Inénarrable Fakarava que je vous narre

On mouille près de la passe sud de Fakarava, à Tetamanu, et on n’est pas les seuls, au point qu’on doit carrément se faufiler entre les bateaux et relever l’ancre qu’on avait descendue pour s’en écarter un peu afin de ne pas risquer de jouer aux bateaux-tamponneurs si le vent venait à tourner.

nous mouillons là après la tentative au niveau du petit rond jaune
vue large

Ça a l’air super beau (cf la photo du haut) et habité, c’est excitant ! donc après s’être posés un peu, malgré notre fatigue nous mettons l’annexe à l’eau et filons voir ce qui se passe à terre, et il se passe qu’il y a des clubs de plongée et que, justement, ce soir une plongée nocturne pour aller voir les requins est organisée et oui le capitaine peut s’y joindre, on n’a que le temps de retourner au bateau pour que le capitaine se prépare, que je lui fasse avaler au moins une banane séchée parce que tu ne peux pas aller plonger sans manger après avoir si peu dormi la nuit dernière ! je rajoute des figues séchées et des amandes, il gobe le tout sous mon œil inflexible et s’éloigne en annexe dans le soleil couchant pour rejoindre ses futurs nouveaux amis de plongée, j’en profite pour bosser

Quand j’ai connu le capitaine, j’ai voulu le connaître, alors je lui avais posé quelques petites questions pour voir à quoi il ressemblait, et une fois je lui avais demandé ce qu’il aimait comme musique, il m’avait répondu « Desperado » des Eagles, ce à quoi j’avais répondu à mon tour « tu es un peu cow-boy alors » , il s’en était défendu avec véhémence, tout sauf un cow-boy, vous pensez bien que ç’aurait été le comble pour un marin … en tous cas, depuis, c‘est cette musique qui est sienne sur mon téléphone, mais maintenant je sais qu’il est un grand fan de Brassens au point que cela m’étonne au possible qu’il m’ait à l’époque avancé ce titre des Eagles, le mystère demeure (mais pour tout dire, au risque de provoquer le courroux des fanatiques de Brassens, je préfère entendre Desperado quand le capitaine m’appelle plutôt que pour donner la gougoutte à son chat, tous les gars tous les gars du village étaient là lalalala, étaient là) (flûte, je vais avoir la chanson toute la nuit dans la tête) (j’vais la chantonner au capitaine pour lui faire plaisir tiens)

Il revient tout heureux de sa plongée mais me dit qu’il n’était pas plus tranquille que ça parce qu’il y avait des dizaines de requins qui commençaient à s’énerver et à approcher les faisceaux des lampes torche du petit groupe de plongeurs (ils étaient 4), donc heureux de sa plongée et content que ça se termine, on mange un morceau et on s’effondre de sommeil, il est bien tard

je suis bien contente d’être restée au bateau

Et le lendemain, avant de quitter cette passe Tumakohua mondialement connue mais trop fréquentée (classée réserve de biosphère par l’Unesco, ça attire la chaland et c’est pas pour rien qu’on est là) nous sautons dans l’annexe avec palmes, masques et tubas pour nous en rapprocher au plus près, arrivons au village de Tetamanu

voir en vrai un truc qui faisait rêver, y’a pas à dire, c’est puissant
des requins à pointe noire se baladent sous les pontons

Nous attachons l’annexe à un poteau malgré le panneau qui annonce que ça nous coûtera 5000 francs de s’amarrer là, nous aimons vivre dangereusement, et partons à la nage, moi toujours flaquée de mon pare battage en guise de bouée malgré les protestations du capitaine qui m’assure que je n’en ai pas besoin, on voit bien qu’il n’est pas dans ma tête …

Je ne sais pas si de ma vie il me sera donné à nouveau la possibilité de voir autant de poissons, de requins, de coraux, des centaines et des centaines de poissons en bans, de toutes les couleurs, de toutes tailles, poissons-napoléons, poissons-papillons, poissons-perroquets, poissons-anges, chirurgiens, balistes, nasons…au milieu de dizaines de requins gris ou à pointe noire qui slaloment horizontalement avec leur œil perpendiculaire, impassibles et presqu’aveugles, le tout dans une sérénité quasi fraternelle, c’est magnifique … extraordinaire …

ces photos ne sont pas de moi, je ne suis pas équipée, mais c’est ce que j’ai vu et plus encore

