Tahiti, des gens, des arbres, des torrents et une vague

au bout du ponton, Papeete

Les premiers jours dans une marina c’est toujours passer l’aspirateur, laver le linge, nettoyer le bateau de fond en comble parce que de l’eau salée s’est infiltrée partout, tout comme ce que j’ai pu laisser tomber en cuisinant, du café, de l’huile, un bout de patate sauteuse ou des grains de riz ou aussi ah tiens c’est quoi ce truc tout desséché, un bout d’oignon, un grain de maïs ? prendre une douche chaude et se faire un gommage des pieds à la tête (c’est quoi encore ce truc tout desséché, mince c’est ma peau ?!) et réparer les dégâts bien que nous soyons plutôt épargnés de ce côté-là quand on voit ce qui peut se passer sur d’autres bateaux moins chanceux, un pilote en panne ça n’empêche pas le bateau d’avancer … cependant, cependant ! les rares fois où je raconte des anecdotes à des personnes croisées, le capitaine minimise toujours mes dires, genre que ce n’est rien de barrer parce qu’on n’a plus de pilote hahaha vous m’en direz tant, mais il a tout de même évoqué le fait d’investir dans un régulateur d’allure, et je sais bien que ça serait pour palier à une nouvelle défaillance du pilote, c’est que ça l’a pas tant fait poiler que ça la panne du pilote

Voilà que le jour dit, Thomas de chez Nke se pointe pour réparer le pilote, l’automatique entendons nous bien, pas le capitaine qui, le cœur lourd, s’attend à devoir passer commande de pièces qui mettront des semaines à arriver, le tout aggravé d’une addition pas piquée des hannetons, les temps sont durs, je lui ai demandé s’il pense devoir acheter un nouveau pilote, bin non a-t-il répondu avec le regard de commisération qu’il me réserve quand ma pensée est si éloignée de la sienne qu’il n’en revient pas et me considère comme si j’étais un objet dont la nature et l’origine restent encore obscures à ce jour …

on dirait qu’on dérange mais c’est le contraire, c’est le grand ménage

Je saute sur Thomas dès son arrivée pour lui demander ce que c’est qu’un bus, je n’en peux plus de ne pas savoir, et bien c’est tout bêtement les fils noirs qui sont les bus, échange de regards bêtes avec le capitaine, au bout d’une heure de bips et une facture de 80€, champagne, ou comment avoir l’impression d’avoir gagné de l’argent puisqu’économiser c’est comme si on en avait gagné (c’est typiquement avec ce genre de raisonnement débile que je peux dépenser trop de fric quand c’est les soldes), le pilote est censé être réparé et Thomas s’en retourne après nous voir demandé plusieurs fois si on avait démonté l’anémomètre, toujours pas mais ça marche alors pourquoi s’emmerder à monter en haut du mât n’est-ce pas capitaine ?

on se prend des sacrées saucées suivies d’arcs-en-ciel pour nous récompenser de regarder le ciel

Après tout ça, ça y est, à moi du temps pour rencontrer des gens, guérisseurs, botanistes, herboristes, thérapeutes, randonner sur l’île pour y trouver des plantes, accumuler des données qu’il faudra ensuite classer, hiérarchiser, vérifier, un travail de fourmi … je n’aurai pas le temps de tout vous raconter, mais certaines rencontres valent le coup, comme ce rendez-vous avec Sunny, Sunny what’s so true, I love yoooooou (au cas où : https://youtu.be/ghGiv7YLC7Q)

Sunny Moana’Ura Walker (le fameux païen ci-dessus) est de descendance écossaise me dit-il quand je lui demande dans son pickup d’où il vient parce que Sunny Walker ça ne fait pas très polynésien comme nom lui avais je posé la question, mais à ce moment-là je ne connaissais pas son nom en entier et c’est Moana’Ura qui en fait toute sa noblesse, il suit une tradition de guérisseur par son arrière-arrière-grand-père qui avait le don, nous roulons sur une piste jusqu’au marae Tupuhaea dans la vallée de Hamuta, marae ancien d’au moins 300 ans (certaines pierres ont été déposées par des invités venus de Rapa Nui et Rapa Iti, de Nouvelle-Zélande, de Huahine, du Canada, de Nouvelle-Calédonie… ) qui a été retrouvé et resacralisé lors d’une cérémonie dont il est l’initiateur

– Combien de temps dure une cérémonie de ce type ?

