Rikitea, capitale des Gambier

J’ai beau ne m’attendre à pas grand-chose et avoir pour habitude de laisser faire et de voir venir, mon imagination travaille en toute autonomie, et quand on me dit capitale des Gambier, je pense à une capitale, je suis très premier degré, alors j’ai un peu de mal à croire le capitaine quand je vois la côte avec une église et quelques maisons éparses

– t’es sûr ?

– ouais

Je me demande l’heure qu’il peut bien être, j’enlève le mode avion de mon portable, on fait un bond de 4 heures en arrière, ça nous rajeunit, je dis au capitaine qu’on est plus jeune que ceux qui sont restés en France parce qu’on a 11 heures de moins avec le décalage horaire, ça ne lui fait ni chaud ni froid, c’est pourtant une bonne nouvelle je trouve, des fois je me dis que le capitaine devait être un reptile dans une autre vie

On coupe les appareils de navigation et on range le bateau un minimum, puis on mange un morceau sur la table du carré qui retrouve sa fonction, on se marre parce que rien ne bouge et que tout reste dans nos assiettes, nos oreilles bourdonnent de silence et nos yeux s’étonnent quand notre regard heurte un mur de verdure …

A peine la dernière bouchée avalée qu’une annexe arrive le long de Cap de Miol, bienvenue aux Gambier ! nous lance t ’on, ici on parle français et c’est inestimable, je vais à nouveau comprendre ce qui se dit et qui se passe, depuis des mois je n’entends presque que de l’anglais et de l’espagnol et je n’ai fait aucun progrès dans ces deux langues, je suis à battre, ce sont Michel et Chloé avec un bébé de 10 mois sur les genoux, ils sont de La Réunion, elle a trouvé un job de prof de maths en remplacement sur l’île, ils nous donnent plein de tuyaux et nous ont apporté des énormes pamplemousses en cadeau de bienvenue, ils savent qu’après autant de jours en mer on n’a plus un seul fruit ou légume frais,  nous expliquent qu’il y a des pamplemoussiers partout ici et qu’on peut ramasser ceux qui tombent sur la route mais il faut demander sinon on se fait mal voir, plus tard c’est Antonin qui passe dans son annexe pour nous dire bonjour, lui est là depuis 2 ans en tant que prof de maths/physique, il nous raconte que les gamins ne foutent rien à l’école parce qu’ils reprendront la ferme perlière de papa et voilà, que les gens ici sont riches grâce à cette culture perlière alors pourquoi se casser le citron à l’école, il y a 1500 habitants sur Mangareva et d’après lui ce sont les polynésiens les moins sympas de Polynésie, voilà un tableau assez sombre, en même temps les gamins feraient bien de se mettre au boulot parce que les Chinois sont en train d’envahir le marché de la perle … on papote on papote, le capitaine a beau être le soleil de mes jours et le songe de mes nuits (et bien, on en apprend de belles !), il n’en reste pas moins qu’il est tout à fait bon de parler avec d’autres zêtres zumains …

Les questions du capitaine : d’où tu viens, quel est le modèle de ton bateau, t’as mis combien de temps pour traverser, t’as visité quoi, après où tu vas, t’as quoi comme gréement …

Les questions d’isabelle : c’est quoi le nom de ton bateau, c’est quoi ton job, ça te plaît, tu sais où on peut laver du linge ici, où il y a de l’internet, où est-ce qu’on peut acheter une carte SIM, est-ce que tu te plais ici, comment sont les gens …

On range tout ce qu’on s’est dit qu’on rangerait en arrivant, remettant soigneusement à plus tard ce que nous aurions pu faire en navigant mais voilà, quand on navigue on a une bonne excuse alors on s’en sert, mettons l’annexe à l’eau, constatons qu’il y a plein de petites moules qui se sont développées au niveau de la ligne de flottaison pendant la traversée, c’est dingue ça, elle viennent d’où en plein pacifique pour s’accrocher là 😳?! … la journée est passée et on n’a pas mis pied à terre, on ira demain, on s’écroule comme si on n’avait soudain plus un seul os pour nous tenir debout

