettes tout en léchant une chupa-chups, mais j’y vais plus vite, en sachant à quoi me tenir ou me retenir, je sais ce que je dois faire et comment le faire, alors je fais pendant que le capitaine fait ce qu’il a à faire de son côté et c’est plus fluide et ça râle moins sur le bateau (ça = le capitaine) … je crois que le capitaine n’est quand même pas très rassuré quand il me voit partir en titubant sur le pont, il doit craindre pour mes abattis, j’entends sa voix qui crie tiens-toi isabelle ! et parfois on peut sentir qu’il y met un ton un brin ironique

La capitaine a regardé le GRIB et voilà qu’il a vu qu’il va y avoir de la molle sur notre route qui est la route directe pour l’instant, il faut choisir de prendre une route plus sud ou plus nord dès à présent si on ne veut pas se faire avoir, c’est à dire lofer un peu et garder le gennaker ou abattre un peu et devoir mettre le spi, il regarde les voiles, le GRIB, réfléchit à voix haute des avantages de l’une ou l’autre solution, je mettrais ma tête à couper qu’on finira par envoyer le pépin, ça fait plusieurs jours qu’il en parle, mais j’avance juste quelques arguments qui prouvent ma participation

  • Si tu n’es pas certain que ce soit le bon choix, on garde le gennak, ce n’est pas la peine de mettre le spi si c’est pour l’affaler dans deux heures, mais si tu penses que la route nord est plus valable et qu’en plus elle sera plus confort parce qu’on abattra, alors va pour le spi
  • je sais tout ça
  • je sais que tu sais, c’est juste pour te montrer que je suis (si moi je lui répondais que je sais tout ça quand il m’explique un truc 😏)

bingo, on affale le gennak, on répare la drisse de spi et on envoie le spi, la matinée y passe sous un soleil radieux, le capitaine intervient souvent sur le réglage du spi, c’est plus exigeant que le gennak me dit-il, a priori il nous reste 4 jours de nav

30 avril

Hier soir le capitaine venait de finir son café et j’étais en train de siroter ma tisane que CLAC !

  • Et merde ! crie le capitaine debout en regardant vers l’avant avec sa lampe frontale qu’il met pour voir ce qu’il mange quand il fait nuit
  • quoi quoi quoi ? je demande en dévalant la descente pour filer mettre mes chaussures de pont parce que je me doute qu’il va falloir intervenir, et mettre aussi ma lampe frontale pour voir ce qui se passe parce que je n’aime pas la mettre pour manger, ça m’énerve de sentir mon front serré alors je mange au pif
  • quoi quoiquoiquoi ? c’est le bras qui a lâché !

Dieu merci ce n’est pas la drisse

On affale le spi qui s’est entortillé en volant dans les airs, on en profite pour vérifier la drisse, la renforcer, le capitaine change le bras, on désentortille le spi, 150 m2 posé sur nos genoux à désentortiller sous le faisceau de nos lampes frontales, une fois tout ça d’équerre on renvoie le spi, cri étranglé du capitaine y’a encore un cocotier ! je n’ai jamais entendu l’expression mais je me doute que le spi a une entortillonnade passée à l’as, zut de flûte, mais avant d’affaler une nouvelle fois pour enlever le tortillon le capitaine relâche de l’écoute, le spi vole au vent et se désentortille tout seul, gloria, on le règle, on range tout, il est plus que  l’heure d’aller au lit, c’est le genre de truc qui nous amène à au moins minuit quoi

On a bien fait de le mettre, le spi, parce que le vent est bien tombé, on a plus que 10/12 nœuds de vent, parfois une pointe à 15/16, et sous un gros nuage noir ça monte à 22/24, ça pulse mais ça ne dure pas, et comme il y a une bonne houle et qu’on n’avance guère, le bateau bouge et les voiles claquent, c’est pénible dit le capitaine … et ça devrait durer jusqu’à l’arrivée