– Ça peut être 10 minutes ou plusieurs heures, ça dépend du « folklore » (il met les guillemets avec ses doigts en parlant de folklore)

– Je pense que ce folklore comme tu dis peut servir à se mettre dans le bain progressivement, à se préparer ?

– Oui bien sûr, mais certains ne s’attachent qu’au folklore, il n’y a pas de véritable spiritualité

Sa spiritualité est une reconnexion avec la spiritualité polynésienne d’avant la christianisation massive de la Polynésie, il m’explique qu’au cours de ses voyages, notamment pendant ses 15 années dans la marine militaire, il a été inspiré par le bouddhisme puis par le taoïsme dont il s’est senti plus en accord, et en revenant au pays il s’est rapproché de la spiritualité de ses ancêtres tout en notant ses points communs avec le taoïsme, il a fait des recherches historiques et a découvert Opuhara et son travail de résistant pour préserver les croyances ancestrales. Désormais Sunny incarne le nouvel âge de la spiritualité ancestrale et revendique sa croyance polythéiste ou « néo païenne » , on évoque les dieux tutélaires et les dieux secondaires

– Il y a combien de dieux ?

– Des centaines ! des milliers !  Taaroa est le créateur, l’ancêtre de tous les dieux, Toahitimatani représente la forêt, le végétal, Ateataonio, le vent et la pluie, Taere Maopoopo, le dieu du savoir et de la connaissance, Hina est la déesse de la Lune, Oro, le dieu solaire de la Guerre qui détrôna Taaroa  … (les noms ne sont pas faciles à retenir, on rencontrera à nouveau Antonin qu’on avait connu à Mangareva et qui enseigne dans les écoles, il nous dira qu’il a un mal de chien à retenir les prénoms polynésiens, on n’est pas les seuls)

– Et un maraé c’est donc un lieu de culte ?

– Oui … avec 3 entités : les dieux, les ancêtres et les tâura, ce sont des totems, des animaux protecteurs … chaque famille a son tâura, le totem de la famille Walker c’est la scolopendre, c’est l’animal des guérisseurs … même les insectes sont des tâura

– Comment on choisit son tâura ?

– Par exemple si un pêcheur se fait sauver par un dauphin qui amène sa barque jusqu’à la terre, et bien le dauphin deviendra le tâura de sa famille

Le tâura du capitaine, c’est à coup sûr une tête de mule…

Sunny Moana’Ura est à l’origine d’une communauté qui vit de façon traditionnelle, pratique des rituels de pêche, plante ses propres aliments ma’ohi, qu’ils peuvent cuisiner dans des fours en pierre traditionnels enfoncés dans le sol (les ahimà’a) … et qui, bien entendu, utilise des plantes médicinales

Sunny m’explique que le spirituel est toujours très présent chez les guérisseurs qui sont des chamanes ou Tahu’a (Tahu’a signifie globalement celui qui voit et celui qui sait). A l’époque préchrétienne, les Tahu’a étaient des personnages influents de la société polynésienne, ils possédaient des connaissances approfondies et des pouvoirs mystérieux dans de nombreux domaines (navigation, pêche, guérison des maladies et blessures, sourcellerie, prévision de la météo, direction de cérémonies, prises de décisions, liens entre les groupes, entre les îles …). L’arrivée du christianisme a largement contribué à leur disparition en les chassant et en les poursuivant pour paganisme… On raconte que les Tahu’a existent toujours, initiés de génération en génération dans la clandestinité, que certains d’entre eux pratiqueraient encore l’art de l’imbibition énergétique des tiki (attribution de certains pouvoirs transmis aux tiki par les Tahu’a, qui fait craindre les tiki)

Mais Sunny, navré, poursuit en me disant que désormais les charlatans pullulent, qu’en réalité il ne subsiste plus que quelques Tahu’a auto-proclamés qui ne maîtrisent plus que des brides du savoir des anciens et dont la pratique énergétique se limite à des massages et à l’utilisation d’huile de monoï aux vertus dites polyvalentes, et d’autres qui se prétendent Tahu’a alors qu’ils ne sont que de simples coachs qui utilisent la méthode Ho’ponopono (tradition sociale de repentir et de réconciliation des anciens Hawaïens) ou autres méthodes de développement personnel mais qui n’ont rien des pouvoirs magiques des anciens Tahu’a … on est loin de la pharmacopée ancestrale …

Je demanderai à Sunny où je peux me procurer des plantes médicinales, il m’indiquera le marché mais je n’y trouverai effectivement que des bouteilles d’huile de monoï avec ou sans ajouts, dont les vendeurs me vanteront toute une liste de bienfaits, à se demander pourquoi il existe d’autres plantes sur terre, je resterai sur la réserve …

– Comment les Tahu’a ont fait quand les colons sont arrivés et ont apporté les grandes épidémies qui ont décimé la population ?