Après une nuit de bien 10 heures et un bon petit déjeuner avec pamplemousse frais, nous allons en annexe à la rame jusqu’à un bout de plage et posons enfin le pied sur la terre ferme

posée dans le décor !
la terre ferme
des hibiscus à profusion le long de la route !
mon premier tiaré en chair et en os !
tiki ou pas tiki ?
témoin de l’évangélisation locale

On rigole comme deux niais, c’est bon de marcher pour de vrai, et c’est parti pour déposer du linge à laver chez Fritz (tuyau d’Antonin) et faire les formalités d’entrée à la gendarmerie … Fritz ! Tout un poème ! quand je reviens chez lui pour mettre une seconde machine en route il me raconte sa vie, ancien légionnaire il a fait l’Algérie, Djibouti, la Corse, Madagascar où il a travaillé à faire une piste d’aérodrome et porté des sacs de médicaments dans un centre médical paumé, et puis la Polynésie où il est revenu faire 6 filles à des femmes qui lui tombaient toutes cuites dans le bec avec ses yeux bleus désormais tout délavés  (la première est morte d’une hémorragie pendant son accouchement, ici c’est tellement loin de tout qu’il vaut mieux ne pas tomber malade) et prendre sa retraite parce qu’en Allemagne il ne comprenait plus les gens bien que parlant la même langue, maintenant il carbure dès le matin au rhum-café mais ça doit conserver quand même parce qu’il a 81 balais, certes en mauvais état, mais est toujours de ce monde, les gens m’épatent, la vie me sidère, cette force de se raccrocher aux branches m’inspire confiance, quand ma fille aînée est venue au monde, je n’avais même pas 19 ans et j’étais aussi cruche qu’on peut l’être à cet âge-là, un modèle d’ignorance, j’avais toujours peur qu’elle ne périsse pour un oui ou pour un non, parce que j’avais oublié de stériliser le biberon qui servait pour son ampoule de jus d’orange (je ne sais pas si ça se fait encore ce coup des ampoules de jus d’orange ?) ou que l’eau de son bain était trop chaude ou trop froide, je devais être le cauchemar du pédiatre qui avait eu la malchance de s’installer près de chez moi, et puis j’ai compris la force de vivre ancrée dans chaque cellule de notre corps comme un sceau divin, j’ai cessé d’avoir peur, cela aurait fait faire de belles économies à la sécurité sociale à l’époque si j’avais su …

le bateau fait office de buanderie, Fritz ne sèche pas le linge et il pleut toujours, et non, le capitaine n’est pas en train de s’épiler les mollets

Mais bon voilà, on se met à chercher où c’est chez Jojo car on pourra y déjeuner et faire des courses dans leur épicerie, et il y a du free wifi mais on nous a prévenu que ça rame à mort, je pleure des larmes de sang en réussissant à faire en plusieurs heures ce que j’aurais mis une demi-heure avec une connexion correcte, ça me rappelle l’époque des modems, j’avais le temps de faire cuire des nouilles pendant qu’une page d’accueil se téléchargeait, les vieux on est des héros …

le snack chez Jojo … où je vais passer des heures à travailler au rythme de l’internet local, de la 2G, ça existe encore !

