Où il est question de zénith, de perles et de trouvailles

Mangareva vue d’en haut

Les plantes qu’on utilise sur les îles poussent sur celles-ci, c’est la bonne idée, car si on est obligé de commander des médicaments à Tahiti on ne va pas y commander des plantes qui arriveraient tout aussi tardivement une fois les gens guéris ou trépassés, c’est ce qui me désole en métropole, c’est qu’on ne peut pas traiter d’urgences avec les plantes Chinoises car il faut les commander puisqu’on ne les trouve pas chez l’apothicaire du coin, et contrairement à ce qu’on répand en occident, la Médecine Traditionnelle Chinoise n’est pas qu’une médecine de prévention, elle sait très bien traiter les maladies, elle n’est pas miraculeuse mais simplement efficace lorsqu’appliquée avec intelligence et savoir-faire (bien que lorsque les gens guérissent de problèmes qu’ils trainaient depuis moult ils aient tendance à la croire miraculeuse), quand j’étais en stage en Chine dans des hôpitaux de Shanghai ou de Pékin, j’ai vu faire récupérer des séquelles d’hémiplégies avec de l’acupuncture (pas 4 aiguilles fines 1 fois par mois pour faire joli, mais tous les jours 200 aiguilles de bon calibre avec des courants électriques envoyés via des pinces croco fixées sur les aiguilles) (je suis d’accord, faut supporter) ou des traitements de perfusions avec des plantes pour diverses atteintes, ou encore traiter des varices avec des ventouses, ceci avec des résultats admirables, rien de magique là-dedans, juste une bonne connaissance des énergies humaines (c’est là que le bât blesse en Occident)

… toujours est-il que je pars en vadrouille sur l’île pour y chercher des plantes médicinales, m’étant préalablement renseignée sur ce qu’il m’était possible d’y trouver, Doris étant plutôt versée sur le tressage des feuilles et des fleurs et Marianne ne cultivant pas ces plantes mais allant les chercher sur l’île quand nécessaire, alors au boulot

Me voilà partie, flanquée de mon Jiminy Cricket, à savoir le capitaine, qui est comme la voix de son maître, Isabelle gardez-vous à droite ! Isabelle gardez-vous à gauche ! de peur que ma distraction crasse ne m’invite à me rompre le cou ou me casser une jambe (j’ai quasiment toujours le nez en l’air), nous voilà gambadant de concert sur les chemins escarpés de Mangareva …

sur la route nous nous arrêtons pour voir le tombeau du dernier Roi de Mangareva
et les ruines du couvent de Rouru
avec son parterre de fleurs et de feuilles d’une épaisseur et d’une fermeté incroyables sous mes pieds nus et enchantés de leur contact

Et puis à droite toute, nous pénétrons dans la forêt, il a plu comme vache qui pisse les jours précédents et la boue colle aux semelles des chaussures de rando, le chemin escarpé de la forêt s’est mû en raidillon  de boue couverte d’épines de pins, j’avance comme sur une planche savonnée, ce qui, pour le coup, ne me laisse guère loisir de laisser mon regard papillonner vers la végétation qui nous entoure, mais parfois l’inclinaison de la pente se fait moindre et me permet généreusement de jeter un œil sur la verdure alentour …

ça n’a l’air de rien vu comme ça mais ne vous y fiez pas !
c’est drôlement joli et ça sent bon

Je m’arrête et prends des photos de ce que je crois reconnaître ou qui m’interpelle, le capitaine ne me voyant plus trotter sur ses talons comme son ombre finit par s’arrêter et m’attendre le sourcil froncé, comme si je traînais pour le faire languir, piteuse stratégie d’ado que j’abandonnasse (parce qu’aussi ça ne fonctionne pas, sauf dans les romans, sinon j’avoue que je pourrais m’y laisser aller, une partie de moi n’ayant jamais grandi) je lui fais des signes de loin en criant que je prends encore une photo et j’arrive, je dérape autant que faire se peut pour le rattraper avec mes semelles glissantes, parfois c’est tellement raide qu’il y a une corde pour s’aider, le capitaine, prompt à me prendre en photo pour m’immortaliser en fâcheuse posture (il en est de ces plaisirs sains et peu coûteux) en est pour ses frais car je vois du coin de l’œil qu’il me vise avec son appareil alors hop je prends la pose, il est bec de gaz

cheese (le capitaine dit que j’ai fondu mais moi je ne trouve pas, la cuisse remplit bien le bermuda)