– Ils ne savaient pas soigner ça, il y avait surtout des méthodes préventives qui maintenaient les gens en bonne santé,  d’ailleurs quand Bougainville a débarqué il n’en revenait pas de voir des gens en aussi bonne santé dans des îles aussi isolées du reste du monde … il y avait aussi des mouvements de migration quand il y avait trop de malades sur une île, les gens sains partaient et laissaient les malades qu’on n’arrivait plus à soigner sur l’île, les survivants s’éloignaient et se protégeaient

– Mais alors, avant ces maladies amenées par les colons, quelles étaient les maladies répandues en Polynésie ?

– L’éléphantiasis … sinon il n’y avait pas de maladies …

– Ah ! et on les soignait comment ?

– On les isolait …

– Est-ce que les guérisseurs ont des rituels avec les plantes ?

– Oui bien sûr, mais là aussi le christianisme a influencé tous ces rituels en diabolisant les pratiques ancestrales, en les interdisant, les savoirs ancestraux ont été balayés

– Est-ce que par exemple ils pensaient que la pleine lune a une influence sur la cueillette des plantes ?

– Oui, la lune, les saisons …

– Et est-ce que vous récoltez les plantes pour les sécher afin qu’elles puissent servir hors saison à soigner des maladies ?

– Mais chaque saison a ses maladies et les plantes qui soignent les maladies de saison poussent dans la saison, donc pas besoin de récolter et de sécher, on utilise des plantes fraîches

Logique …

Sunny a également rejoint la communauté de ‘ihitai (marins) volontaires qui œuvrent pour la promotion et la pratique de la navigation sans instruments (sensorielle) en Polynésie et dans le Pacifique, association qui porte trois valeurs : Te Hau, Te Maita’i, Te Ho’era’a (je n’en sais pas plus là-dessus à l’heure où je vous écris), il a navigué pendant plusieurs années sur la pirogue double traditionnelle Fa’afaite, dans les îles alentour, les Australes mais aussi dans certains atolls des Tuamotu

– Vous étiez combien sur la pirogue ?

– 17, 18 …

– Tant que ça ? et vous pouviez dormir ?

– Oui oui, il y a 8 couchettes dans une coque et 8 dans l’autre .. pas de winch là-dessus hein, on fait tout à la main !

– Et pour les quarts ?

– On faisait des quarts de 4

Il faut au moins ça …

la pirogue Fa’afaite

En partant, Sunny me montre ses plantations de plantes médicinales mais reste tellement discret sur le sujet qu’il ne m’en dit même rien du tout malgré mes questions intéressées, cela me fait penser à l’encyclopédie médicinale des sorciers et chamans des tribus amérindiennes qui est écrite en langue Matsé pour que seul le peuple Matsé puisse la déchiffrer afin d’éviter la biopiraterie, mais à force de vouloir éviter la biopiraterie, on en arrive à de la rétention hardcore, ça serait bien de trouver un terrain d’entente, établir que toutes ces connaissances relèvent du domaine public mais qu’on achète ces savoirs à qui de droit et à leur juste prix … c’est pas demain la veille on dirait  … Sunny bute presque sur un fruit de hotureva et me raconte ce que je sais déjà et que je vous ai transmis sans un des articles sur Mangareva si vous avez de la mémoire 😉

Sunny dans son élément

On déjeune ensemble en ville et puis on se quitte, merci Sunny Moana’Ura Walker, et merci aussi de m’avoir mise en garde de ne pas frôler les feuillages des arbres pour ne pas me faire piquer par les fourmis de feu qui se seraient laisser tomber sur ma pomme !

retour en ville

Enfin, je rencontre Michèle, thérapeute à Pirae, juste à côté de Papeete, elle utilise entre autres la médecine Traditionnelle Chinoise et ça n’est pas une sinécure pour elle de trouver des plantes Chinoises, bien qu’à Tahiti les Tinito  (les Chinois) soient très installés