J’ai demandé à Michel combien de bateaux arrivaient jusqu’ici, il m’a dit 2 à 3 par semaine mais qu’il y en a plus en été, c’est vrai qu’ici c’est l’automne, c’est chelou, et puis pas un hôtel, juste 2 snacks qui servent à manger à midi et ferment le soir, un seul est ouvert le samedi soir (nous y sommes allés une fois, petite sortie du samedi soir poïpoïpoï, mais ils n’avaient pas de toilettes et j’ai dû trouver un endroit dans la nuit noire pour faire pipi sans m’arroser les pompes, je n’y suis pas retournée), pas de bar, pas de ciné, il y a quand même des touristes qui viennent par avion en passant par Tahiti (l’aérodrome est sur une autre île alors ensuite il faut venir en bateau jusqu’à Mangareva) et ils sont hébergés dans l’une des 4 petites pensions de famille de l’île, le dimanche les anciens jouent à la pétanque pendant que les jeunes écoutent de la musique à fond sur une place au bord de l’eau avec une énorme enceinte qui envoie des basses à se décoller la plèvre, en buvant de la bière allègrement et en ne dansouillant que très vaguement au point de ne jamais dépenser les calories bues

Les gens sont accueillants et positivement adorables, tout le monde, à part un ou deux renfrognés, nous dit bonjour, fait un signe de la main en passant en vélo, en scooter ou en pickup, les gendarmes font les formalités des bateaux sinon ils n’ont rien à faire, parfois une rapine et encore, tout le monde se connaît et sait tout, comme on ne retourne pas tout de suite au bateau avec nos sacs de linge, nous les laissons sous l’abri d’un terrain le long de la route, deux heures après nos sacs sont toujours là, on peut laisser son portable ou son portefeuille et on le retrouve, je dis au capitaine que j’aimerais vivre ici mais lui non, il pense qu’on doit vite se faire chier :

– mais regarde, où qu’on vive on voit toujours les mêmes personnes

– oui mais au boulot on en croise, dans les salles de gym, les bistrots…

– mais tu discutes toujours avec les mêmes, le cercle des amis et des intimes est restreint où que tu vives

– nan, je me ferais chier

Moi pas … il faudrait juste une vraie connexion internet pour travailler et je pourrais vivre ici, tellement les gens sont cool et tellement c’est comme ça que j’envisage les relations humaines (vu que je suis la seule interlocutrice du capitaine ou couasi depuis ces derniers mois, je me demande s’il ne se fait pas chier outre mesure … comme je suis bien urbaine je fais régulièrement la conversation – quand je ne le fais pas, il s’en inquiète, ça va ? demande-t-il à tout bout de champ – mais il m’est arrivé, pour voir, de ne jamais finir une phrase commencée et il ne le remarque même pas, ma première réaction est bien entendu d’être vexée, ça dure plus ou moins longtemps selon que j’ai envie d’un prétexte pour lui en vouloir ou non, plouf plouf, c’est rigolo d’avoir ce pouvoir de gâcher la vie d’autrui, mais bon, je préfère m’occuper à autre chose de plus constructif, je me souviens d’une fois tout de même où un signal d’alarme a dû retentir au fin fond de son intelligence émotionnelle, il a dévalé la descente en me demandant avec angoisse de continuer ce que je disais, j’ai repris mon anecdote, certes avec un allant minoré, mais il fallait bien récompenser cette prise de conscience héroïque et puis quoi, si ça se trouve c’est vraiment nul ce que je peux raconter)