La forêt est incroyablement magnifique, nous montons jusqu’à un des plus hauts sommets de l’île et avons une vue qui valait de patauger et de s’essouffler les jambes (figure de style, licence poétique), la lumière décline déjà et nous rentrons avec nos lampes frontales car nous n’y voyons plus goutte dans la forêt qui s’assombrit pour laisser place aux farfadets ou démons maléfiques selon que l’on s’imagine avancer dans Brocéliande ou dans la Schwarzwald (je dis justement au capitaine que la forêt polynésienne fiche moins la trouille que celle des contes de mon enfance avec ses loups garous), c’est coton car c’est encore plus difficile de descendre que de monter quand c’est raide et glissant, avec des pierres qui roulent sans amasser mousse de surcroît, je suis fourbue quand on arrive enfin à l’annexe qu’il faut encore porter à l’eau avant de ramer jusqu’au bateau, quand y’en a plus y’en a encore

Nous reprenons nos bâtons de pèlerin deux autres fois pour fouiner dans d’autres coins de l’île, à un moment je vois le capitaine qui s’écarte dangereusement du chemin, ça tombe à pic dès qu’on en sort et je l’invite à la prudence, va pas par là c’est dangereux !!! mais il m’appelle car il a vu des avocats au sol (les baies, pas les gens qui assistent des clients en justice) (c’est un avocat qui envoie un télégramme à son client « justice est faite », et le client de lui répondre « faites appel ! »), je le rejoins et nous levons le nez vers un avocatier immense, mais immense comme pas possible, à se demander si c’est bien un avocatier, mais oui car il reste quelques avocats sur des branches très hautes

– mais si regarde ! Là ! je te dis que c’en est ! dis-je au capitaine qui ne les voit pas

on les voit bien pourtant !
mais ils sont si haut !

Une fois repérés, armé d’une longue branche flexible dénichée au sol, le vaillant capitaine tente d’en décrocher un ou deux sans basculer dans le ravin, il s’acharne mais en vain, au moins on aura vu le plus grand avocatier du monde

le capitaine, toujours zélé, moi quand je fais des trucs comme ça il dit ne fais pas le pitre isabelle !

Une autre fois, je tombe enfin sur un nono avec de beaux fruits ! je galope et entends le capitaine qui me prévient que je saute à travers des orties, sur le moment je ne sens rien mais le soir venu la peau de mes jambes ne sera plus que ruine, rougeur et brûlure, je ne dirai rien pour ne pas m’attirer un je t’avais prévenue inutile et me tartinerai en douce d’Aloe Vera, ma peau grésillant comme un steak dans une poêle chaude …

aïe

Mais bon, c’est trop tard, les orties ont fait leur œuvre et après avoir pris les photos du nono et cueilli délicatement deux de ses fruits miraculeux, je tombe sur un Pandan, le pied, je le photographie puis regarde le point de vue magnifique qui s’offre à nos yeux car nous surplombons une baie de l’île, et je demande au capitaine si nous sommes bien au sud-ouest de l’île, avant même qu’il ne l’ouvre je vois à son regard que j’ai dit une ânerie, je devance sa réponse (que je devine contraire à mon idée) en montrant de mon index pointé vers le ciel le soleil de midi et m’exclame que le zénith du soleil étant au sud et que, sachant que nous sommes allés du côté ouest de l’île, nous sommes bel et bien au sud-ouest, CQFD, je relève mon menton en le défiant de cette brillante démonstration, cette fois ci il ne m’aura pas avec ses billevesées, il me sort posément son téléphone de sa poche et ouvre l’appli Navionics pour me montrer la carte de l’île en m’affirmant que nous sommes au nord-ouest, on dirait que j’ai la berlue car je n’y comprends rien, je le prie de bien vouloir arrêter de regarder les cartes pour se fier au soleil tandis qu’il m’intime sans logique de me fier aux cartes et non au soleil, et soudain il relève le nez de sa carte et me demande prudemment