Temps de repartir, à croire que le capitaine se lasse vite, moi je serais bien retournée regarder les poissons mais la vraie vie nous rejoint où que l’on se trouve, on lève l‘ancre pour filer sur Hirifa, plus loin dans l’atoll, beaucoup moins de poissons en se penchant par-dessus bord, je me demande comment ça se fait et je dis au capitaine que sûrement à Tetamanu ils doivent donner à manger aux poissons, autant de poissons garantissant la venue des touristes et leur gagne-pain, ça serait tout à fait plausible …

le temps se couvre à Hirifa et ça donne des ciels superbes et des éclairages incomparables

Puis on file à l’étape suivante, Rotoava au Nord de l’atoll, ça nous le fait longer tout du long

on regarde tout de même s’il n’y a pas de patates de corail sur le chemin, des fois c’est moi qui m’y colle sur l’étrave

Plus on s’approche de Rotoava, plus il y a de people, on mouille devant l’église  

c’est civilisé dis donc

Un cata vient mouiller juste derrière nous, vraiment très près, ses occupants nous font signe et s’excusent d’être presque collés à nous, nous invitent à boire l’apéro pour la peine, Sylvain et Isabelle nous accueillent chaleureusement à bord d’Oxygen, nous expliquent qu’ils ont mouillés précipitamment à cause d’un fil de pêche coincé dans leur hélice, leur ami autrichien Franz nous rejoint, il navigue sur un autre cata, le Bright Star, il parle à peine le français alors je me demande comment il fait pour suivre nos échanges car nous échangeons spontanément comme si nous nous connaissions depuis moult … on passe un excellent moment, Sylvain et Isabelle sont drôles et enjoués et Sylvain me ressert du pastis et du ti punch au capitaine, ça détendrait même un macchabée en chambre froide, à un moment donné, et je ne sais plus pourquoi (le rhum, va) Sylvain nous balance, avec un sourire en coin, comme si on n’avait qu’à se tenir à carreaux

– il y en a d’autres des zisabelles !

ni une ni deux je lui renvoie la balle à toute volée

– et il y en a d’autres des capitaines, ducon !

Alors le ducon est sorti tout seul, le pastis a de ces secrets et puis bon, faut pas pousser mémé dans les orties, j’entends le capitaine qui s’exclame

– ah mais non !!

avec de grands signes de dénégation … my god on pourrait croire qu’il ne veut pas qu’il y ait d’autre capitaine ? est-ce possible ?! est-ce bien vrai et bien réel ? ou me méprends je ?!  je le regarde s’agiter sur son siège, me dit que ça a bien l’air de vouloir dire qu’il n’a pas envie que je change de capitaine, ô merveille ! ô prodige ! que l’on resserve du rhum au capitaine séance tenante et qu’il en soit ainsi tous les jours que Dieu lui prêtera vie ! (hips) … pour tout dire ça m’arrange, follement, je ne veux pas ni jamais au grand jamais d’un autre capitaine que lui (je ne dis pas le mien car je suis absolument contre l’idée de posséder une personne, on n’appartient qu’à soi), est-ce sa réaction, est-ce le pastis, je suis aux anges (Figuré – être dans un tel transport de joie que l’on en paraît extasié)

l’intérieur de l’église pleine de décorations en coraux et coquillages
et en nacre
le bleu c’est cool, mais les gris ne manquent pas de mine !

Bien entendu il faut régulièrement faire de l’eau et cette fois, quelle guigne, le déssalinisateur foire, alors le capitaine passe 2 jours à le réparer, il fabrique lui-même une pièce de rechange et ça lui prend des heures et des heures, c’est délicat et ça demande du doigté, si ça ne marche pas il faudra trouver de l’eau ailleurs, c’est moins pratique … au moment de voir si son bricolage fait merveille il pleut des trombes alors on ne peut pas le relancer, on se demande si ça va repartir, en attendant le capitaine prend des bidons et les emporte dans l’annexe pour aller les remplir à un robinet près du quai, l’eau est gratuite à Faka (on dit Faka).