La plupart des bateaux qui arrivent ici sont Français vu qu’on est en Polynésie française et que les américains ont du mal à aller là où on ne parle pas américain comme des natifs, alors on croise des français et c’est drôlement sympathique, outre Michel, Chloé et Antonin, nous discutons avec Josiane et Jean-Michel qui nous refilent aussi des tuyaux, et puis Loïc, Anne-Sophie et leur filles Eléonore et Océane + le grand-père Alain sur un catamaran qui a mis seulement 19 jours depuis Panama mais ils n’ont pas fait le détour par les Galápagos et ont eu plus de vent que nous, Véronique et Benoit, un couple de dentistes qui a vendu son cabinet, ils ont péché un marlin de 80 kilos juste avant d’arriver et ont mis 6 heures pour le sortir de l’eau en pleine nuit, ils nous en ont donné un sacré morceau, tranquille 3 kilos (le marlin c’est comme tout, on finit par s’en lasser à force) (à part le chocolat), aux San Blas ils ont donné des antibiotiques qu’ils avaient à bord à un homme Kuna qui présentait un abcès tel qu’il aurait fini par être amputé ou mort, 2 jours après il était guéri (ils ont été soulagé car ils avaient craint un possible choc anaphylactique sur un homme qui n’avait jamais pris de médicaments de sa vie), ils naviguent sur leur bateau depuis 30 ans et sont même allés à Terre Neuve, et sur le St Laurent au Canada où ils ont vu des baleines, et Patrick qui a fait la traversée en solo sur Orion et a mis 27 jours parce qu’il est parti deux jours après nous et a eu moins de vent, il est toujours attaché dans son bateau m’a t’il dit quand je me suis exclamée que s’il tombait à l’eau personne ne pourrait l’aider, sauf quand il prend sa douche sur la jupe, mais c’est là que tu es plus exposé ! ai-je explosé ! il a mis des filières au cas où, il m’hallucine (mais pas autant que ne m’hallucine le capitaine qui a reconnu son bateau de loin, c’est celui qu’on avait croisé en sortant de Flamenco Marina et auquel il avait dit de ne pas attendre et de rentrer dans la marina, il voit un bateau une fois et il le reconnaît 1 mois plus tard à l’autre bout du Pacifique) et puis Stéphanie aussi, la pauvre ! qui rentre chez elle en avion le lendemain parce que José, le capitaine du bateau où elle s’est embarquée, est à l’ouest et fait plein de conneries, son bateau a eu des tas de problèmes parce qu’il n’est pas entretenu, jusqu’aux couverts qui sont aussi rouillés que José visiblement… sinon ma sœur jumelle (oui, j’ai bien une sœur jumelle) m’a envoyé une capture d’écran de Google car elle a cherché Rikitea sur internet et elle a vu toute une liste d’articles et de vidéos sur YouTube qui parlent d’attaques de requins, on a demandé si c’était vrai et ça l’est, ici il y a plein de requins dont des requins tigres qui sont agressifs, un pêcheur de perles s’est récemment fait bouffer la jambe, sinon il y a des requins à pointe blanche ou à pointe noire mais ils n’attaquent pas, on devrait en voir si on va nager, en tous cas hier soir quand je me suis lavé les cheveux sur la jupe arrière, je l’ai fait à genoux parce qu’avec ce qu’on m’avait  raconté je n’ai pas voulu mettre mes pieds dans l’eau mais bon, j’étais crevée et ça me rend conne 😁

La vie est hyper chère, un paquet de pain de mie congelé + un paquet de gâteaux secs = 15$, on paie en francs Pacifique alors ça fait 1500 francs, on se fait carrément siphonner notre pécule !

Ils vendent des produits thérapeutiques chinois même dans les plus petites épiceries … le Moët et Chandon à 13500 francs pacifiques, ça fait 135 $, du coup tout le monde est à la bière Hinano

Dans les épiceries c’est boites de conserve, canettes de bière, chips et bonbons, pomme de terre, carottes et choux (on en a assez mangé pendant la traversée !) et des mandarines à 15$ le kilo, on s’en passera, et basta, je pense que c’est dingue parce que sur de telles îles il doit y avoir des avocats, des mangues, des tas de fruits et de légumes à profusion ! Où les trouver ? Il suffit de demander, Nico nous dit de passer demain matin chez lui et qu’il nous vendra tout ce qu’il faut …

Sans oublier le régime de bananes que le capitaine a ramené sur son épaule, on les a pendues sous les panneaux solaires et on en a donné tant on n’arrivait pas à les manger toutes, à la fin elles étaient tellement mûres que je faisais des bananes flambées, c’était fameux mais ça fait grossir alors on a finit par arrêter, c’est mieux, et depuis le capitaine s’est pas mal calmé sur les bananes