Sur les dernières 24 heures on a fait environ 170 miles alors que depuis plusieurs jours on était entre 190 et 204 miles, 204 ! Notre record absolu depuis notre départ ! 8,5 nœuds à l’heure de moyenne ! soit 15,7 km/h ! Hahaha c’est rien d’avancer à 15km/h pourrait-on dire, mais ça nous fait avancer de 360 kms en 24 heures mine de rien, on a tellement avancé depuis notre départ qu’on pense avoir passé 3 fuseaux horaires, nos portables sont toujours à l’heure de Panama puisque nous n’avons pas passé de borne depuis, mais le jour se lève à 9 heures de cet horaire et il fait encore bien jour à 21h, on en déduit qu’il y a bien 3 heures de moins, en tous cas on s’est calé au soleil et pas sur nos portables

sous spi, des grains au loin

Le vent est capricieux comme un fils à papa, nous sommes entourés de grains et il monte soudainement, et puis il tombe encore plus vite, on finit par faire 26 miles en 6 heures, 26 pauvres miles en 6 heures ! le spi ne se gonfle même plus, la grand-voile claque, la houle nous balance comme un culbuto, on finit par affaler spi et GV et mettre péniblement le moteur en marche (il a mis bien 20 minutes pour démarrer, on a cru que c’était mort), à peine est-ce fait que le vent remonte à 10 nœuds, le capitaine veut renvoyer la GV dans la foulée mais il est plus de 14h et nous n’avons pas mangé alors nous mangeons et c’est tant mieux parce que ça retombe aussi sec… 1,3 nœud de vent, on pensait avoir encore 3 jours de nav, on en compte 4 désormais … au minimum

quand je vous le dis

1er mai

2 mai

Pas écrit hier, non pas parce que c’était la fête du travail, mais parce que je n’ai pas eu le temps parce que depuis deux jours nous subissons les caprices du Pacifique, il y a deux soirs on a mis le moteur tellement il n’y avait plus de vent et le capitaine pensait passer la nuit au moteur mais j’ai été réveillée parce qu’il manœuvrait, le vent était un peu remonté et il avait hissé la grand-voile, je suis venue l’aider et nous avons passé la nuit à manœuvrer pour avancer autant que faire se peut, notre direction étant sud-ouest et le vent de nord-est, soit plein cul, on a mis le génois tangonné et empanné deux fois, quand on était trop sud le capitaine disait que ça n’allait pas alors on empannait mais on était trop ouest alors ça n’allait pas non plus, vers 5h du matin je lui ai dit que de toutes façons il fallait tirer des bords alors qu’on avait qu’à aller dormir et qu’on empannerait en se réveillant, il a dit d’accord mais je l’ai entendu manœuvrer en douce et il a empanné tout seul, ce ne serait rien s’il n’y avait pas le tangon et tout le tralala à changer de côté, tout seul c’est pas une mince affaire, j’ai fini par me relever, au prix d’une volonté de fer, mais il n’y avait presque plus rien à faire, et puis plus de vent il a fallu affaler … je me suis recouchée et quand je me suis réveillée le capitaine, increvable, avait remis la GV et préparé le gennaker qu’on a envoyé, ça battait de l’aile mais finalement on a eu un vent de travers qui s’est levé entre 8 et 12 nœuds et qui fait qu’on avançait à 6/7 et le capitaine a commencé à se détendre, j’ai fait à manger, il a pris une douche sur la jupe arrière et a été dormir, il avait dû dormir 2 heures à tout casser la nuit précédente…