– tu sais qu’ici le zénith est au nord ?

Quoaaaaaaaa ?! Il se fout de ma gueule ?! Le zénith est au nord ?! et pourquoi pas les femmes sont des idiotes ? comment ça à midi le soleil est au nord ?! Mais bien sûr !!! … mais … mais … mais bien sûr ?

– c’est vrai ?

– bé oui c’est vrai

Bon sang on ne me dit jamais rien !!!

Je regarde le capitaine avec les yeux ronds d’un hérisson pris dans les phares d’un 4X4

– Aaaaah c’est pour ça que je suis perdue et que j’avais l’impression que le soleil se couchait à l’Est !

Avant d’ajouter un il se lève bien à l’Est ici ? qui confond le capitaine mais on peut s’attendre à tout ici

Je n’en reviens toujours pas, c’est quand même dingue, ça me perturbe dans mes repères d’une façon incroyable, et même maintenant que je le sais, pour me repérer dans l’espace je suis obligée de réfléchir parce que depuis toujours je me dirige au soleil, et qu’ici le soleil se rit de moi avec sa course presqu’à l’envers

c’était raide pour arriver jusqu’en haut

Et puis encore une autre fois nous allons visiter une ferme perlière, c’est la moindre des choses car la perle est l’activité économique première des Gambier, le tourisme étant quantité négligeable, Mohea vient nous chercher sur le quai et nous partons pour l’autre côté de l’île en 4/4, ici t’as pas le choix si tu veux rouler, Heiarii son mari nous attend, on a une chance incroyable parce qu’il n’y a que nous aujourd’hui et donc c’est carrément une visite privée, la classe, il nous fait monter dans son bateau après nous avoir prévenus que ça glisse et un beau vol plané de ma part à peine sa mise en garde terminée, mon bermuda jaune en est tout crotté aux fesses, c’est la grande classe, et nous passons entre les fermes …

…pendant que Mohea nous explique que le covid a fait beaucoup de mal à la perliculture parce que les greffeurs chinois sont restés bloqués en Chine et que ce sont les meilleurs greffeurs, bien meilleurs que ceux du coin, ça se voit au pourcentage de perles récoltées, quelques-uns sont restés coincés sur les Gambier et les fermiers ont dû se les partager avec moins de greffes donc moins de perles, et puis la perle s’est terriblement dévaluée, d’une part parce que les chinois en cultivent à tour de bras et la quantité fait baisser les prix selon la loi de l’offre et de la demande, et d’autre part parce que les fermiers des Tuamotu ont cassé les prix et que pour vendre les autres ont dû s’aligner … sauf les fermiers des Gambier qui disent rester droits dans leurs bottes et ne pas casser les prix car ils savent qu’ils font des perles de la meilleure qualité qui soit, elles sont réputées dans le monde entier, moi je découvre parce que je ne porte quasiment pas de bijoux, ou alors des bracelets brésiliens (quand papa m’avait vue avec toute une série de bracelets brésiliens autour d’un poignet il s’était écrié non mais elle a trouvé des chiffons à se mettre au poignet !) ou des coquillages ou des pompons roses, mais de perles, point

Par contre j’en prescris ! de la poudre de perle et de la poudre de coquille d’huître !