Le déssalinisateur repart, ça dure un bon quart d’heure et puis une courroie à l’intérieur casse, c’est foutu, il faudra réparer ça à Tahiti parce qu’ici on ne trouvera jamais la courroie de remplacement, Dieu a donné, Dieu a repris

On reste quelques jours et je vais faire de menues courses de ce que je peux trouver dans les supermarchés d’ici, entendez des mini-supérettes où il n’y a même plus de bière (pas que je voulais en acheter – on en a encore – mais j’entendais des gars se lamenter qu’il n’y avait plus une seule bière à Faka) ni de légumes, j’achète les 6 dernières pommes de terre qui restent au fond d’un carton, du jambon fumé, du chocolat (ouf) et des œufs, et repars vers le quai, Rimbaud, pas Arthur mais Henri, me ramasse au passage dans sa 504 pickup qui n’a plus aucun habillage à l’intérieur, un volant et un changement de vitesse d’époque, me voilà McFly assise dans la DeLorean à côté du Doc, mais lui a travaillé pendant 40 ans à la météo, il se plaint que pour les prévisions de la Polynésie il n’y a aucun polynésien recruté mais que des théoriciens qui ne connaissent rien aux subtilités de la région, il me raconte qu’il appelle souvent météo France pour leur expliquer ce qui va se passer ici mais on l’envoie paître comme un vieux cheval bon pour l’abattoir, il me conseille de prendre les infos météo d’Hawaï et pas de la France, elles sont plus fiables, je répète ces précieuses informations au capitaine qui n’en a cure, il a ses habitudes sur Predict Wind Offshore, Windy et Windguru. Je rapporte les pommes de terre au magasin parce qu’elles sont toutes pourries à l’intérieur, plus de patates, le capitaine va avoir grand peine !

« O flots abracadabrantesques ! Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé. »

Arthur Rimbaud

le mouillage de Rotoava

Et puis on loue des vélos pour aller jusqu’au phare en pyramide et voir ce qui se trame sur cet atoll, le loueur veut me régler ma selle mais je lui indique que je suis bien avec les deux pieds posés bien à plat au sol, il échange un regard avec le capitaine et les deux s’esclaffent en évoquant la possibilité de me laisser pédaler dans cette position pour que je foute la paix au capitaine pendant les deux prochains jours, j’ai droit à un mais enfin isabelle tu as déjà fait du vélo ! appuyé d’un regard assassin, oui et alors, on me remonte la selle jusqu’à ce que je sois sur la pointe du bout de mes gros orteils, folle instabilité, et c’est parti mon kiki (quand j’étais gamine le Père Noël m’a apporté un mini-vélo jaune, j’avais dû drôlement bien travailler à l’école pour avoir droit à un mini-vélo, mais jaune ! je détestais le jaune ! j’avais carrément honte qu’il soit jaune, j’enviais ma sœur jumelle qui en avait un de je ne sais plus quelle couleur mais beaucoup plus acceptable que le jaune, ça a gâché toute mon enfance)

Après quelques bons coups de pédale, nous arrivons au fameux phare, une des rares attractions touristiques terrestres de l’atoll, et quand je dis rare c’est pour ne pas dire la seule, mais je me garde une marge au cas où je découvrirais d’autres trésors sur ce motu. Le monument a été construit en 1957, je dis au capitaine que je pensais que c’était beaucoup plus vieux avec cette histoire de pyramide, genre au moins 200 ans, il ouvre les bras avec, je le sens nettement, même derrière ses lunettes noires, une lueur de condescendance dans la prunelle

– mais enfin isabelle ! il y a du ciment ! (Un bon point pour lui)

– oui, et bien il aurait tout à fait pu être rénové (comment que je retombe sur mes pattes ! quel talent !)

voilà comment le capitaine a garé son vélo, on appréciera
et moi le mien, j’ai un sens de l’esthétique certain

On réenfourche nos montures et on file jusqu’à la passe nord de l’atoll par où nous partirons demain, la route pour s’y rendre est une piste pleine de cailloux et de trous et comme nos vélos sont des vélos hollandais sans aucun amortisseur, je sens mes articulations se déliter à chaque cahot mais n’ose me plaindre car le coup du réglage de la selle est suffisant pour la journée, le capitaine a dit que j’étais un poème mais a priori ce n’était pas un compliment

c’est plat les atolls

En revenant on a 20 nœuds de vent dans la gueule (j’évite en général de dire des gros mots, ou alors c’est vraiment pour marquer le coup, mais il faut bien se faire au langage marin, encore que je pourrais dire le vent dans le nez, mais les marins que je connais disent dans la gueule et je ne voudrais pas paraître bégueule justement) (bégueule, adj, qui s’offusque de choses insignifiantes ; qui est d’une excessive pruderie), je dis au capitaine que même si on a du vent plein nez, je suis sûre et certaine que ça monte parce que je dois pédaler comme une damnée, il se fout de moi, m’ affirme que c’est plat et ajoute

– Suce-moi la roue !