Je rentre avec tout ça pour 50$ tout de même, même le primeur bio du marché couvert de Nancy et qui est hors de prix ne pratique pas ces tarifs, mais bon, on a des fruits et des légumes, Nico nous raconte plein d’anecdotes de ce qu’il a vécu et comme il est dégourdi sur tous les tableaux, je lui demande s’il peut me tuyauter sur des personnes qui soignent avec des plantes, il écarte les bras et avec un grand sourire me dit que je l’ai devant moi, m’est avis que si je lui avais demandé où trouver un mécano il m’aurait répondu de même, mais il m’emmène derrière sa maison et me montre des plantes en m’expliquant leur utilité thérapeutique, il me dit qu’il fait aussi des massages mais uniquement pour les hommes et que ce sont des femmes qui massent les femmes, que la sienne verrait d’un très mauvais œil qu’il masse des femmes

Nico m’explique l’utilisation thérapeutique de ces plantes mais ne veut pas être pris en photo …(comme le capitaine quoi), la première servant à traiter la Ciguatera et la seconde les foulures en extrayant le jus et en le mettant avec les feuilles froissées dans de l’eau et de la glace (faire tremper 1h30 matin et soir pendant 3 jours et tu es guéri)

Je lui demande finaudement quelles sont les plantes pour les douleurs menstruelles mais c’est comme pour les massages, ce sont les femmes qui s’occupent des plantes pour les femmes et il faut que j’aille voir Valérie qui habite une maison jaune avec des pots de fleurs sur la route de l’école avant le petit pont, je m’y rends deux jours plus tard et je fais comme Nico m’a dit, je me mets devant la maison jaune aux fleurs et j’appelle Valérie ! Valérie ! une voix nasillarde me répond et j’entends un pas lourd et traînant venir vers la fenêtre ouverte, une femme avec de longs cheveux noirs qui encadrent un visage déformé par une paralysie faciale me dit que c’est elle Valérie, je lui explique ce que je cherche et lui demande si elle peut m’aider, elle me regarde d’un air triste et vide et m’explique avec lenteur qu’elle est malade et ne s’occupe plus de tout ça, appelle sa fille qui me dit que sa mère a fait un AVC et n’a plus toute sa tête, ne pourra pas m’aider, je lui demande alors si une autre personne peut me renseigner et elle m’envoie chez une mamie un peu plus loin, je remercie les deux femmes et leur souhaite le meilleur possible et m’en vais d’un pas ferme chez la mamie, arrive au milieu de pots de fleurs, une mamie d’âge indéfinissable tresse des tiges derrière une table et me jette à peine un regard avant de le replonger sur son tressage, et un homme d’âge mûr, trop jeune pour être son mari mais drôlement vieux pour être son fils, ou alors c’est qu’elle est vraiment vieille, me répond à sa place, décidément … il m’indique dans un mauvais français qu’il marmonne à toute vitesse des recettes avec des plantes dont il ne connaît pas le nom et me raconte moult anecdotes sur des miracles opérés par des plantes là où les médecins ne peuvent rien, des plaies soignées en quelques jours voire en quelques heures, il m’explique qu’ici, pour les urgences, il faut se soigner avec les plantes mais que si ce n’est pas urgent on peut toujours aller au centre médical demander des médicaments, quand j’arrive à en placer une je lui demande si lui ou la dame assise connaissent les plantes pour les femmes, la mamie qui n’a toujours sorti aucun son et a tout l’air de vivre dans sa bulle me jette parfois un regard par en dessous, lui m’envoie chez Doris près de l’église et chez Marianne que je trouverai de l’autre côté de l’île

  • où exactement ?
  • de l’autre côté (avec un geste vague destiné à me faire comprendre où se trouve l’autre côté)

Je remercie et leur souhaite également le meilleur possible, repars avec ces informations, maigres et brouillonnes à souhait, mais c’est un bon début car c’est comme une pelote de laine, on a le bout et il ne reste plus qu’à dérouler, ce que je vais m’employer de faire …

Mais je ne vous quitte pas aujourd’hui sans vous parler de la fleur de Tiaré !