entourés de grains, on en a compté jusqu’à 10 en même temps autour du bateau

Je m’apprêtais à écrire un peu quand un des nombreux grains qui nous entourent depuis 3 jours est arrivé sur nous, je suis descendue à la table à cartes pour gérer le grain sans me faire tremper, en même temps ce n’était pas compliqué parce que le pilote automatique était réglé en mode vent parce que le gennaker est plus sensible, il est bien entre 110 et 130 degrés du vent, en deçà ou au-delà c’est moins bien, donc je surveillais la force du vent et la gîte pour abattre au besoin mais sinon je laissais faire en priant le ciel de laisser le capitaine dormir, le vent passait de plein nord à nord-est, à sud, à nord-ouest, et le bateau suivait dans des directions variables mais jamais la bonne, avec un vent de 18 à 23 nœuds, on pourrait croire que c’était cool parce qu’on avançait, mais en zigzaguant ça n’arrangeait pas nos affaires, c’était même carrément n’importe quoi, j’ai pris 3 grains comme ça l’un à la suite de l’autre

sous un grain

mais heureusement le capitaine ne bronchait pas et dormait comme un ange, et puis devant nous j’ai vu un nuage encore plus noir, pffff, mais plus on allait vers le nuage noir, plus le bateau lofait avec le vent qui montait et je me suis dit qu’on allait passer derrière et que tant mieux, et là le pilote se met à biper alarme alarme ! Merde ! le capitaine se réveille aussi sec et me demande ce qui se passe et je lui lis ce que raconte le pilote (le cap c’est n’imp, en substance), il me dit de couper le pilote et de prendre la barre tout en arrivant en courant dans le cockpit pendant que je m’accroche à la barre pour retrouver le bon cap, il me crie attention tu vas empanner, oh bon sang j’étais absorbée par le cap et ne pensais plus au vent, leçon N•1 = penser à deux choses à la fois c’est quand même pas compliqué merde, je lofe et piaille oui mais je ne suis plus du tout au cap, le capitaine regarde ses pieds qui trempent dans l’eau du cockpit et, surpris, demande pourquoi c’est mouillé

  • A cause des grains ! (c’te blague !)
  • y’a eu des grains ? (air dubitatif au possible) (genre je raconte ça pour me faire mousser)
  • oui et là on va droit sur le gros devant
  • hé bin mais c’est pas grave !

Il intervient tel Dieu au sommet du pinacle (ça a de la gueule je trouve et si Dieu n’a jamais été au sommet du pinacle, bien qu’il soit partout en même temps et tout le temps, c’est un vrai job, et bien le capitaine lui il peut le faire et c’est ça qui compte), change le mode vent du pilote pour le mettre en mode compas (ce que j’aurais dû faire quand ça s’est mis à biper me dit il, comme si j’avais pu deviner), on rentre sous le grain, chaud devant je tache !

Le vent fait n’importe quoi et je revis ce qui se passait sous les grains précédents avec une pluie diluvienne cette fois ci, on a beau être en mode compas, le capitaine est bien obligé de suivre le vent à cause du gennaker et on fait des zigzags tout autant qu’en mode vent mais en devant sans cesse régler l’allure de surcroît, ça me rassure sur ma façon d’avoir géré, ou plutôt laissé faire, précédemment, je vois bien que ça amuse le capitaine qui, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, est trempé, il avait enfilé ses bottes mais la pluie a dégouliné le long de son short et il a les pieds trempés dans ses bottes :

je lui suggère de piloter depuis la table à cartes mais il me réclame son ciré et un bas de ciré, je trouve ça dans un coffre, il s’habille comme pour gravir l’Everest et ressort avec le grain qui se termine, le bateau comme le bonhomme ont été lavés à grande eau

il dit qu’il n’a pas trop chaud

Après ça le vent tombe, pour garder sa réputation de capricieux, on affale le gennaker et la GV et on met le moteur, la nuit tombe, 1 à 2 nœuds de vent, on mange et on s‘étale sur nos couchettes comme on trébuche, passons la nuit au moteur, quand on se lève pour voir ce qui se passe on voit des étoiles mais pas de vent … et ce matin, même histoire, des grains sous lesquels le vent monte plus ou moins et entre les grains pas un souffle ou presque, quand ça monte un peu on déroule le génois mais on ne peut jamais le laisser bien longtemps, le capitaine parle d’envoyer le gennaker ou le spi, j’interviens vivement parce que le génois c’est vite déroulé ou enroulé, mais tout le cirque pour envoyer le spi ou le gennak pour 5 minutes merci bien, un moment on avait 7 nœuds, le capitaine a dit qu’en théorie il faudrait envoyer la GV, en pratique le vent est tombé à moins de 2 nœuds 3 minutes après, on aurait dû affaler illico, je temporise parce que le capitaine se tuerait à la tâche de régler les voiles à chaque fois pour 5 minutes…