Alors est-ce une métaphore inconnue de ma naïve mais néanmoins rendante-service personne, je m’interroge sur ce que le capitaine attend de moi tout en pédalant avec audace, il m’explique qu’en cyclisme ça veut dire qu’il faut je colle ma roue avant à sa roue arrière pour être aspirée par sa vitesse et moins sentir le vent, ah bon d’accord, de tout le zèle dont je suis capable je me mets à lui sucer la roue, maladroitement au début car j’ai peur d’être malhabile et de nous faire choir pendant la manœuvre et puis je m’enhardis et devient plus habile les kilomètres aidant, le capitaine m’ayant expliqué comment bien m’y prendre … et comme il a ajouté (en substance) que dans les pelotons il y a toujours un gars payé pour qu’on lui suce la roue mais pas pour gagner et que le vainqueur le double sur la fin, tout pas fatigué de s’être économisé ainsi, quand on  arrive en vue du yacht services qui nous a loué les vélos, je déboite de derrière le capitaine et fonce pour le doubler en éclatant de rire, j’entends sa voix derrière moi t’es terrible toi ! autant vous dire que je le bats à plates coutures (mais il n’a pas joué le jeu, le capitaine n’est pas joueur)

au besoin !

Mis en retard pas ce sacré vent, nous rendons les vélos à 17h22 alors que le yacht services ferme à 17h (mais ils habitent là alors c’est pas si pire), la sympathie du tenancier s’est muée en une sourde et muette hostilité, fini la rigolade, parce qu’avant qu’on ne parte il était drôlement sympathique à nous raconter tous les mauvais coups que lui font subir les navigateurs, et quand il avait demandé le nom du bateau et que nous lui avions répondu Cap de Miol (on n’a pas menti pour s’enfuir ensuite avec les vélos, notez bien) j’ai commenté

– ça veut dire tête de mule

et ajouté avec un grand sourire, ce qui l’avait bien fait marrer

– tu as trouvé ton maître !

notre complicité du moment est morte dans l’œuf pour un retard de 22 minutes 

on s’approche de la passe nord pour s’en aller, c’est fou de se voir sur Navionics grâce au GPS !

Et puis changement d’atoll pour Toau, rien de particulier à vous raconter, encore que, on n’a pas eu à descendre l’ancre car il y avait des bouées et j’ai manœuvré le bateau pour arriver le plus près possible de la bouée afin que le capitaine l’attrape avec la gaffe, il n’a rien eu à redire à part que je suis arrivée trop lentement, n’empêche qu’on a réussi du premier coup et que c’est ça qui compte n’est-ce pas

2 jours plus tard, c’est dimanche et on repart de ce mouillage sur corps mort pour aller anse Amyot, autre mouillage de Toau mais à l’extérieur de l’atoll,  il faut  donc sortir par la passe alors que le temps n’est vraiment pas de la partie, 30 nœuds de vent, des grains, on en a vu d’autres donc bon, mais en vue de la passe le mascaret me fait déglutir …

et on est loin

Nous nous mettons à roder devant la passe comme des hyènes attendant leur festin, les données sur l’heure d’étale de marée haute ou basse étant incertaines (curieusement sur Navionics ce n’est pas toujours précisé, on a passé toute une soirée à essayer de comprendre comment fonctionnait le fichier excel de Gestimator pour calculer la marée, en vain, faut être ingénieur au minimum pour se servir de Gestimator, génie c’est encore mieux), le capitaine a sa tête des grands jours et le ciré assorti, il prend la décision de tenter l’affaire sous la pluie battante, le contraire m’aurait étonnée car il n’est pas du genre à rebrousser chemin, moi je n’ai pas le moindre complexe à ce niveau …

Je saute sur une éponge pour enlever l’eau de pluie là où je vais m’asseoir dans le cockpit, descends enfiler en titubant (le capitaine est déjà dans la passe et on s’est mis à danser) mon ciré, prends la tablette et rebondis dans le cockpit, le bateau roule jusqu’à des angles inexpérimentés jusqu’à aujourd’hui, tiens-toi isabelle ! le bateau penche tellement que le capitaine s’accroche à la barre opposée à son côté, il barre à tribord en s’accrochant à bâbord, le corps incliné à 30 degrés, les vagues déferlent carrément dans le bateau, je fais oooooooh ! tout en me disant qu’il n’y a aucune raison que le bateau se retourne puisque il est donné pour passer dans des vagues de 8 mètres et plus, on en est loin mais les vagues sont super rapprochées et croisées, c’est ça le hic et c’est ça qui balade autant le bateau, et flatch ! encore une vague qui déferle dans le bateau