Michèle me montre son cabinet super bien aménagé  et m’offre un soin visage à la Chinoise, ce qui veut dire qu’elle y va franchement, je sens qu’elle y met tout son cœur, ça me ravigote un max, elle me précise qu’avec un massage de cet acabit 2 fois par mois on n’a pas besoin de lifting et je veux bien la croire, je suis repulpée avec les joues roses comme une poupée de porcelaine …

aussi vrai que ça (ça fout un peu les jetons les vieilles poupées de porcelaine)

…et je me sens hyper zen … pourquoi se droguer ?

Toujours Michèle, toujours adorable, tient à nous faire passer une soirée typique tahitienne, elle nous embarque donc quelques jours plus tard dans une soirée dansante pas loin de Papeete, et m’a même apporté une couronne de fleurs, la tahiti’s touch par excellence … Elle débarque en robe du soir, elle m’avait prévenue : faites vous beaux, ce qui nous avait bien mis la pression avec le capitaine parce qu’à force de naviguer et de randonner, nous ne sommes plus vêtus que d’oripeaux, les lavomatiques ne lavant qu’avec très peu d’eau pas bien chaude et en un temps record, en gros tes fringues sont toujours tachées mais avec une odeur de lessive, genre tu t’imbibes de parfum pour masquer la puanteur du manque d’hygiène comme au Moyen-Âge (les bains étaient rares car ils avaient peur d’une contagion par l’eau), une chance que je me sois acheté une robe à Tahiti, je suis Cendrillon à qui sa marraine la fée a fait apparaître une robe de bal d’un coup de baguette magique, c’est la carte bancaire la baguette magique lis-je sur les lèvres du capitaine qui murmure en haussant les épaules avant de fourrager dans un coin de placard avant d’en sortir une tenue à la hauteur cette robe (toute simple en coton fleuri mais qui fait son petit effet), à savoir une chemise blanche à manches courtes, avec son short beige et ses chaussures bateau il est tout à fait présentable, nous nous regardons et nous trouvons élégants comme ça faisait longtemps, il s’asperge de sent-bon et je mets une goutte d’Huile Essentielle de géranium, attention de ne pas en mettre trop car cela dérangerait le délicat odorat du capitaine et nous ne voudrions pas lui déplaire dans une robe neuve, mais à côté de Michèle nous faisons pâle figure, elle s’exclame

– tu n’as pas emporté une robe du soir sur le bateau ?

– une robe du soir ?!

et pourquoi pas des cuissardes à talons aiguilles sous une crinoline ?

le capitaine a trouvé que la couronne me va bien
ça swingue
et ça balance !

Je fais aussi le tour des herboristeries chinoises, en tous cas référencées comme telles, on n’est jamais déçus, je tombe sur des échoppes qui vendent des patentes en poudre dans une vitrine coincée entre des culottes en coton et des soutien-gorge géants, ou des vitrines plus grandes remplies de patchs aux plantes parmi des porte-bonheurs, des éventails et des paquets de jujubes …

… une autre fois dans un hangar qui vend du nutella aux woks en passant par les coton-tige et dans lequel, outre la vitrine de circonstance, se trouve un beau meuble à tiroirs, mais mes discussions avec les hôtes du lieu ne mènent à rien, ils savent vendre mais n’y connaissent rien et me regardent avec des yeux ronds avec mes questions, les noms sur les bocaux sont en idéogrammes ce qui ne facilite pas ma compréhension, je reconnais Wu Zei Gu parce que c’est hyper reconnaissable, Ren Shen aussi tout comme Dang Gui, le reste est trop loin, une chose est certaine c’est qu’il y a des plantes de pharmacopée chinoise à Tahiti mais que pénétrer la communauté ne doit pas être simple … ce que me confirmera Michèle, alors on fait comment pour progresser si chacun défend son pré carré ?