Comme il n’y a pas de vent, l’avantage de taille c’est qu’on peut bien voir la houle et c’est un spectacle sublime, magique, elle se soulève, énorme, immense, et avec elle tout l’horizon, à chaque fois je crois qu’elle ne va jamais arrêter de se soulever, et puis elle passe sous le bateau et continue sa course lente telle un serpent qui ondoie, et le bateau glisse sur son dos jusqu’à la prochaine montée qui nous portera encore, et encore, et encore

le ciel nous fait des cadeaux superbes comme ce lapin avec un nœud papillon

3 mai

Hier en fin d’après-midi le vent remontait un peu, 6/7 nœuds, alors on a hissé la GV et envoyé le gennaker après moult discussion entre nous, moi disant au capitaine qu’il ne fallait pas s’exciter mais voir ce que le vent allait donner mais on a envoyé le gennaker malgré cette remarque judicieuse avant de l’affaler presque dans la foulée, vent parfois à moins de 1 nœud, on ne l’a pas rangé de suite car le capitaine pensait qu’on le relancerait bientôt, alors on l’a saucissonné sur le pont, ça me fait rire parce qu’on dirait qu’on a emballé un cadavre dans un tapis, et quand on le transporte d’un bout à l’autre du bateau on ressemble à deux criminels qui vont balancer le corps par-dessus bord

On a mis le moteur tout en gardant la GV hissée, ça a énervé le capitaine parce qu’avec si peu de vent et de la houle, le bateau dansait et la GV claquait, il maugréait dans sa barbe (qu’il n’a pas rasée depuis le passage à l’équateur et quand il maugrée il tiraille dessus) que soit on navigue au moteur soit à la voile mais que les deux ça va pas, pendant que je préparais à manger il hésitait à affaler en disant qu’à peine il aurait affalé que le vent remonterait, il a même dit qu’il ne savait pas quoi faire, moi quand je ne sais pas quoi faire j’attends que je lui ai dit, alors il a attendu pour voir et le vent est monté à 10 nœuds, il a instantanément sauté sur l’occasion

  • on envoie le spi !
  • d’abord on mange ! (et on voit ce que le vent devient !)

On a mangé et le vent se maintenant à 10 nœuds, une chance, on a envoyé le spi et c’était chouette, l’océan et la nuit étaient noir d’encre, plus noir que ça ce n’existe pas, j’avais l’impression d’être devant une toile noire et que le bateau était un manège posé devant mais qui n’avançait pas

Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire,
Tout en cherchant la foi, peut rencontrer l’amour !
Il a du moins la lampe en attendant le jour.
Heureux ce cœur !
Aimer, c’est la moitié de croire. 
Victor Hugo

On s’est couché sacrément tard après tout ça et je me suis réveillée pas très longtemps plus tard parce que je sentais que le bateau filait et gîtait, 16 nœuds de vent, on fonçait à 7.5/8, ça a réveillé le capitaine aussi et, le comble, c’est que maintenant on allait trop vite et ça nous ferait arriver de nuit aux Gambier, alors on a affalé le spi et mis le génois, le temps de se rendormir le jour se levait déjà, on est archi crevés aujourd’hui

Et là on navigue juste sous génois avec 1 ris dans le génois, on allait encore trop vite avec la GV, on a essayé la trinquette mais là on était trop lents, il nous reste 100 miles à faire et il ne faut pas aller plus vite que 5 nœuds à l’heure de manière à arriver demain matin, ça m’arrange parce que je suis claquée

La couleur de l’océan est unique aujourd’hui, indigo, carrément

4 mai

terre ! terre !