– ça va pas le faire ! crie le capitaine au bout d’un moment durant le quel je me retiens bravement de bramer

Hop demi-tour, on se prend les vagues de travers, le bateau est plein d’eau, on revient sur nos pas mais avec le courant sortant face à nous on avance lentement, on est freiné et de grosses vagues nous rattrapent, je préviens le capitaine qui ne les voit pas puisqu’elles arrivent par derrière, il slalome pour éviter qu’on se les prenne dans le bateau, il voit à ma tête quand une vague va nous tomber dessus (😨😱) , et petit à petit nous revoilà dans l’atoll, plus au calme, il se retourne, râle aussitôt qu’il est passé trop au centre et qu’on va retenter le coup plus sur le côté

– ah mais moi je ne retourne pas là-dedans ! index-pointé-je vers le mascaret

– CALME TOI !

Mais je suis – calme ! non mais attends ! eh ho c’est pas la fête du slip non mais ?!

– mais on peut attendre demain !

– ça sera pareil demain ! (d’où qu’il le sait pour être si catégorique ? il ment ! ma main à couper que le capitaine me ment !)

– bin alors on attend 3 jours s’il faut !

– on sera en retard sur le programme !

Mais il est où son programme pour que je le mâche et l’avale jusqu’à la dernière boulette ?!

– ou alors (ça pense vite un cerveau) (mâle, je précise) on mouille à côté de la passe et on sort à l’étale de 16 h (il a noté sur son fichu programme qu’on partirait aujourd’hui, toutes les solutions vont être débattues)

– déjà ce n’est pas sûr que ça soit mieux tout à l’heure et ensuite on n’a que 22 miles à faire alors on ne va pas passer la nuit à avancer au ralenti

– sinon demain matin vers 4h30 (la manipulation grossière ! genre c’est maintenant ou ça sera pire plus tard, tremble, carcasse !)

– mais il fera nuit ! Comment tu veux passer avec de telles vagues s’il fait nuit ?!

en plus il flotte

Finalement, on retourne au mouillage qu’on avait quitté 2 heures plus tôt, je ne sais pas si le capitaine a opté pour la facilité ou pour m’épargner, le saurai je jamais, j’entends Sylvain d’Oxygen qui nous appelle sur la VHF, je fonce pour répondre comme une grande, c’est marrant de parler à la VHF

– on vous a suivi sur l’AIS, vous avez été prudents, c’est bien !

– tu penses ! c’est parce que c’est moi qui ai insisté, le capitaine est une tête brûlée et il voulait y retourner !

On est invité à aller déjeuner chez eux, on y passe le reste de la journée sous une pluie incessante, on est drôlement mieux que de naviguer par ce temps, Isabelle a même fait de la mousse au chocolat, on se marre comme tout, on passe un super chouette dimanche, Sylvain nous informe qu’à Toau on peut y entrer comme on veut mais qu’on ne sait jamais quand est-ce qu’on peut en sortir, heureusement qu’on est revenus !

On voit : notre entrée le premier jour, jusqu’au mouillage, puis retour vers la passe avec allées et venues, tentatives de sortie et retour au mouillage

A savoir A-BSO-LU-MENT

  • L’association 193 est l’une des principales associations sur le dossier du nucléaire en Polynésie française, 193 comme 193 essais nucléaires, l’équivalent de 800 bombes d’Hiroshima. De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de ces 193 essais nucléaires, qui ont eu des effets sur la santé et l’environnement des populations. Une enquête commandée par le ministère de la Défense à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) n’a pas réussi (voulu ?) à mesurer ces effets déplorant un manque de données. Le rapport publié le 24 février 2021 a provoqué la colère des associations des victimes, notamment la plus importante d’entre elles, l’association 193, qui a évoqué du négationisme.
tir sur ‘atoll de Mururoa en juin 1970

En savoir plus : https://www.radiofrance.fr/franceinter/30-ans-d-essais-nucleaires-en-polynesie-une-table-ronde-organisee-a-paris-8919270