ça vend de tout, au cas où

une fois je me suis même dit qu’ils exagéraient de vendre des plantes médicinales au milieu des déguisements d’Halloween, mais je m’étais trompée de magasin 😄

J’aurai la chance de pouvoir échanger avec d’autres herboristes et guérisseurs, visiter Tahiti, et j’irai randonner à divers endroits pour explorer la flore locale à la recherche de trésors thérapeutiques, quel pied !

un splendide tulipier du Gabon !
en haut il fait frais
Papeete vu d’en haut
on voit bien Moorea en face
in action !
une fois on trouvera même un petit refuge pour manger un bout
mais les chiottes du refuge ne sont guère tentant, on continuera à pisser dans la bruyère
on prendra aussi la route prou traverser Tahiti
l’intérieur de Tahiti est tout bonnement magique
finalement on a fait demi-tour parce qu’il avait tellement plu que la route était impraticable

On ira aussi voir LA vague !

Teahupoo est donné comme sûrement le spot le plus dangereux du monde à cause du risque d’être projeté contre le récif 

Voilà un petit aperçu de ce qu’y font les surfeurs : https://youtu.be/bU0iFul9jiI

j’y ai pas coupé, le capitaine a insisté pour m’immortaliser sur la vague
le jour où on y était on a vu ça ... ça fait petits bras

A savoir absolument pour ne pas vous faire avoir !

Suis-je simplette ou bonnement inculte, toujours est-il qu’il m’était venu une idée géniale, à savoir me faire envoyer un colis par ma belle-fille en indiquant l’adresse de Michèle pour la livraison, voyez comme ça turbine à fond dans ma cervelle, donc je mets ce vaste projet à l’œuvre et, après des jours d’angoisse à me ronger les ongles parce que je n’avais aucune indication sur là où pouvait bien se trouver mon colis après être passé par l’Australie comme les poulets qui font le tour du monde avant d’atterrir dans nos assiettes, je suis convoquée aux douanes de l’aéroport, bon … je vous fais la version courte, j’ai dû payer 50% de taxes sur le contenu du colis et même sur les frais d’envoi, envoi qui m’avait coûté une blinde à savoir 190 €, 190 € putains d’euros pour un colis ! et le capitaine de me dire d’un ton moqueur que mais tu n’étais pas au courant de ça isabelle ? et comment être au courant avant de s’être faite avoir je vous prie ? comment avoir même l’idée de demander si on ne va pas se faire assassiner le porte-monnaie en se faisant envoyer un colis ?… la bonne femme des douanes m’a proposé d’abandonner le colis pour ne pas payer, mais j’ai payé, pas que son contenu serve de cadeaux de Noël aux douaniers, non mais que le Diable te crache au cul !

En plus si je n’avais pas payé, les dessins de mes petits-enfants pour mamie aurait été balancés, un véritable crève-cœur (ça me rappelle qu’un de mes gendres m’appelait mamie-pète-au-casque, il y avait une certaine pertinence dans sa vision des choses)

Au niveau mondial, la Polynésie est le deuxième pays le plus cher au monde (après le Japon), le coût de la vie y est 27 % plus élevé qu’en France tandis que le pouvoir d’achat local est de 58 % moins élevé, quand j’achète 2 baguettes en boulangerie, ça me coûte 400 francs pacifiques, soit 3.34 €, ça fait 1,67 € la petite baguette, un vrai luxe, l’ananas au marché coûte entre 600 et 800 francs pacifiques donc en gros entre 5 et 6.5 €, tout est taxé, taxé et surtaxé, de ce point de vue là il vaut mieux passer ses vacances au Cap Vert !

coucher de lune à la marina

Mais calmons nous et revenons sur des sujets enchanteurs, un peu de botanique par exemple …

Contemplons ensemble cette goutte de sang rouge, fleur qui servirait à soigner les affections oculaires, en compresse à la manière de l’eau de Bleuet dans nos contrées et aurait également une action contre les affections pulmonaires. Mais comme les espèces de ce genre sont souvent prises les unes pour les autres (Emilia fosbergii et autres Emilia), aucune certitude n’est confirmée quant à ces propriétés.

le capitaine a sauvé mes vieilles baskets en les lavant à grande eau pour pas que j’abîme les nouvelles que j’ai achetées à Papeete, du coup je n’ose pas mettre les neuves parce qu’il me dit que je vais les salir …

Propriétés incontestables quand il s’agit d’un eucalyptus, également appelé Arbre à la fièvre, à cause ses puissantes propriétés médicinales d’antiseptique des voies respiratoires. Il sert à élaborer une potion que les tahitiens étalent sur leur torse

Quant au Tamanu (Calophyllum inophyllum), il était considéré comme un arbre sacré du fait de ses vertus thérapeutiques et il était souvent planté dans l’enceinte des marae royaux. Il porte le nom de laurier d’Alexandrie en français. Dans les temps anciens, le Tamanu était un arbre tabu donc inutilisable par le commun des mortels, son bois ne pouvait servir qu’à la confection des tiki. Les feuilles sont utilisées en pharmacopée traditionnelle pour traiter les affections cutanées et les brûlures. Ses amandes servent à produire l’huile de tamanu aux propriétés analgésiques et surtout cicatrisantes, on l’utilise sur les plaies difficiles à cicatriser, les brûlures, les plaies post-opératoires et les ulcères.