Rapidement je demande à Mohea si les keshis, qui sont des morceaux de perles avortées, sont achetés par les chinois pour en faire de la poudre, elle me répond que non mais me montre des sacs de coquilles d’huître en me disant qu’ils achètent des tonnes et des tonnes de coquilles, ceci étant, avec toutes celles qu’ils cultivent, ils doivent avoir de quoi faire pour les cosmétiques et la pharmacopée…

Petite digression pharmacologique : la poudre de perle en Médecine Chinoise est Zhen Zhu Fen, et la poudre de coquille d’huître est Zhen Zhu Mu, il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et payer plein pot de la coquille quand on croit se munir de perle ! On utilise, entre autres, Zhen Zhu Fen en décoction pour apaiser le Cœur, calmer le Shen et clarifier le Foie (ça veut dire que ça calme bien), comme c’est de Nature Froide, c’est comme d’habitude : ça ne va pas forcément à tout le monde et il vaut mieux consulter un thérapeute que se lancer là-dedans pour mieux dormir par exemple, et on utilise souvent Zhen Zhu Mu pour des indications similaires parce que c’est moins cher que la perle … ça fonctionne très bien, les minéraux sont utilisés en Médecine Chinoise car ils sont lourds et font descendre, et la perle est une bio-minéralisation. Sinon on l’utilise aussi contre l’ostéoporose et bien entendu dans les cosmétiques, c’était le secret de beauté des impératrices chinoises qui l’employaient de deux manières : en poudre pour favoriser l’éclat de la peau, le tonus et pour entretenir leur libido, et en onguent sur le visage afin de lui redonner de la tonicité et lisser leurs rides, là aussi attention aux produits que l’on souhaite acheter car quand c’est falsifié on dépense son bon argent pour pas grand-chose, voire pour rien …

vous voyez la perle ?

Bon, après nous avoir expliqué toutes les étapes de la culture perlière, Mohea nous propose de choisir une huître en nous disant que ce qui se trouve dedans sera à nous (ah ça me crispe ce genre de truc ! Genre tu es maudite si l’huître est vide ou tu es l’élue dans le cas contraire et même si tu dis que tu t’en fiches en fait tu ne t’en fiches pas complètement, c’est terrible), le capitaine, tout modeste qu’il est, choisit une petite huître et moi je fais simple en choisissant le même genre que celle de Heiarii dans laquelle se trouvait une fort belle perle, ça serait tellement plus simple d’en acheter une, pas de gagnant ni de perdant !

Hélas pour le capitaine il n’y a qu’un keshi dans son huître, ça me serre le cœur comme quand un enfant gagne un ridicule poisson rouge à la foire au lieu de la girafe en peluche géante qu’il lorgnait (au grand soulagement des parents) (je ne sais pas si c’est encore autorisé le coup des poissons rouges, en tous cas j’en avais ramené une tripotée à la maison dans des sachets en plastique quand j’étais môme, je n’ai jamais rien gagné d’autre, Dieu étant sourd à mes prières intéressées), ensuite c’est mon tour mais j’ai moins la pression parce que je ne peux pas faire vraiment pire que le capitaine, et là Mohea s’exclame que dans la mienne il y a une belle perle qui roule sous mes yeux quand elle l’extrait, quelle chance, j’ai pas la loose (après on a acheté quelques perles pour faire des cadeaux à celles qu’on aime, le capitaine qui a plus de sous que moi en a choisi des plus belles et plus grosses, du coup c’est tant mieux que ça soit moi qui aie gagné une perle dans mon huître, tout est bien qui finit bien)