Mouillés à Rikitea, île de Mangareva, aux Gambier, Polynésie Française, nuit fatigante car ça roulait beaucoup au point de dormir peu et mal, avant que le soleil ne se lève il y a eu un gros grain avec 30 nœuds de vent et une pluie diluvienne, résultat le bateau roulait encore plus sur les vagues, j’espère que ma cervelle est bien accrochée dans ma boîte crânienne sinon il doit y avoir des dégâts, le capitaine avait revêtu sa tenue de cosmonaute pour manœuvrer, mais faut pas croire, quand on est trempe (le capitaine dit trempe et non trempé) et que le vent souffle, c’est vite fait de greloter

Quand ça s’est calmé il faisait jour et on avait encore 1 heure de trajet, alors petit dej parce qu’il fallait prendre des forces et si je ne dors pas assez j’ai tout le temps faim, je veux bien croire que le manque de sommeil est une cause répandue de surpoids et d’obésité, on était presque arrivés au mouillage quand le capitaine a été à l’avant pour remettre l’ancre, je tendais le dos tout en m’occupant de diriger le bateau au pilote, y’a pas à dire, quand c’est dans des passes ou des mouillages je préfère vraiment la barre mais le bateau était au pilote, et bien le capitaine a dû mettre 5 minutes maxi pour remettre l’ancre et le mouillage, ça s’est fait tout seul comme il me l’avait dit, femme de peu de foi, si j’ôtais toutes les peurs pour rien de ma tête je serais un grand sage, un Bouddha, un exemple pour l’humanité et un repos pour moi-même

Grosse surprise en arrivant, énorme ! des pins ! ouiiiiii ! des pins ! une foultitude de pins ! Et l’odeur de résine de pin portée par le vent ! et puis un calme … c’est bruyant un bateau, le vent, l’eau, toujours quelque chose qui couine (ce qui agace grandement le capitaine qui court avec sa bombe de WD-40 à bout de bras pour en arroser tout ce qui est susceptible de couiner) et comme des coups de pied dans la coque quand une vague le frappe, et bien sûr ça bouge non-stop, alors ce calme et ce silence soudains ça fait drôle, on est ahuris avec le capitaine, et je lui dis que ça me semble tellement irréel … en plus il pleut, avec les pins dans les nuages et la pluie, on se croirait dans les Vosges

23 jours et demi plus tard
ce qu’on voit du bateau
ce qu’on voit de l’autre côté

En savoir plus est tellement excitant !

  • Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? est une réplique du conte Barbe Bleue de Charles Perrault lorsque la femme désobéissante de Barbe Bleue attend que ses frères arrivent pour la sauver d’une mort certaine, la sœur Anne, lui répondait : je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie (j’aime ce que peut inventer ma mémoire infidèle)
  • Le couple de rappel ou couple de redressement concerne l’équilibre latéral, la contre gîte. Ce couple est dû à l’addition de deux forces : le poids (centre de gravité et la poussée d’Archimède (centre de carène). Lorsque le bateau gîte, plus il a de poids à la contre gite, plus cela réduit la gîte, plus le couple de redressement augmente … on est bien d’accord qu’il y a 2 éléments dans le couple 😉
  • Empereur Jaune et Qi Bo : le Huang Di Nei Jing (黄帝内经) ou Classique interne de l’empereur Jaune est le plus ancien ouvrage de la Médecine Traditionnelle Chinoise, qui a servi de base théorique à tous les développements ultérieurs de la médecine en Chine. L’ouvrage, en effet, se présente sous la forme d’un dialogue entre l’empereur Jaune et son ministre Qi Bo : le premier pose généralement des questions et le second donne des réponses qui sont en réalité de longs développements. Ainsi, ce livre est un traité dans lequel toute la cosmologie, la philosophie et la morale chinoises sont abordées en relation avec la thérapeutique. Ces développements théoriques ont été élaborés par les philosophes confucianistes des Han et reposent sur les catégories du yin et du yang, les deux éléments antithétiques, et sur leurs degrés intermédiaires. À tout cela s’ajoutent les cinq éléments et les symboles numériques correspondants, ainsi que l’homologie entre ces derniers et les parties du corps (notamment les cinq viscères), les saisons, les saveurs, etc.
  • La vague d’étrave est une vague qui se forme à l’avant d’un bateau quand l’étrave fend l’eau en avançant. À l’arrière, le bateau est suivi par la vague de poupe. La taille de la vague d’étrave est fonction de la vitesse du navire, de son tirant d’eau, des vagues de surface, de la profondeur de l’eau et de la forme de l’étrave. Elle transporte l’énergie loin du navire au détriment de son énergie cinétique et ralentit donc le navire. Un objectif majeur de l’architecture navale est donc de réduire la taille de la vague d’étrave.
  • Le brevet de capitaine 200 permet à son titulaire d’être employé à bord d’un navire de jauge brute inférieure à 200 et de puissance propulsive inférieure à 250 kW en tant que capitaine ou chef mécanicien (je ne sais pas si ça vous en dit plus, en tous cas c’est beaucoup d’heures de formation)
  • Le YiKing, aussi écrit Yi Jing, est le Livre des transformations. Considéré comme le plus ancien livre chinois, il a pour but de décrire les états du monde et leurs évolutions.
  • Le chat de Schrödinger est une expérience de pensée imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence des lacunes supposées de l’interprétation la physique quantique et particulièrement mettre en évidence le problème de la mesure. Pour résumer trivialement, un système quantique complexe est la somme de différents états superposés. Par exemple, prenons un billet de loterie. Celui-ci a une certaine probabilité d’être gagnant, on va dire 1 pour 1 000 000, et des probabilités d’être perdant, 999 999 sur 1 000 000. Avant le tirage, le billet n’est ni gagnant ni perdant tout en ayant une probabilité d’être gagnant ou perdant. Cependant après le tirage il devient soit gagnant soit perdant, il n’y a plus d’incertitude. Avant le tirage le billet est dans la superposition des deux états gagnant et perdant avec une probabilité d’être gagnant et une probabilité (beaucoup plus élevée) d’être perdant. Après le tirage, l’état du billet « s’effondre » : il est soit gagnant, soit perdant. Dans un véritable système quantique, le même phénomène se produit : ainsi, avant toute mesure, un électron autour d’un noyau ne se situe pas à un endroit précis, sa position n’obéit qu’à des probabilités et on ne peut pas vraiment dire où il est. En revanche, après la mesure, l’électron est fixé en un point et l’incertitude disparaît. Toutefois il existe des zones dans lesquelles l’électron a plus de chance de se trouver lorsqu’on effectue une mesure. Cette superposition d’états dérouta les physiciens. Pour accentuer le paradoxe lié à cette idée, Erwin Schrödinger imagina donc cette expérience de pensée très connue, celle du chat qui porte son nom. Il met en scène une boîte opaque contenant un atome radioactif, une fiole de poison mortel qui se brise si l’atome se désintègre, et un chat. L’atome, à chaque instant, a une certaine probabilité de se désintégrer et de tuer le chat. Si on ne regarde pas dans la boîte, on ne peut pas savoir si l’atome est désintégré ou si le chat est mort, on ne peut que s’appuyer sur des probabilités. Au bout d’une demi-vie, le chat a 1 chance sur 2 d’être vivant et 1 chance sur 2 d’être mort. Pour Schrödinger, le chat est à la fois mort et vivant. Cette conclusion totalement irréaliste démontre pour lui l’incohérence de certains aspects de la physique quantique, à savoir que dans l’infiniment petit un électron peut se situer à 2 endroits en même temps, et même dans une infinité d’endroits en même temps.