Le Santal ci-dessous est l’un des composants les plus importants des mono’i ou pani (huile de coco). Les mono’i ahi ou pani puahi sont utilisés à la fois pour leurs vertus médicinales et leurs vertus cosmétiques. En pharmacopée polynésienne, la poudre de santal peut être utilisée, seule ou en mélange, en interne ou en externe, pour traiter les maux suivants : otite, sinusite, douleurs articulaires, cicatrisation du nombril des nouveau-nés, vergetures, mal de dos, froid, migraine. Le Santal est un bon antiseptique urinaire et pulmonaire, aphrodisiaque et tonique général, sédatif… Il agit sur le mental et les émotions, est apaisant et anti-inflammatoire, est efficace pour les problèmes de peau, acné, eczéma, gerçures et les peaux sèches

Le Banian polynésien, Ora tahiti, est originaire, comme son nom le laisse supposer, de Polynésie. Les jeunes racines contiennent une sève blanche laiteuse que les tahitiens employaient dans de nombreux médicaments. Les tapa en banian étaient également utilisés comme serviettes hygiéniques (le tapa est une fabrication d’étoffe à partir de l’écorce interne du mûrier, du banian et de l’arbre à pain)

Pour finir, voici une fleur de Datura Metel sur le chemin … et pour la petite histoire, c’est le Datura stramonium (fleur qui ressemble à cette photo mais qui est blanche) ou herbe du Diable qui est hallucinogène et éminemment toxique car renfermant des alcaloïdes dérivés de l’atropine, sa consommation peut entraîner des céphalées, crises d’angoisse, délires et convulsions. Néanmoins le Datura stramonium a une utilisation médicinale ancestrale reconnue pour apaiser les douleurs, soigner les maladies dermatologiques et endiguer des crises de folie, on comprend qu’il faut faire sacrément attention en l’utilisant, il se consomme généralement par voie orale sous forme de décoction.

ça balance à la marina

Pour éviter de vous perdre, sachez que :