je suis née coiffée

Et puis encore un autre jour (on n’arrête pas) nous filons vers Aukena, histoire de voir ce qui se passe sur une autre île, et là nous sommes accueillis par deux gars et leurs cochons gras à souhait, nourris à la noix de coco (les cochons) (sûrement les gars aussi à bien y regarder), l’un d’eux coupe une noix de coco d’un coup de machette et nous offre à boire l’eau de coco, un délice, et nous discutons de la vie ici … nous rencontrons un certain nombre d’hommes avec ce même discours, à savoir que Tahiti c’est beaucoup trop moderne et qu’ils préfèrent vivre ici, proches de la nature et au calme, et je ne peux que les comprendre, c’est tellement taoïste cette vision, vivre selon le rythme de la nature, se laisser accorder à elle et vivre, un point c’est tout … ça sent bon les cochons, j’en prends plein les narines, j’entends leur grouinement (ça grouine sûrement un cochon puisque ça a un groin), et ça me rappelle la ferme de ma grand-mère, l’odeur du cochon c’est comme celle du fumier dans les champs ou de la terre après la pluie ou des fleurs au soir d’une chaude journée d’été, ça éblouit mes sens, quand je pense que certains pensent que notre corps et nos sens nous emprisonnent, moi j’aime passionnément ma prison et tout ce qu’elle m’offre en cadeau à tous mes sens émerveillés, je verrai assez tôt ce qui se passe une fois sortie de mon corps, en attendant je profite… là aussi je me dis que je me verrais bien vivre au milieu des cochons et des noix de coco en regardant l’océan et le ciel …

Aukena

Un peu de verdure

Le nono ou pomme-chien (Morinda citrifolia) est un arbre tropical de la famille des Rubiaceae, originaire d’Asie ou d’Australie. « Noni » est l’appellation du jus extrait de la pulpe du fruit.  Nono est le nom de l’arbre et de son fruit, en tahitien.

Dans les pays tropicaux, les feuilles fraîches, de 5 cm de large et longues d’une vingtaine de centimètres, de couleur vert vif, servent de cataplasmes pour les brûlures. Le jus du fruit presque mûr est également utilisé pour calmer la douleur des piqûres de nohu, rascasse ou encore les piqûres de moustiques, vecteurs de nombreuses affections (fièvres, douleurs musculaires et articulaires, éruptions cutanées…)

Des usages traditionnels du noni ont pu être constatés, notamment pour ses propriétés antibactériennes, antivirales, antifongiques, cicatrisantes, analgésiques, anti-inflammatoire. Une stimulation des défenses immunitaires a pu être aussi constatée sur des animaux, mais pas de là à prévenir le cancer comme certains sites qui en vendent le prétendent … restons prudents quand il s’agit d’un sujet aussi vital n’est-ce pas …

Pour préparer du noni traditionnel, remplissez un récipient de fruits murs et laissez les fermenter environ 2 mois au soleil. Ensuite, vous n’aurez plus qu’à filtrer le jus 😊 et le boire ! Pour aller plus vite, mettez des fruits murs dans votre mixeur puis filtrez le jus. Il est très âpre à boire et souvent mélangé à d’autres jus de fruits.

En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), le morinda est appelé Ba ji tan, mais on utilise la racine du nono (et pas son fruit) en tant que grand tonique du Yang et des Reins, et elle tiédit l’utérus, ce qui fait qu’on l’utilise dans les cas de stérilité féminine dues à un Froid dans l’Utérus

Je rappelle ! qu’en MTC on analyse les causes du problème et on traite les causes, si une stérilité est due à autre chose qu’un Froid dans l’Utérus, on n’utilisera pas Ba Ji Tian n’est-ce pas … et je rappelle, si nécessaire, qu’on n’utilise pratiquement jamais une seule plante, parce que pour avoir des résultats il faudrait une posologie telle qu’il y aurait possibilité d’effets secondaires gênants, donc on utilise la synergie de plusieurs plantes

Autre trouvaille grandiose, un magnifique Pandanus tectorius, plus communément appelé Pandan ou Pandang : la fibre de cette plante sert à fabriquer des sacs, des nattes, des tentures, et les feuilles sont bouillies, pressées en jus ou utilisées pour envelopper et aromatiser les viandes, tandis que les fruits, appelés halas,  peuvent être consommés crus ou transformés en marmelade. Le fruit de Pandang est également bouilli et moulu en une pâte comestible et hautement nutritive, c’est un aliment de base dans quelques régions du monde. Il est utilisé depuis longtemps pour traiter la constipation, les furoncles et les symptômes du rhume ou de la grippe

la chance ! c’est le seul que j’ai vu sur l’île !
l’intérieur du fruit quand il est vert
et plus mûr : quelle beauté !