Différentes théories furent imaginées pour résoudre ce paradoxe ainsi que celui de la mesure quantique. L’une d’elles, qui est considérée comme étant farfelue, est celle du physicien Hugh Everett, appelée notamment la théorie des mondes multiples D’après cette théorie, lors d’une mesure, la nature crée autant d’univers parallèles que de résultats possibles Suivant des lois de probabilités, l’observateur va pouvoir voir l’un des univers, ignorant ce qui se passe dans les autres Ainsi, lorsqu’on ouvre la boîte pour voir si le chat est vivant ou mort, 2 univers parallèles sont créés : l’un dans lequel le chat est en vie, un autre dans lequel il ne l’est plus La probabilité pour que l’observateur bascule dans l’un ou l’autre univers est de 0.5 (je ne suis pas physicienne mais il y a plusieurs dizaines d’années que j’imagine ce genre de trucs)

  • Le pinacle : saint Luc raconte qu’après avoir été baptisé par Jean-Baptiste, Jésus est conduit dans le désert par l’Esprit saint, où il est mis à l’épreuve par Satan. La première tentation est celle de la faim : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » lui propose perfidement le diable. Il montre ensuite à Jésus tous les royaumes de la terre et cherche à le tenter par le pouvoir et la richesse : « Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Enfin, après l’avoir porté au pinacle, Satan propose à Jésus d’accomplir un miracle spectaculaire : se jeter des hauts murs du Temple et être sauvé par les anges, afin que tous croient en Lui. Mais Jésus repousse les tentatives de Satan et résiste à l’attrait des solutions faciles, du pouvoir, de la richesse et de la gloire. Le mot pinacle a conservé l’idée d’élévation, de quelque chose qui surplombe. Suivant les époques, il a désigné l’endroit le plus haut d’un édifice, le couronnement d’une tour ou encore le sommet d’une montagne, Il a aussi généré plusieurs expressions, toujours avec cette image de hauteur, comme monter au pinacle pour accéder à une situation élevée, être au pinacle pour symboliser l’apogée d’une carrière, et porter au pinacle, pour couvrir une personne d’éloges, un peu comme si on la portait au faîte, au point le plus haut et le plus inaccessible qui soit. PS : je parle de Dieu au sommet du pinacle et pas de Jésus, mais il y a eu de nombreux débats à ce sujet, c’est lors du concile de Nicée an 325 que les évêques se sont mis d’accord pour inventer le concept de Trinité, si cela vous interpelle, je vous conseille le très intéressant ouvrage de Frédéric Lenoir « Comment Jésus est devenu Dieu »
je ne résiste pas, on a eu tellement de beaux ciels, de nuages extraordinaires !

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

10 commentaires sur « Transpac 3/3 quand est-ce qu’on arrive à la fin ? »

  1. Je crois comme toi depuis toujours à la théorie de Hughes Everett et pourtant tout ce qui est quantique semble m’échapper !!!
    De formidables films évoquent cette idée, tous de science-fiction, mais fascinants : NON nous ne sommes ni folles ni farfelues, plein de gens se posent la question des mondes/vies/espaces temps parallèles, et peut-être Papa est-il dans l’un d’eux maintenant 😉 Einstein avait bien posé la question de la relativité, alors pourquoi pas nous ?
    Des baisers d’amour 🥰💝🥰

    Aimé par 1 personne

  2. Je complète avec le titre d’un film que Papa nous avait montré dans le poste 😂) : Planète Interdite.
    Je pense qu’il était comme nous 😃 Rassurant, non ?

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  3. Merci milles fois pour cette traversée.
    J étais avec vous ,un peu !
    Formidable .J ai fait beaucoup de voile il y a bien longtemps et j adore votre voyage
    Bon vent
    Anne Marie Pomares

    Aimé par 1 personne

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