  • Un régulateur d’allure est un système de pilotage mécanique et hydrodynamique autorisant un voilier à conserver une route constante par rapport à la direction du vent apparent (résultante vectorielle du vent vrai et de la vitesse du bateau) sans intervention de l’équipage.
  • Les tâura sont des animaux, végétaux et minéraux qui sont « alliés » avec des êtres humains, des familles, des clans. Ils sont considérés comme des pères, des mères, des frères, des sœurs. La relation avec eux est donc fraternelle et respectueuse. Les tâura animaux sont des gardiens et apportent force et pouvoir. Les tâura végétaux aident à l’équilibre, à l’harmonie et à la guérison. Selon la tradition orale, l’esprit d’un défunt, appelé täura, peut se manifester aux humains en apparaissant de façon inattendue sous diverses formes : un grillon, un oiseau, un lézard, un chien, un homme, une raie, un cent pieds, une chenille, une anguille… qui elles-mêmes sont liées à un dieu.
  • Pour en savoir plus sur Opuhara, le dernier ari’i de Tahiti (Roi, chef principal) : https://www.hiroa.pf/2011/05/opuhara-le-dernier-ari%E2%80%99i-de-tahiti/#:~:text=Opuhara%20et%20la%20chefferie%20des,est%2D%C3%A0%2Ddire%20pr%C3%AAtre
  • Il avait été noté à l’époque où Bougainville les a découverts, que la civilisation des Polynésiens, sommaire sous son aspect matériel, avait atteint socialement, politiquement et religieusement, un degré bien supérieur à celui qu’on pourrait attendre d’un peuple vivant aussi isolé de toutes les autres influences humaines –ils avaient mis au point des techniques d’horticulture et de pêche qui permettaient le maintien en bonne santé de populations qui étaient structurées selon des règles sociales traditionnelles respectées.
  • L’éléphantiasis est une maladie tropicale négligée. L’infection se produit lorsque les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l’homme par des moustiques. Généralement contractée dans l’enfance, cette infection provoque une altération non apparente du système lymphatique. Il s’agit de la filariose lymphatique qui peut entraîner une augmentation anormale du volume de certaines parties du corps, donnant lieu à des douleurs, un handicap sévère et une stigmatisation sociale.
  • La fourmi de feu, appelée ainsi car sa piqûre est très urticante, est classée parmi les pires fourmis invasives au monde. Sa piqûre est très douloureuse, elle prolifère dans les arbres, rend les animaux sauvages ou domestiques aveugles. Dans les forêts qu’elle contamine, il ne reste qu’elle et les insectes qu’elle élève (de type puceron). Elle se répand actuellement quasi inexorablement en Polynésie et dans le Pacifique.
  • Le concept de tabu (ou tapu) existe dans plusieurs sociétés polynésiennes comme aux Tonga, aux Samoa et chez les Maori de Nouvelle-Zélande. Il fait référence à un interdit lié au sacré.
  • Que le Diable te crache au cul : insulte préférée de Stendhal, qu’il tenait de son grand-père, restaurons cette admirable injure quand on se sent détroussés par des bandits de grands chemins !
  • La plus haute vague du monde pour le surf a été mesurée à Nazaré, au Portugal, c’est LE spot où a été établi le record du monde de la plus haute vague jamais surfée par le Français Benjamin Sanchis qui, en décembre 2014, a surfé une vague de 33 mètres, l’équivalent d’un immeuble de dix étages…
😵‍💫
  • MAIS ! La vague la plus haute jamais observée s’est produite dans la baie de Lituya en Alaska le 9 juillet 1958 : un mur d’eau de 524 mètres a été causé par l’effondrement d’un pan de montagne, entrainant un séisme de 7,9 sur l’échelle de Richter. Pourquoi une telle hauteur ? L’effondrement de la montagne s’est produit dans un bassin d’eau fermé, un peu comme une tartine dans une tasse de café, d’où la violence de la vague. 5 morts ont été signalés à la suite de cet événement dévastateur, un bilan bien faible compte-tenu de l’immensité du phénomène, expliqué par le fait que la zone côtière touchée n’était quasiment pas habitée. La hauteur de 524 mètres mesurée est en réalité le déferlement, la vague qui l’a suivie a ensuite été estimée entre 60 et 90 mètres.  En 1854, 1899 et 1936, cette même baie avait déjà connu des tsunamis de 60 à 150 mètres de hauteur.

Publié par isabelle centre tao

Je suis thérapeute, conférencière et formatrice en Médecine Traditionnelle Chinoise MTC, j'ai fondé la chaîne du Centre Tao sur YouTube pour que vous puissiez apprendre le langage de votre corps et de ses énergies, vous rééquilibrer et vous soigner avec la MTC (diétothérapie, plantes, points d'acupuncture et plein de trucs magiques) en m'adressant particulièrement aux femmes et en leur destinant plusieurs de mes formations. Aujourd'hui je me lance dans une nouvelle aventure : découvrir les plantes du monde destinées aux femmes lors des différentes étapes de leur vie, afin d'aider toutes les femmes, où qu'elles soient, car même si la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise est la plus riche de la planète, il existe partout dans le monde des plantes qui peuvent traiter les douleurs de règles, l'infertilité, les problèmes liés à la grossesse ou à la ménopause et aider les femmes qui n'ont pas accès aux plantes de la Pharmacopée Chinoise. J'ai décidé de faire ce blog pour vous faire vivre cette aventure, et je vous raconterai aussi bien mon quotidien sur le bateau et dans les différents mouillages, que mes rencontres d'herboristes, sorcières et sorciers, chamanes, tisaneurs et all these kinds of people !

6 commentaires sur « Tahiti, des gens, des arbres, des torrents et une vague »

  1. Calme toi Isabelle en Europe et en France les prix eux aussi subissent une inflation peu commune, à savoir la baguette ce jour en Province est à 1.30 € et non agréable au palais par manque de cuisson because le prix de l’électricité empêche les boulangers de parfaire la cuisson alors une baguette à 1.67 a Tahiti ou une baguette à Paris a 1.30…A bientot de vos news.

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