Tiare signifie « fleur » en Tahitien et « fleur de tiaré » se dit « tiare maohi »

Le Tiaré – Gardenia taitensis (ou tahitensis ou tiaré Tahiti) – est un arbuste vivace de la famille des Rubiacées pouvant dans son milieu naturel atteindre près de 4 m de hauteur. C’est une plante endémique de la Polynésie Française, qui ne produit pas de graines ou exceptionnellement, et dépend de ce fait de la main de l’homme pour se reproduire. Les terrains coralliens constituent son domaine de prédilection. On la plante dans de la terre noire, et on ajoute des débris de corail à ses racines pour favoriser sa croissance. Elle produit des fleurs célèbres pour leur parfum et pour le monoï qui est issu de la macération de fleurs de tiaré dans de l’huile de coco séchée (ou coprah)

Michèle, une Marquisienne de 71 ans, m’expliquera un autre jour et sur autre île, que les femmes polynésiennes portent une fleur de tiaré comme d’autres mettent une goutte de parfum, car il n’y avait pas de parfum en Polynésie, que si une femme porte la fleur à l’oreille gauche, côté cœur, c’est que son cœur est pris, et si elle la porte à droite c’est qu’elle est un cœur à prendre

On utilise ces fleurs en infusions, décoctions ou macérations pour apaiser piqûres d’insectes et migraines ou dans un bain « Ra’au ira » dans lequel on ajoute les fleurs pour soigner les petites plaies de la peau

  • Les feuilles du tiare sont indiquées pour prévenir ou traiter les coups de soleil et les convulsions
  • Les boutons floraux sont recommandés pour atténuer les hémorroïdes, l’asthme, la lymphangite, la fatigue, les névralgies et les traumatismes
  • Ce sont les fleurs naissantes qui soignent les plaies infectées tandis que les fleurs déjà épanouies sont préconisées pour traiter la cirrhose, la bronchite ou les hémorragies après les fausses couches

Nico, comme le monsieur qui me parlait des plantes à côté de la vieille dame qui tressait des feuillages, m’ont expliqué (confusément) qu’on utilise les fleurs pour soigner les yeux infectés et collés des enfants, ce qui a l’air d’arriver fréquemment par ici …

Et le soir c’est ce qu’on voit quand on rentre au mouillage, avec l’île d’Aukena en face et le voilier Orion de Patrick

Et maintenant, les petits plus qui font plaisir 👌!