Et puis il y a un arbre incroyable mais dont il faut se méfier, c’est l’arbre Hotureva (Cerbera manghas) avec de belles fleurs blanches très parfumées, car ses fruits ressemblent à des petites mangues vertes mais le fruit est un poison violent qui referme de la cerbère (hétéroside cardiotonique)  entraînant l’arrêt du cœur.

Le nom « Mangareva » aurait été donné à l’île principale des Gambier parce qu’elle était couverte en grande quantité de Hotureva

Autrefois, ce fruit servait à endormir les victimes des sacrifices humains. Par contre, il a aussi un usage thérapeutique : à petites doses, l’écorce, les feuilles et le latex sont utilisés en pharmacopée traditionnelle comme purgatifs … mais il faut y aller mollo

And now, ladies and gentlemen !

  • Jiminy Cricket est un personnage de fiction qui apparaît la première fois dans le dessin animé de Walt Disney Pinocchio, sorti en 1940. C’est un criquet habillé en costume et représentant la bonne conscience de Pinocchio.
  • Isabelle, gardez-vous à droite ! Isabelle gardez-vous à gauche ! Le 19 septembre 1356, l’armée anglaise, menée par le prince de Galles Édouard (dit le Prince Noir), affronte les Français, conduits par le roi Jean II, épaulé par ses quatre fils. Mais la bataille tourne à la cohue pour les chevaliers français, incapables de gravir le plateau de Maupertuis au sud-est de Poitiers.
    Un officier anglais donne ce conseil au Prince Noir : « Allons droit à votre adversaire le roi de France ; car c’est là qu’est tout le fort de la besogne. Je sais bien que par vaillance il ne fuira point. » Afin de sauver la lignée des Valois, Jean II ordonne toutefois à ses trois premiers fils, le dauphin (futur Charles V), Louis et Jean, de quitter le combat. Il ne garde auprès de lui que son benjamin Philippe, âgé de 14 ans, « petit de corps, mais grand par l’âme ». Sans arme, l’adolescent crie constamment « Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! », et gagne le surnom de « Hardi »… ça irait bien au capitaine ça, le capitaine Hardi !
  • Vous voulez connaître les forêts les plus terrifiantes ? https://www.selection.ca/voyage/destinations-de-voyage/12-histoires-sur-les-forets-hantees-les-plus-terrifiantes/
  • S’essouffler les jambes : figure de style, licence poétique (moi j’ai juste fait une figure de style mais j’aime la notion de licence poétique)

Une figure de style, du latin figura, est un procédé d’écriture qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue et donne une expressivité particulière au propos. On parle également de figure rhétorique ou de figure du discours. La licence poétique, à l’intérieur d’un vers, est la permission que s’accorde le poète de changer la prononciation, voire l’orthographe d’un mot, pour rester dans le cadre de la prosodie et de la versification (et j’ajouterai que ça vaut aussi quand on n’est pas poète et qu’on ne fait pas des vers mais qu’on a juste une âme un peu poète)