Edifiant : https://youtu.be/7m3ij6LvIVE

  • Pourquoi autant de poissons dans la passe sud de Fakarava et pas dans le reste de l’atoll ? Cette passe sud est traversée d’un courant modéré qui permet le développement de tout un écosystème – coraux, poissons, mollusques – et offre un espace de vie idéal pour les requins gris. Cette concentration de requins n’est pas le fait du hasard parce que de nombreuses espèces de poissons viennent s’y reproduire et deviennent la proie des requins
  • 504 pickup, mais celle d’Henri Rimbaud était une épave, certes gaillarde, mais une épave
  • Mythique DeLorean
  • Ce qui me fait penser à la paire de baskets Nike qui se lacent toutes seules enfilées par Marty : elles ont d’abord été créées exclusivement pour les besoins du film puis ont été mises une première fois sur le marché en 2011, sous l’appellation Air Mag, mais sans le fameux laçage automatique qui faisait leur émerveillante spécificité. Le 21 octobre 2015, date du voyage dans le temps de Marty dans Retour vers le futur 2, Nike commercialise une paire de baskets autolaçantes semblable à celle du film, baptisée Nike Air Mag Back to the Future. Pour se la procurer, il fallait avoir beaucoup d’économies (environ 30 000 € la paire) et pas mal de chance (elle était disponible en moins de 100 exemplaires et sur tirage au sort). Les recettes liées à la vente de ces chaussures uniques ont été reversées à la fondation de Michael J. Fox luttant contre la maladie de Parkinson.
  • Voir la vierge : locution verbale – Etymologie en référence à l’apparition mariale – voir la vierge, figuré : rêver – « t’as vu sa tête d’ahuri, il a vu la vierge ou quoi ? »
  • Tremble, carcasse : « Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener ! » Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675) se parlant à lui-même, en 1667 en s’apprêtant à reprendre du service, vingt ans après sa brillante guerre de Trente Ans. Autre version du mot : il parlait à son cheval Carcasse, avant sa dernière bataille, en 1675. De toute manière, c’est le mot d’un très courageux soldat de Louis XIII et Louis XIV, promu maréchal de France à 32 ans.
  • On dit : « Eh oh c’est pas la fête du slip, non mais » quand quelqu’un nous offusque, nous choque et qu’il se permet tout.

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

14 commentaires sur « Inénarrable Fakarava que je vous narre »

  1. Excellent compte rendu de votre odyssée, je me régale de vos récits qui nous font prendre l’air pendant ces temps ci compliqués….
    Bonjour du cap D’agde.
    Philippe

    Aimé par 1 personne

  2. 1) Mon min vélo était orange 🍊
    2) je suis une fan de Eagles moi aussi, et ma chanson préférée est …. Roulement de tambour 🥁🥁🥁 « Desperado », et je suis,disons le , un peu cow-boy ou Calamity Jane, tu te rappelles l’enterrement de Papa …
    3) j’aime beaucoup Brassens moi aussi , « complainte pour être enterré à Sete »
    Et « la Cane de Jeanne », of course 😀
    4) dans toutes mes aventures de plongée, j’ai toujours refusé les plongées de nuit : trop peur, claustrophobie et compagnie 🥹
    5) lâche ton pare bat’ crévindiou, tu sais nager !!! Ou alors tu veux des brassards ?🤣🤣
    6) JE T’AIME de partager tout comme ça, sans filtre ni crainte de montrer tes peurs ! See you soon ♥️♥️♥️♥️♥️♥️

    Aimé par 1 personne

  3. Bah oui je n’osais pas te dire pour les essais nucléaires. Mon mari était dans l’armée, il les a vu ces essais !!! Il avait beaucoup aimé ces îles et j’en garde une très belle collection de coquillages qu’il avait ramenée. J’espère que vous aurez beau temps. Bises

    Aimé par 1 personne

  4. oui, sinon je mettrai des brassards 😉tu comprends, c’est au cas où, où je ne sais pas quoi, mais justement, le je ne sais pas quoi n’est pas rassurant 😵‍💫!
    et oui oui à tout bientôt et plein de bisous d’amour d’ici là 😘❤️😘❤️😘❤️😘❤️😘❤️!

    J’aime

  5. Mon mari était dans l’armée il est décédé à 56 ans d’un cancer en 2010. Je pense à toute la population qui a été touchée également.

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