  • Pour les amoureux de bière, voilà la Hinano de Tahiti qui  » présente une rondeur maltée sous la langue, avec des saveurs de grains et de paille que soulignent des pointes herbacées de houblon et une amertume relativement présente en bouche au final « . Manuia (à la tienne, en tahitien) ! c’est drôlement vrai qu’elle est amère !
  • La Ciguatera est une maladie alimentaire causée par la consommation de poissons contaminés avec une toxine appelée « ciguatoxine ». Cette ciguatoxine est produit par des algues microscopiques présentes dans les récifs coralliens ; elle est ingérée pas les poissons de ces récifs et, au fur et à mesure de la chaine alimentaire, cette toxine peut se concentrer dans les plus gros poissons. Il existe alors un risque d’intoxication pour les consommateurs de ces poissons, c’est la raison pour laquelle certaines espèces sont interdites à la pêche selon leur poids et ou selon leur zone de pêche.   Les symptômes de la ciguatera apparaissent généralement dans les 24h suivant l’ingestion, il s’agit principalement de : signes digestifs :  nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales. Signes neurologiques : démangeaisons, fourmillements, sensations d’engourdissement, troubles de la perception du chaud et du froid, fatigue etc…  
  • Evangélisation de la Polynésie Française : voila 217 ans, le 5 mars 1797, le Duff accostait en baie de Matavai avec à son bord trente missionnaires envoyés par la London missionnary society.  Pour commémorer cet évènement et le début de l’évangélisation des célébrations ont eu lieu dans d’innombrables lieux de culte à Tahiti et dans les îles. En Polynésie, ce sont la famille et l’église qui représentent les deux piliers sociaux fondamentaux du territoire. Dès le tout début du 19e siècle, les catholiques et les protestants se sont battus pour prendre le contrôle des Polynésiens. Les protestants, longtemps vainqueurs dans les esprits, ont cependant vu leur nombre de fidèles chuter au fil des ans, pour arriver aujourd’hui à égalité avec les catholiques. En 2004, l’église évangélique de Polynésie française a prôné un retour à l’identité ma’ohi, elle a changé de nom pour devenir église protestante ma’ohi.  Une version plus polynésienne de la sainte cène a vu le jour mais ce choix divise encore aujourd’hui les paroissiens qui ne sont pas toujours d’accord pour boire de l’eau de coco à la place du vin 😂(dans les textes évangéliques le vin symbolise le sang du Christ)
  • Le fleuve St Laurent est à la fois fleuve, estuaire et golfe, le Saint-Laurent couvre près de 2000 km à partir du lac Ontario jusqu’à l’île du Cap-Breton à la limite de l’océan Atlantique. Il forme avec les Grands Lacs l’un des plus grands bassins hydrographiques de la planète représentant ainsi 20 % des réserves d’eau douce mondiales (j’ai lu ça au capitaine qui a tiqué et rétorqué sur els réserves d’eau douce sont dans la glace, dans la banquise). Il est long de 1 197 km, et son estuaire est le plus grand sur terre, avec une largeur de 48 km et une longueur de 370 km.
  • Grâce au capitaine j’ai cherché : où trouve-t-on de l’eau douce ?

L’eau douce utilisable par l’homme regroupe les eaux de surface (baies côtières, lacs, fleuves, cours d’eau) et les eaux souterraines (aquifères).

  • 69 % de l’eau douce est stockée sous forme de glace ou de neige
  • 30 % de l’eau douce est stockée dans les aquifères : ce sont des roches ou des formations géologiques suffisamment poreuses pour stocker de grandes quantités d’eau
  • 1 % de l’eau douce est stockée sous forme d’eau de surface liquide dans les cours d’eau, les rivières, les fleuves, les lacs, etc.

Les ressources totales en eau (eau douce et eau salée) représentent 1 400 millions de milliards de mètres cubes, et couvrent trois quarts de la surface de la Terre. Or l’eau douce ne représente qu’une infime partie de ces ressources en eau.

Comment se répartit l’eau sur Terre :

  • Eau salée contenue dans les océans : 97,5 % soit 1 365 millions de milliards de m³
  • Eau douce contenue dans les lacs, rivières, glaciers, nappes phréatiques, etc. : 2,5 % soit 35,2 millions de milliards de m³

L’homme ne peut utiliser que moins de 1 % du volume total hydrique sur terre soit environ 0,028 % de l’hydrosphère. Les 99 % restants étant soit gelés, soit profondément enfouis dans les sols, ils ne peuvent être exploités pour la consommation humaine.

L’eau douce utilisée par l’homme se trouve dans les réservoirs naturels ou artificiels (lacs, barrages, etc.) et dans les nappes phréatiques de faibles profondeurs dont l’exploitation est rendue possible à des coûts abordables. (Je lis ça au capitaine et lui précise que les 20% du fleuve St Laurent sont les 20% de l’eau consommable par les humains, ah ! répond il, ça change tout ! … et c’est vrai que ça change tout)

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

2 commentaires sur « Rikitea, capitale des Gambier »

  1. J’ai bien reconnu sur la premiere photo de plante celle qui soigne la gratte, en Nouvelle Caledonie on l’appelle le faux tabac il pousse au bord de l’ocean. A t’il le même nom en Polynesie ?

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