Ça me rappelle quand j’étais en 5ème, la prof de français nous avait donné à faire, en classe et sous sa surveillance, une rédaction dont le sujet, en substance, était de décrire notre réaction après avoir entendu un bruit, joie, je m’étais élancée en parlant de LE bruit et pas de UN bruit car UN bruit est un bruit quelconque mais LE bruit c’était MON bruit et MON émotion, dans l’introduction je regardais par la fenêtre de ma chambre les passants qui passaient, histoire de dire en deux mots que le monde tournait rond et que chaque chose était à sa place avant que tout ne se fissure et que ma naïve confiance ne vole en éclats avec LE bruit qui me terroriserait, avant de décrire par le menu les affres abyssales dans lesquelles IL m’avait abîmée (j’y étais allée franchement), bon, la prof nous rend les copies et me tend la mienne avec un air de monsieur-votre-bite-a-un-goût pour m’assener qu’elle pense que j’ai recopié ça d’un livre et me demande lequel,  je lui assure, du ton outré de l’innocence violée, que cette prose est mienne, elle m’intime de refaire la rédaction pendant son cours pour vérifier mes dires … une colère indicible m’a envahie, j’ai d’abord pensé décrire ma colère en la conchiant elle et ses jugements, mais la raison l’a emporté et j’ai refait ma rédaction, l’âme n’y était plus car j’écrivais les mots que j’avais déjà écrits et qu’elle croyait volés, et ce qui me navrait au plus haut point c’est que, de son stylo rouge tout puissant, elle avait rayé le LE de LE bruit pour corriger par un UN et biffé mes passants qui passaient pour les corriger par des passants qui marchaient, une véritable agonie, relisant ma copie bis avec des yeux pointus, elle a conclu qu’elle verrait à l’avenir de quoi j’étais capable, elle ne m’a jamais aimée (mais est-on à l’école pour être aimés)

Et donc, en marchant nous essoufflâmes nos jambes et puis voilà, pas de prof sans créativité pour me rogner les ailes 🤓

  • « Tu me quittes ton air de monsieur-votre-bite-a-un-goût » : réplique de Benoit Poelvoorde dans le cultissime « Les portes de la gloire » que je vous recommande chaudement

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

14 commentaires sur « Où il est question de zénith, de perles et de trouvailles »

  1. Attention au latex des mangues quand on les cueille, provoque les mêmes brûlures que vous avez montré. Il faut bien se rincer les mains avec certains fruits tropicaux sinon ouille ouille ouille.

    Aimé par 1 personne

  2. l’arbre Hotureva (Cerbera manghas) avec de belles fleurs blanches très parfumées, car ses fruits ressemblent à des petites mangues vertes mais le fruit est un poison violent qui referme de la cerbère (hétéroside cardiotonique) entraînant l’arrêt du cœur.

    Est-ce l’arbre « du sommeil «  sous lequel il ne faut surtout pas faire la sieste ?

    Aimé par 1 personne

  3. l’arbre Hotureva (Cerbera manghas) avec de belles fleurs blanches très parfumées, car ses fruits ressemblent à des petites mangues vertes mais le fruit est un poison violent qui referme de la cerbère (hétéroside cardiotonique) entraînant l’arrêt du cœur.

    Est-ce l’arbre « du sommeil « sous lequel il ne faut surtout pas faire la sieste ?

    J’aime

  4. Bonjour Isabelle,
    Et bien, que de belles découvertes vous partagez, vous faites un superbe périple, quelle chance, avec un réel travail de recherche et de magnifiques transcriptions qui font bien ressentir, l’humour en prime, cette aventure formidable que vous vivez depuis 2 ans ? Merci beaucoup !

    Aimé par 1 personne

  5. Coucou isabelle tu te rapproches de tahiti …plus moderne !! C vite dit lol je t’y attends pour bientot alors!! Je fais un troc régulier avec une tahitienne qui me fournit une mixture ancestrale ( c fermenté et très âpre c sur …lol ) mélange traditionnel de noni et de moringa tres utilise ici aussi …c bon pour ma sante m’a t elle dit …j’ai un bouquin qui repertorie toutes les plantes des iles ainsi qu’un contact tres informé sur tt ca faudra que je te le presente c un pharmacien tres respecté des tahitiens sur l »ile un homme hors normes qui utilise les plantes d’ici. et je pense que tu seras tres contente de le rencontrer …car il en connait un rayon !! Je m’eclate a te lire avec ton humour ce n’est jamais ennuyeux …merci merci merci de nous faire voyager avec toi …a tres bientot Michele de tahiti

    Aimé par 1 personne

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